‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 465 sur 486 · XXXV« LEÇON · texte numérisé non relu

XXXV« LEÇON

CHANVRE INDIEN ET CHANVRE INDIGÈNE. — ANCIENNETÉ DE SON EMPLOI. — PRINCIPES ACTIFS. — ACTION PHYSIOLO- GIQUE. — HASCHICHISME. — EMPLOI THÉRAPEUTIQUE.

Le chanvre indien et le chanvre cultivé ne sont, pour certains auteurs, que deux variétés de la raéme espèce; cependant, il semble que ces plantes présentent à la fois des analogies et des différences persistantes, car, dans Tîle de la Réunion, on a pu cultiver simultanément ces deux espèces et chacune d'elles a conservé ses propriétés particulières et caractéristiques. D'ailleurs, la stimulation cérébrale et l'exhilaration qui sont si intenses sous l'influence du chanvre indien, ne manquent pas non plus sous l'influence que peuvent exercer les sommités fleuries du chanvre cultivé dans nos régions : ce chanvre renferme en effet une essence et de la résine analogue, ou plus ou moins identique, à celle du chanvre indien. D'autre part l'infusion des feuilles de chanvre de nos climats détermine une sensation nauséeuse, une action diurétique et des sueurs fétides démontrant certainement une action médicamenteuse qui n'est pas à négliger. Cette activité du chanvre était d'ailleurs connue de tous temps, puisque Hérodote parle de l'action exercée par ses semences lorsqu'on vient à les projeter sur une plaque de métal préalablement chauffé : il note très bien les phénomènes d'excitation cérébrale et d'exhilaration produits par les fumées se dégageant dans ces conditions.

Stanislas Julien, dans une communication faite à l'Académie des sciences en 1849, a cité des passages d'un recueil chinois démontrant que, vers l'an 220 de notre ère, un médecin de ce pays utilisait les sommités fleuries du chanvre pour déterminer l'insensibilité et per-

Page 1