MAGISTÈRES
caments, ou au coalraire les altérer, suivant ua choix plus ou moins
heureux, plus ou moins judicieux de ce véhicule, ou bien parce que
l'on peut mettre ce médicament, aussi bien pour ses applicatioas
internes qu'externes, en état d'isotonie, pour employer un terme qui
résume les recherches récentes à ce sujet; c'est-à-dire qu'on peut
arriver, en administrant un médicament dans un véhicule déterminé,
soit à éviter des phénomènes inopportuns de dialyse entre ses prio-
ctifs et les humeurs de l'organisme, ce qui pourrait aller à
tre du résultat thérapeutique que l'on cherche à obtenir, soit,
traire, à ralentir ou & accélérer l'absorption de la substance
menteuse.
issociations permettent, d'autre part, de réaliser et d'expliquer en apparence paradoxal, que certains produits naturels renl des gommes ou des substances diverses de nature colloïde >nt une action physiologique plus intense que celle du produit iriOé que l'on peut extraire d'un même poids de la drogue, insi que l'action purgative de certains drastiques s'exerce vement sur la muqueuse intestinale, les colloïdes ayant simt empêché leur absorption gastrique ; c'est probablement pour son du même genre, et en même temps parce que la digitocilite la dissolution dans l'eau de la digitaline, que la macéde poudre de digitale possède une action physiologique et t notablement supérieure à celle de la somme des quantités de ne et de digitaléine que l'on peut en extraire, echerche de ce qu'on appelait autrefois les Magistères, c'estlea principes actifs des différents végétaux, a de tout temps la sagacité des pharmacologues. Le premier, vers 1526, Paravait tenté d'extraire, à l'aide de procédés chimiques, les parplus actives, les quintessences des médicaments, notamment ,ntcs, et il put conclure de ses observations que la vertu curaine drogue n'appartient pas à l'ensemble de ses parties couses, mais à telle matière extractive jouissant, à l'exclusion de les autres, de propriétés spéciales. Vers 1600, Van Helmont ivit ces recherches et perfectionna les méthodes d'investigaepuis, d'innombrables moyens furent proposés pour arriver à . A la fin du xvn* siècle, en 1688, Robert Boyle, ce grand et ce grand philosophe dont on peut dire qu'ducune des conices scientifiques de son temps ne lui était étrangère, avait
PRODUITS EXTRACTIPS H
cherché à obtenir, par différents artifices de préparation, des produits plus actifs que les produits médicamenteux offerts par la nature ; et, sous le nom de Magistère de Vopium^ il avait précisément décrit une préparation qui lui permettait d'obtenir, sans qu'il s'en doutât, de la morphine plus ou moins impure : son procédé consistait à faire une dissolution d'opium dans l'alcool et à y mélanger du tartre calciné, c'est-à-dire un carbonate alcalin, qui, comme vous le savez, a la propriété de mettre en liberté l'alcaloïde, et la morphine se dissout en plus grande proportion, séparée des matériaux étrangers, inactifs ou moins actifs, dans l'alcool qui a servi à lessiver ce mélange.
Des recherches furent faites plus tard par Yauquelin et Fourcroy sur les principes englobés à ce moment sous la dénomination d'Exiractif; ces deux savants essayèrent d'arriver, par des travaux faits avec esprit de suite, mais avec des idées préconçues, à obtenir le principe actif à l'état absolument pur. Les recherches de Seguin, dirigées dans le même ordre d'idées que celles de ses devanciers, lui permirent d'isoler, le premier, le principe actif de l'opium, mais il n'osa ni affirmer ses propriétés basiques, ni lui assigner un nom : c'est à Sertuerner que ce profit était réservé.
Si la découverte de la morphine a eu un avantage au point de vue de l'étude des substances médicamenteuses, elle a eu, d'autre part, un inconvénient : cet inconvénient a été de faire négliger l'étude de la drogue au profit de l'étude de la substance active qu'on en avait retirée et qu'on supposait être la seule substance active de l'opium. Nous verrons, quand nous étudierons l'opium, que le nombre de ces substances actives est assez considérable, et que si la morphine est, en réalité, l'alcaloïde le plus important de l'opium, au moins au point de vue de la quantité, il est bien loin d'être le seul, et que, parfois même, son importance le cède, dans certaines circonstances et au point de vue pharmacologique, à d'autres alcaloïdes.
Imbus des idées encore régnantes à cette époque sur les quintessences médicamenteuses, les pharmacologues délaissèrent peu à peu l'étude de la plante, pour ne s'occuper que de celle de son principe actif. En isolant un alcaloïde ou un glucoside d'une substance végétale, on crut avoir trouvé la partie seule active de la plante, qu'on eut l'espoir dès lors de pouvoir substituer à des produits regardés comme infidèles, dans la composition desquels entraient des éléments