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PROPRIÉTÉS PHYSIQUES ET CHIMIQUES

d odeur agréable, qui bout à la température de 78°5 ; plus léger que l'eau, puisque sa densité est de 0,8026 à la température de 0", et susceptible de cristalliser lorsqu'on Texpose à une température extrêmement basse. Je vous ai parlé de ces procédés de Pictet à propos du chloroforme * : lorsque, dans les conditions énumérées, on expose ralcool absolu à l'abaissement énorme de température que Ton peut ainsi provoquer, on le voit cristalliser et fondre à la température de 130* au-dessous de zéro.

Ce corps est miscible en toute proportion à Teau, à l'éther, à la glycérine, très soluble dans les huiles et les dissolvants hydrocarbonés. C'est un excellent dissolvant d'un grand nombre de composés organiques ou minéraux insolubles dans l'eau : l'iode, le soufre, le phosphore, les alcaloïdes, les cires, etc. L'alcool possède une très grande affinité pour l'eau, et cette affinité est d'une telle intensité qu'on voit la température du mélange s'élever et ce mélange se faire avec contraction du volume. Cette affinité pour l'eau est telle qu'il est capable de déshydrater certains composés et de modifier ainsi l'état physique de la plupart des substances organisées. L'alcool coagule les matières albuminoïdes et les précipite de leurs dissolutions aqueuses. Je n'insiste pas sur ses propriétés chimiques, je vous rappelle seulement les principales, celles auxquelles il nous faudra avoir recours pour l'explication de certains phénomènes.

L'alcool est une substance dysosmotique, c'est-à-dire non seulement ne traversant pas les membranes poreuses, mais encore douée du pouvoir d'entraver les phénomènes d'Osmose. A la manière des anesthésiques généraux, il agit sur toutes les variétés de protoplasma dont il détermine la déshydratation ; et c'est précisément pour cette raison qu'on l'utise en histologie comme réactif desséchant en même temps que conservateur. Le contact de l'alcool avec les substances vivantes, qu'elles qu'elles soient, paralyse immédiatement tout phénomène d'irritabilité, de sensibilité, de contractibilité, ainsi que l'activité des ferments : c'est une substance hypno-anesthésique au premier chef. Suivant sa théorie, que je vous ai exposée à propos des interprétations de l'action exercée par les substances hypno-anesthésiques, M. Raphaël Dubois estime que c'est en agissant comme substance déshydratante que l'acool se conduit comme substance hypno-anesthésique.

l. Voir Leçons de phai*7nacodynamie, première série, p. 251.

140 INTRODUCTION DANS L'ORGANKSME

Lorsque ralcool se trouve en proportion un peu considérable dans un liquide renfermant une substance fermentescible et de la levure de bière, on voit que, lorsque la proportion deralcoolatteint20pourlOO, la levure devient complètement inerte, tombe au fond du mélange et semble absolument morte. Eh bien, il n'en est rien : elle est simplement en état de vie latente, d'hypno-anesthésie, si vous voulez accepter cette expression; et la preuve, c'est que si Ton vient à diminuer la proportion de l'alcool, par exemple en ajoutant de l'eau au mélange, la fermentation reprend jusqu'à ce que cette proportion de 20 pour 100 d'alcool soit réalisée de nouveau.

Absorption clans l'orgranisme. — L'absorption de l'alcool est très énergique et très rapide; mais cela à une condition, qui est la conséquence des propriétés que je viens d'énumérer : c'est que le degré de dilution de l'alcool soit suffisant pour qu'il ne puisse pas coaguler les matières albuminoïdes au contact desquelles il va se trouver. En effet, vous allez voir combien l'action coagulante de l'alcool sur les matières albuminoïdes est intense. Il n'est pas nécessaire d'employer de l'alcool absolu, de l'alcool assez concentré suffit pour déterminer la formation d'un coagulum dans la solution des matières albuminoïdes, et vous savez d'ailleurs que c'est un procédé très fréquemment utilisé que celui de la séparation des matières albuminoïdes par coagulation au moyen de l'alcool ; mais si cet alcool est suffisament dilué, alors cette coagulation ne se produit plus.

L'alcool à 15 ou 20 p. 100 est absolument incapable de coaguler les matières albuminoïdes : il peut circuler dans l'organisme au contact du sang et, par conséquent, atteindre les différents territoires de l'économie et y causer les désordres que nous aurons à envisager quand nous étudierons son action sur chacun des grands appareils. II peut-être introduit dans l'organisme par différentes voies, et s'il n'y en a qu'une, en somme, la voie gastrique, intéressante au point de vue soit de l'hygiène, soit de la thérapeutique, toutes ces voies d'introduction sont intéressantes au point de vue expérimental parce que ce point de vue expérimental vient éclairer à la fois l'étude thérapeutique et hygiénique de ces composés.

Les résultats de l'introduction de l'alcool dans un organisme peuvent être schématisés de la façon suivante : concentré, il coagule les albuminoïdes en raison de son avidité pour l'eau; dilué, il excite

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