ABSORPTION PAR LA VOIE PULMONAIRE
les propriétés fonctionnelles de tous les éléments anatomiques avec lesquels il est mis au contact.
Tout d'abord, Talcool, comme toutes les substances hypno-anes- Ihésiques, d'ailleurs, peut être, et est très facilement absorbé par la voie pulmonaire. On possède à ce sujet, de très intéressantes expériences d'Orfila qui intoxiquait des chiens en leur faisant respirer une atmosphère plus ou moins chargée de vapeurs d'alcool ; mais on coooaît même des faits médicaux qui sont plus important&l C'est dabord celui de Mesnet, rapportant l'histoire pathologique d'un négociant, fabricant d'alcool, dont la chambre à coucher se trouvait au-dessus du magasin où se faisait pendant toute la journée la manipulation des alcools, de sorte que l'atmosphère de cette pièce était absolument saturée de vapeurs d'alcool et que celui qui y couchait était, inconsciemment, ivre toutes les nuits. Mesnet raconte que cet homme éprouva, au bout d'un certain temps, des phénomènes de l'étiologie (lesquels on ne se rendait pas compte du tout; et il eut beaucoup de peine à trouver Torigine de l'intoxication alcoolique absolument évidente de ce client; il finit cependant par découvrir la disposition que je rapportais tout à l'heure et qui lui parut la cause de la paralysie générale à laquelle son malade finit par succomber. Toutes les nuits, cet homme était absolument ivre, par suite de l'absorption des vapeurs d'alcool qui s'exhalaient à travers le plancher de sa chambre, el il finit par présenter des accidents graves, tout-à-fait caractéristiques de Talcoolisme, ainsi qu'il résulte de la lecture attentive de l'observation. Cet homme est mort paralytique général, l'alcoolisme étant le primum movens de cette maladie.
Mesnet ajoute à cette observation qu'il connaît des faits nombreux d'accidents plus ou moins graves, déterminés chez des ouvriers parfaitement sobres dont la profession consiste à manipuler Talcool pendant une plus ou moins grande partie de la journée, par exemple, chez les ouvriers employés dans les usines où se rectifie l'alcool. Les surveillants du fisc, qui sont obligés de peser à l'aréomètre Talcool provenant de la distillation, sont également exposés à des accidents plus ou moins graves, dus précisément à l'absorption des vapeurs d'alcool par la voie pulmonaire.
Mais la grande voie d'absorption, de pénétration de l'alcool dans l'économie est certainement la voie stomacale. Lorsque l'alcool pénètre par la voie stomacale, les dommages sont incontestablement
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moindres ; et en effet, Talcool ainsi absorbé est obligé de pas&er d'abord par les veines de Testomac et de la première portion de l'intestin grêle, il arrive de là à la veine porte, traverse le foie, puis se trouve ensuite versé dans la circulation générale : il en résulte qu'une portion plus ou moins considérable de cette alcool se trouve arrêtée dans le foie, et nous verrons qu'en effet le foie est un des organes qui sont le plus frappés au cours des manifestations de l'alcoolisme. — Une fois l'alcool ainsi introduit dans le sang, dans la circulation générale, il s'opère, grâce à sa dilution, une exosmose à travers les capillaires, puis une imbibition et une localisation dans les différents tissus, localisation que nous allons déterminer.
Chez les animaux, on peut étudier la façon dont l'alcool se diffuse lorsqu'il a été introduit par la voie hypodermique : on constate d'abord une imbibition locale plus ou moins considérable des tissus voisins, puis cet alcool pénètre en abondance dans le système capillaire veineux d'où il est versé dans la veine cave inférieure et porté directement au cœur, sur lequel il exerce son action avant de pouvoir venir s'exhaler par les poumons et s'éliminer en grande partie au dehors.
L'absorption est également extrêmement rapide chez les animaux, lorsqu'elle est réalisée par voie d'injection intra-péritonéale, presque aussi rapide que lorsqu'elle est réalisée par voie d'injection intra-veineuse. On observe à bref délai, presque immédiatement si la dose est suffisante, l'arrêt des mouvements respiratoires et des contractions cardiaques causant fatalement la mort. Ce fait est connu depuis longtemps; Rayer l'avait signalé dans ses études sur l'alcoolisme : la quantité de 16 grammes seulement d'alcool à 21 p. 100 injectée dans le péritoine d'un lapin détermine un état d'ivresse presque instantané et la mort après quelques heures.
Comme toutes les substances toxiques, l'alcool est susceptible de se fixer et de s'accumuler dans certaines régions de l'organisme. Cette accumulation, ou plutôt la proportion de cette fixation est variable suivant la voie d'introduction : voici à cet égard quelques chiffres qui, comme vous Tallez voir, ont un intérêt considérable. Nous prendrons seulement le sang, le foie et le cerveau : la proportion, pour 100 parties, que l'on peut trouver accumulée dans ces différents organes est la suivante. Celle du sang étant prise pour unité, le foie en contient quatre fois plus, le cerveau deux fois plus, lorsque l'alcool