‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 8 sur 486 · ALBUMINOÏDES TOXIQUES · texte numérisé non relu

ALBUMINOÏDES TOXIQUES

fait une mauvaise application ». Voilà pourquoi, à mon avis, cette analyse immédiate dont je parlais tout à l'heure devrait être entièrement reprise, et avec beaucoup de soin.

Tout d abord, Tétude des albumines végétales a été jusqu'à présent délaissée. Le rôle des matières albuminoïdes d'origine végétale était en effet sysmatématiquement négligé, au point de vue médicamenteux; ce n'est que récemment, et sous l'influence des recherches bactériologiques qui ont mené en partie à la découverte des toxines, que rimportance de quelques-unes de ces matières albuminoïdes a été mise en évidence. Je vous citerai la ricine retirée des graines du ricin, ïabrine fournie par les semences du jéquirity et les substances que j'ai extraites du suc d'euphorbe ainsi que du suc de la grande éclaire. Ces produits établissent la transition entre les albuminoïdes végétaux et les albuminoïdes d'origine animale : ils sont analogues à ceux qu'il est possible de mettre en évidence dans les sérums ou dans les bouillons de culture de bactéries ; ils sont très voisins également des albuminoïdes actifs que l'on peut retirer des produits glandulaires animaux.

Jadis, on les sacrifiait impitoyablement dans les opérations que nécessitaient l'extraction des glucosides ou des alcaloïdes : on ne leur attribuait d'autre rôle que de constituer les impuretés de ces produits, qu'ils « invisquaient », disait-on. Pour moi, je pense que les produits résultant de la vie cellulaire, que ce produit soit un alcaloïde, tel que la strychnine, ou un albuminoïde, tel qu'on en trouve dans le sérum des animaux immunisés, présentent entre eux la plus frrande analogie au point de vue de leur mode de synthèse; et que l'action sur l'organisme de ces albuminoïdes négligés jusqu'ici doit être prise entrés sérieuse considération dans l'interprétation de l'activité médicamenteuse d'une drogue.

Certains de ces albuminoïdes exercent en effet sur l'organisme animal une action très énergique. Je puis dire, en me basant sur le résultat de recherches personnelles que je vais vous exposer, qu'ils mettent cet organisme en état de subir, d'une façon plus intense, l'action des cristalloïdes , qu'il s'agisse de glucosides, d'alcaloïdes ou de toute autre substance douée de propriétés physiologiques actives.

Depuis un certain nombre d'années, mon attention est attirée sur ces phénomènes,, et je possède actuellement un nombre suffisant de faits expérimentaux pour me permettre d'affirmer le rôle extrème-

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