‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 82 sur 486 · PRÉSENCE DE L'ALCOOL DANS LE SANG · texte numérisé non relu

PRÉSENCE DE L'ALCOOL DANS LE SANG

d*ètre étayée par des résultats expérimentaux certains et invariablement établis.

En 1866, un auteur allemand, Hugo Schulinus, observait que le sang renferme proportionnellement plus d'alcool que les autres organes : c*est là un fait que nous avons pu vérifier, notamment dans les chifiTres trouvés récemment par M. Gréhant, et que j'ai mis sous vos yeux dans notre dernière réunion ; mais Schulinus admettait néanmoins que la plus grande partie de Falcool se trouvait détruite dans l'organisme, et que la quantité éliminée en nature était extrêmement minime. Un certain nombre d'observateurs reprirent la question.

Déjà vers 1862, Anstie était arrivé aux mêmes conclusions dans ses Recherches sur les stupéfiants et les narcotiques^ dans lesquelles on trouve des documents extrêmement intéressants pour l'étude de cette question; cet auteur disait qu'une très petite quantité d'alcool était éliminée en nature, et qu'il n'y avait pas d'accumulation : on observait seulement une accoutumance ne se produisant qu'au bout d'un temps assez long et dans des conditions que nous aurons à étndier plus tard.

Lauder-Brunton observa ce fait qui a été constamment vérifié depuis et qui est si important pour interpréter l'action physiologique de l'alcool, c'est que, après son passage dans le sang, l'alcool diminue en proportion très notable le pouvoir oxydant des hématies. De plus, il constata, comme conséquence de ses expériences, que la présence constante ou très fréquemment répétée, dans le,, sang de l'homme ou des animaux, d'une quantité relativement minime d'alcool, détermine peu à peu une accumulation de la graisse dans le sang et la formation de dégénérescences graisseuses dans les principaux organes, notamment dans le foie. Il admettait que l'alcool subit dans l'oï^anisme une décomposition partielle : il observa, en effet, que l'ingestion de petites quantités d'alcool maintient et augmente le poids du corps de l'homme ou des animaux, que cette substance est capable de prolonger la vie, lorsque — il a bien soin d'insister ^ur ce fait — elle est administrée en quantité faible et avec un régime alimentaire suffisant, et il en conclut, qu'à un certain point de vue, l'alcool doit être considéré comme substance alimentaire.

A haute dose, au contraire, une partie de cet alcool est éliminée en nature, et cette haute dose détermine des accidents plus ou moins

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