MÉTAMORPHOSES DES ALCOOLS COMPLEXES
impossible de trouver dans les produits de l'expiration soit de Talcool en nature, soit de Taldéhyde, Pour Schulinus et Bucheim, un tiers de l'alcool ingéré a complètement disparu deux à trois heures après Tingestion. Schûtzenberger faisait remarquer de son côté, que Falcool et les acétates tiennent certainement le premier rang parmi les produits facilement combustibles de l'organisme. Il serait par conséquent bien extraordinaire que des substances capables de subir aussi facilement des oxydations, ne les subissent pas dans l'organisme au sein duquel elles se trouvent. Il faisait encore observer, toujours à l'appui de la combustion de l'alcool dans l'organisme, que l'on pouvait, avec d'autres alcools, et môme avec des alcools polyatomiques comme la glycérine, déterminer des accidents d'asphyxie tout à fait analogues à ceux que déterminait l'ingestion d'une quantité assez considérable d'alcool éthylique en une seule fois, et que, notamment, sous l'influence de l'administration de la glycérine, il était très facile de vérifier l'exhalation plus considérable de l'acide carbonique. Hais un fait encore plus topique peut-ôtre est celui de la transformation subie dans l'économie par des alcools de constitution moléculaire plus complexe que ceux dont je viens de parler; et, pour soutenir l'hypothèse de la combustion de l'alcool dans l'organisme, Dujardin- Beauroetz s'appuyait sur l'exemple de la salicine, qui, comme vous le savez, est un glucoside résultant de la combinaison de la saligémne avec le glucose : toutes les fois qu'on introduit de la salicine dans l'organisme de l'homme ou des animaux, on voit s'éliminer par l'urine de l'acide salicylique, à l'état, bien entendu, de salicylurate de soude; or, pour que cette réaction ait lieu, il est nécessaire que la salicine ait été d'abord dédoublée en saligénine, qui n'est autre chose qu'un alcool, et en glucose; puis, que cette saligénine ait subi ellemême une oxydation analogue à celle que l'on supposait exister pour l'alcool éthylique.
Les choses en étaient là, lorsque, en 1884, Dujardin-Beaumetz et Jaillet entreprirent une série d'études par lesquelles ils semblent avoir démontré péremptoirement le bien fondé de l'interprétation de la combustion de l'alcool dans l'organisme. Claude Bernard avait démontré que l'injection intra-veineuse de glucose chez le chien, lorsqu'elle était faite suivant une certaine proportion, déterminait le passage de cette substance dans l'urine, alors que si la quantité en était suffisamment faible, le glucose se trouvait complètement brûlé dans