EXPERIENCES DE DUJARDIN-BEAUMETZ ET JAILLET
Torganisme; reprenant ces expériences, Dujardin-Beaumetz et Jaillet démontrèrent que lorque Ton injecte à un chien, par la voie veineuse, une quantité de glucose suffîsamment faible pour que Torganisme soit capable de la brûler complètement, cette même quantité était incomplètement brûlée, ou même traversait intégralement l'organisme lorsqu'au préalable Fanimal avait été soumis à Tinfluence de l'alcool. Ils en concluaient que l'alcool étant une substance plus facilement combustible que le glucose, c'était sur lui que l'action comburante de l'oi^anisme s'était portée tout d'abord, et que c'était en raison de cette combustion préalable, épuisée sur l'alcool, que le gl\ cose avait pu apparaître dans les urines.
L'alcool arrivé dans le sang vient donc se porter sur les hématies qui s'en saturent pour l'oxyder, et c'est l'excès seul qui traverserait les parois vasculaires et viendrait se fixer dans les différents tissus ou bien s'éliminer par les divers émonctoires. Les hématies l'oxyderaient et l'élimineraient ensuite sous forme de carbonate alcalin; car, ainsi que nous le verrons, il se forme d'abord de l'acide acétique, puis un acétate alcalin qui, finalement, s'oxyde et se transforme en carbonate alcalin. Dans un moment je rappellerai votre attention sur ce fait, qualifié par MM. Dujardin-Beaumetz et Jaillet, de Surmenage des hématies, en raison du rôle joué par les globules rouges du sang. D'après eux, le sang se débarrasserait de l'alcool par deux procédés : d'abord, par la combustion au moyen des hématies, combustion qui ne peut dépasser une certaine valeur; puis, en second lieu, lorsque les hématies ont effectué toutes les oxydations dont elles étaient capables, par la transsudation qui permet alors la fixation dans les divers tissus et l'élimination par les différents émonctoires. Ils ont observé ainsi dans leurs expériences que la quantité d'alcool que l'on peut trouver dans le sang des animaux peut s'élever jusqu'à 6 p. 1 000, c'est-à-dire 0,6 p. 100 — ce sont des chiffres très concordants avec ceux de Gréhant — tandis qu'aux doses physiologiques, c'est-à-dire lorsque l'alcool introduit est en quantité assez faible pour ne pas déterminer de troubles, la quantité d'alcool trouvée dans le sang était de 1 p. 1 000, soit 0,1 p. 100.
A l'appui de la combustion de l'alcool dans l'organisme, je pourrais vous citer encore un certain nombre de faits dont vous allez comprendre toute l'importance au point de vue de la physiologie de la nutrition normale. Béchamp le premier, puis ensuite Rajewski et