‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 86 sur 486 · FORMATION D'ALCOOL DANS L'ORGANISME · texte numérisé non relu

FORMATION D'ALCOOL DANS L'ORGANISME

Hoppe-Seyler, avaient démontré qu'il existait normalement de très petites quantités d'alcool dans Torgranisme, en dehors de toute ingestion de boissons fermentées, et que les matières hydrocarbonées, les substances amylacées normalement contenues dans l'économie, étaient wpables de donner naissance à une certaine quantité d'alcool : il n'y avait donc rien d'extraordinaire, d'après ces observateurs, à ce que l'on pût retirer du cerveau, des muscles et d'un certain nombre d antres tissus une quantité plus ou moins faible d'alcool, puisque, d'après eux, c'était un terme constant du dédoublement des hydrates de carbone que l'on peut rencontrer dans l'organisme. Béchamp et Estor démontrèrent même, par des expériences absolument probantes, l'existence d'une fermentation alcoolique et acétique dans le foie, l'élimination par les urines normales d'une petite quantité d'alcool, et même la fixation de cet alcool dans le cerveau. Vous savez que, dans ces dernières années, ces expériences ont été en quelque sorte confirmées par M. Lépine, qui a montré que le glucose qu'on rencontre dans le sang se transformait sous l'influence d'une fermentation spéciale, qu'il appelle la fermentation glycolytique. Mais, quel que soit le mécanisme de cette transformation, que certains adversaires du ferment glycolytique attribuent à la seule action des hématies, le fait ne me parait plus pouvoir être discuté aujourd'hui ; le glycose subit dans le sang une série de métamorphoses parmi lesquelles doit figurer l'alcool, au moins comme produit intermédiaire; et cet alcool n'apparaît pas au cours des processus normaux de nutrition parce qu'il est mis en œuvre au fur et à mesure de sa production, c'est-à-dire brûlé.

En modifiant les conditions de la nutrition des hématies, on peut ralentir la combustion de cet alcool et arriver à démontrer son existence, comme on peut même arriver, par une modification encore plus profonde, à empêcher les métamorphoses du glycose et déterminer son élimination en nature par les urines. Il me semble qu'il y a là quelque chose d'analogue, sinon même identique, à ce qui se passe pour la cellule de levure vivant au libre contact de l'air et brûlant complètement le glycose qu'on lui offre comme aliment, tandis que la même cellule, vivant à l'abri de l'oxygène, brûle une bien moindre quantité de ce même glycose et en transforme alors la majeure partie en alcool. J'aurai occasion de revenir plus tard sur cette assimilation entre la cellule de levure et l'hématie. Je ne puis, toutefois.

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