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FORMATION D'ALGOOL DANS L'ORGANISME

m'empêcher de rapprocher ici ce qui se passe dans le sang au contact des hématies et relativement aux phénomènes de nutrition, de ce que Ton observe dans la germination des graines, à cette période où le végétal en voie de production consomme les réserves hydrocarbonées : la transformation en alcool ne se fait que lentement, au fur et à mesure des besoins, et cet alcool est brûlé au fur et à mesure aussi de sa production ; mais on peut le mettre en évidence en changeant les conditions de nutrition de la graine, en la plongeant, par exemple, dans une atmosphère d'acide carbonique qui permet l'accumulation de l'alcool par suite du ralentissement apporté à sa combustion, ce qui permet également de le déceler au moyen de ses réactions chimiques.

C'est donc en vain que l'on a objecté à ces considérations ce fait que, lorsqu'on soumet le glycose, artificiellement, au laboratoire, à l'action des divers réactifs oxydants, on ne peut pas arriver à obtenir directement de l'acide carbonique, sans formation de produits intermédiaires.

Ces produits intermédiaires ne se forment dans l'organisme que lorsque celui-ci n'est pas à l'état sain, à l'état normal ; et, par exemple, dans les cas d'intoxication alcoolique, il est possible de retrouver soit de l'aldéhyde, soit de l'acide acétique parmi les produits de transformation de l'alcool éliminés par la perspiration pulmonaire; de même que l'on peut déceler dans certains cas pathologiques, chez les diabétiques, par exemple, l'existence soit de l'acétone, soit d'éthers composés qui sont, bien évidemment, des produits de métamorphose de l'alcool. Dans ces circonstances, on peut et l'on doit admettre que les réactions normales de l'organisme sont viciées, et que certaines synthèses qu'on peut réaliser au laboratoire, par exemple la combinaison de l'aldéhyde naissant avec le glycose produisant de l'acétone, peuvent s'effectuer dans ces conditions anormales.

Mais il est nécessaire d'envisager ici le rôle de l'hémoglobine, d'une part; et, d'autre part, celui des hématies, dans ces oxydations. Voyons d'abord, le rôle de l'hémoglobine. Comme vous le savez, le le sang, saturé d'oxygène après l'hématose, est capable d'abandonner dans le vide une proportion de 47 à 18 p. 100 d'oxygène. Vous savez également que le sang artériel, dans les gros vaisseaux, est toujours plus riche en oxygène que le sang artériel que l'on peut retirer des vaisseaux de petit calibre, par suite des oxydations incessantes qui

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sopèrent constamment, au sein même de la masse sanguine. Mais le sérum sanguin privé de ses hématies n'absorbe plus qu'une quantité d'oxygène correspondant exactement à son coefficient de solubilité : cette quantité est pour ainsi dire nulle par rapport à la quantité d'oxygène susceptible d'être fixée par du sang chargé de ses hématies. Cette combinaison de Toxygène avec l'hémoglobine est, d'autre part, une combinaison essentiellement instable, qui permet à cette hémoglobine de la céder à tout moment aux substances qui sont capables de se trouver oxydées sous son influence; et le rôle de Thématie n'intervient dans cette circonstance que pour rendre actif cet oxygène, c'est-à-dire pour lui permettre de réaliser des combustions vives, analogues à celles que l'on peut réaliser artificiellement dans le laboratoire : toute oxydation se passe donc au contact intime, sinon dans le sein même de l'hématie; et c'est là qu'il faut aller chercher la preuve de la combustion de l'alcool dans l'organisme. Le sang ne fait, normalement, qu'apporter les matériaux de combustion et emporter les déchets : c'est l'hématie qui doit activer cette combustion et utiliser les matériaux alimentaires apportés par le sang.

Une expérience déjà assez ancienne de Schiitzen berger avait misées faits en évidence et montré que si l'on prend du sang défibriné et oxygéné et qu'on le fasse circuler dans un canal de baudruche plongé dans du sérum naturel contenant de la levure de bière, le. sang noircit, se désoxyde, tandis que les hématies restent absolument inaltérées et capables de reprendre l'oxygène qu'elles ont cédé à la levure de bière, c'est-à-dire se conduisent absolument comme les hématies dans l'organisme normal. L'expérience nous a également appris que plus un corps est avide d'oxygène, et plus il gêne l'hématose quand il arrive dans la circulation. Mais les oxydations peuvent aussi se trouver anéanties totalement lorsque l'on vient à sursaturer l'hémoglobine par l'oxygène, ce qui peut se réaliser surtout sous l'influence de l'augmentation de pression : l'hémoglobine suroxygénée sous cette influence est devenue un composé stable, quelque chose d'analogue à cet isomère que l'on appelle la méthémoglobine, qui, bien qu'ayant exactement la même composition centésimale que l'hémoglobine, est absolument incapable de réaliser l'oxygénation que l'hémoglobine peut faire. C'est, je crois, de cette façon qu'il faut interpréter ces phénomènes qu'on a qualifiés par l'appellation d'arrêt des échanges, dans lesquels, ainsi que j'ai eu déjà l'occasion de vous le faire remar-

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quer à propos de l'action des hypnotiques, le sang, restant absolument rutilant, est tout & fait inca[>able de réaliser les oxydations, les actes respiratoires qu'il est chargé d'accomplir dans l'oi^nisme.

Eh bien, Messieurs, c'est cette ozonisalion de l'oxygène par les hématies qui est évidement intéressée sous l'influence de l'alcool, et pour ma part, du moins. Je serais très disposé àaccepter cette manière de voir. Y a-t-il un point critique au dessus et au dessous duquel cette sation ne se produit que mai, ou même pas du tout? Y a-t-il là [ue chose d'analogue à ce qui se passe pour ia liquéfaction des gaz, à-dire un optimum de pression pour une température détere, qu'on a caractérisé par l'appellation de point critique, au is ou au dessous duquel la liquéfaction ne se produit pas? Touest-il qu'il est nécessaire que l'hématie se trouve dans un état mique particulier pour que les oxydations puissent s'effectuer lalcment et régulièrement. Je rapprocherai de ces conditions tes pour l'action utile les circonstances dans lesquelles lazymase i levure détermine la décomposition du glycose : une quantité me, mais cependant appréciable, d'oxygène est nécessaire pour la cellule de levure fabrique de la zymase et pour que cette se produise la métamorphose de l'alcool. Au dessus ou au lus de cette quantité optima, la sécrétion cesse ou se ralentit, ce 'appelle ici cette quantité optima étant elle-même fort différente quantité d'oxygène efficace pour la prolifération de la levure, à-dire pour son développement à titre de végétal. La zymase Tième, séparée de la levure, comme dans le suc obtenu par mer, est sensible à cette influence, et son action est entravée par ésence d'une quantité trop faible ou, plus encore, trop considé- ! d'oxygène. A ce point de vue, l'action de l'alcool semble, comme d'ailleurs de toutes les substances hypnotiques que nous avons lées précédemment, înÛuencer dans une très étroite mesure itation que les hématies peuvent exercer sur l'activité de l'oxygène jiné à l'hémoglobine.

y a un autre point qui doit être pris en très sérieuse consldérac'est celui-ci : sous l'influence de l'alcool, on ne peut pas dire le sang s'acidifie, ce serait exagéré et inexact; mais le sérum nue d'alcalinité dans une mesure plus ou moins accentuée, plus noins évidente. II est certain que si le sérum diminue d'alcali-

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