COMBUSTION DES ACETATES AU SEIN DES HÉMATIES
nité, cela ne peut être que parce qu'une partie de son alcali normal aura servi à saturer le produit de transformation de l'alcool, produit qui ne peut être autre chose que l'acide acétique. On a une autre preuve de ce fait dans l'accumulation de l'acide carbonique dans le sang, accumulation qui, comme je vous le disais tout à l'heure, peut se vérifier facilement sous l'influence des doses moyennes d'alcool, et les hématies perdent ainsi, proportionnellement, de leur pouvoir comburant. Cela explique ce mot de surmenage des hématies qui avait été employé par MM. Dujardin-Beaumelz et Jaillet dans leurs travaux; cette qualification me paraît fort exacte d'ailleurs, et, comme TOUS le voyez, justifiée par les faits, puisque l'on peut dire que la vigueur, la vitalité des hématies diminuant, il leur est, en outre, imposé une somme plus considérable de travail.
Toutefois, un point était encore à vérifier expérimentalement dans celte discussion. Si l'alcool était oxydé en réalité dans les hématies, et par leur intermédiaire, comme le soutenaient Dujardin-Beaumelz et Jaillet, on devait retrouver des traces de cette oxydation, et, à un moment donné, pouvoir déceler de l'acide acétique, ou tout au moins des acétates dans le sang. Eh bien, deux séries d'expériences très nettes et très intéressantes au point de vue de leurs résultats, expliquent comment il se fait que l'on ne puisse, dans ces conditions expérimentales, retrouver de Tacide acétique dans le sang des animaux. Si, comme l'ont fait les auteurs que je viens de citer, on injecte à un chien de H kilos 500, par la saphène externe, 4 grammes d'une solution d'acétate de soude, et si, trois minutes après, on recueille ISO centimètres cubes de sang artériel par la fémorale, si Ton traite ce sang en lui faisant subir les opérations nécessaires, — en le défibrinant, le diluant, le portant à l'ébullition pour coaguler les matières albuminoïdes, évaporant au bain-marie le liquide filtré et le reprenant par l'alcool absolu, — on ne peut pas déceler de traces d'acétates au sein de la solution dans l'alcool absolu qui a servi pour l'épuisement : cela montre donc que, bien qu'une notable quantité d'acétate alcalin ait été introduit dans le liquide sanguin, cet acétate est brûlé par les hématies et qu'on ne peut plus en retrouver de traces au bout d'un temps très court, puisque la prise de sang, je le répète, avait été faite trois minutes après l'injection.
Mais si, d'autre part, on prend le même animal — pour éviter le plus possible les causes d'erreur — , qu'on lui injecte une dose, massive