‹ Leçons de pharmacodynamie et de matière médicaleChapitre 89 sur 486 · OXYDATION DE L ALCOOL SANS INTERMÉDIAIRES · texte numérisé non relu

OXYDATION DE L ALCOOL SANS INTERMÉDIAIRES

cette fois, d'acétate de soude, 10 grammes, par exemple, et si l'on s, dix minutes après, une certaine quantité de sang, 200 centî> es cubes, par l'artère fémorale du côté opposé à celle qui a servi

la première expérience, on s'aperçoit alors, en faisaint la recher- Jes acétates, que l'on peut en retrouver dans le sérum, mais que iilot, préalablement lavé avec une solution faible de chlorure de jm, ne permet pas de retrouver la moindre trace d'acétate alca- Ces résultats démontrent donc que la combustion de l'acétate in s'effectue au sein même de l'hématie qui joue seule le rôle 3nt dans cette oxydation, et ils nous font comprendre, en même >s, les résultats négatifs que l'on avait obtenus, d'une façon consi, dans les tentatives faites pour rechercher, dans l'organisme lal, l'acide acétique comme produit intermédiaire de la combusde l'alcool.

i tout cela, il faut conclure que l'oxydation de l'alcool se produit iment dans la masse des hématies, comme le dédoublement du ]se en alcool et acide carbonique se produit au sein du protona de la cellule susceptible d'effectuer ce dédoublement, et que >ol contenu dans le sérum est celui qui traverse les parois vascus et qui va se localiser dans les tissus où s'éliminer par les pous, les reins et les divers émonctoires; il y a là une analogie. Du jardin-Beau metz et Jaillet faisaient ressortir, avec ce qui se Q dans l'oxydation de l'alcool sous l'inQuence soit de l'éponge latine, soit du platine rougi; mais il faut sans doute aussi tenir jte de l'action exercée dans l'économie par ces substances qui 5té mises en évidence .dans ces dernières années, les oxydases iastases oxydantes, qui sont capables de déterminer des oxyda- , vives, et dont la laccase, isolée pour la première fois par tertrand, est le type. Il n'y a d'ailleurs rien d'étonnant dans la iformation immédiate de l'alcool en acide acétique sans produits médiaires. On sait qu'il existe des cellules capables d'opérer

transformation : le mycoderma aceii, par exemple, qu'on appelle nunément la mère du vinaigre, est un organisme qui effectue

transformation de l'alcool en acide acétique sans le faire passer les états intermédiaires. Dans le cas de l'oxydation de l'alcool es hématies, l'acétate alcalin ainsi produit est, de plus, immément comburé à son tour et éliminé sous forme de carbonate in par les urines. C'est là un rapprochement d'autant plus inté-

L'EXCÈS D'alcool s'élimine seul iôi

ressant, qu'il montre que l'hématie servant à cette oxydation de ralcool est obligée à un travail considérable, au surmenage auquel je faisais allusion tout à l'heure.

Cependant il n'y a pas, évidemment, d'assimilation étroite et entière avec ce qui se passe lors d'une injection veineuse d'acétate alcalin. Dans le cas de l'alcool, l'acide acétique est formé au lieu même de son oxydation; et l'on pourrait même, à la rigueur, dissocier celte oxydation, et admettre, ce qui me paraît probable en raison de la façon dont les choses se passent, que l'oxydation première, celle qui donne naissance à l'acide acétique, est surtout due à l'action de contact avec l'oxyhémoglobine, comme sous l'influence du noir ou de l'éponge de platine ; puis l'acide saturé par les alcalis du sérum est transformé en carbonate de soude dans le sein même de l'hématie : les deux phénomènes se produisent, pour ainsi dire, sans interruption. L'oxydation ultime de l'acétate ne se fait que dans l'hématie vivante et circulante, comme les autres combustions organiques.

D'ailleurs, Messieurs, toutes ces considérations sont d'accord avec des faits qui ne sont plus discutés par personne maintenant : c'est d'abord que le sang contient toujours une proportion d'alcool relativement plus consdérable que celle trouvée dans les autres organes; ensuite, que le majeure partie de l'alcool est décomposée dans l'organisme, car, quelque bien conduites qu'aient été les expériences faites par Liebig, Lallemand, Perrin et Duroy, ils n'ont jamais pu retrouver que 15, 16 au maximum 20 p. 100 de la totalité de l'alcool qu'ils avaient fait. ingérer à leurs animaux. La quantité d'alcool éliminé par les poumons, les reins et la peau est réellement insignifiante par rapport à la quantité totale d'alcool absorbé, et d'autant plus insignifiante que cette quantité d'alcool absorbé a été plus faible. En d'autres termes, la combustion de l'alcool dans l'organisme est d'autant plus grande, que la quantité d'alcool absorbé est plus minime; et l'on peut di^e qu'il n'en passe abondamment au dehors que lorsque les hématies ont réalisé toute l'oxydation dont elles étaient capables, c'est-à-dire qu'une fois suffisamment surmenées, — pour employer l'expression de Dujardin-Beaumetz et Jaillet — , le sang est devenu incapable de permettre des oxydations ultérieures : c'est, par conséquent, seulement l'excès de l'alcool ainsi détruit dans l'organisme qui va se localiser dans les divers tissus. C'était d'ailleurs l'interprétation qu'avait admise Gubler; mais il y ajoutait un point de vue qui

i62 ACTION LOCALE DE L'ALCOOL

ne me paraît guère susceptible de démonstration , et dont l'admissibilité même me semble un peu difficile. Pour Gubler, une partie de l'alcool absorbé, d'autant plus considérable que la quantité d'alcool absorbé est plus massive, s'échappe par les divers émonctoires; et l'alcool qui s'échappe ainsi par la peau, les reins, et les différentes voies d'élimination de l'économie, est inattaqué, sinon inaltéré dans sa structure, mais il doit avoir probablement perdu ce qu'il appelait sa force latente ; car, ainsi que vous le savez, Gubler rangeait l'alcool et un certain nombre d'autres substances, comme les stimulants diffusibles, le café, etc., parmi les médicaments dynamophores ; il admettait que l'alcool était susceptible, en traversant l'organisme, de dégager une certaine quantité de force vive. Il est, je crois, difficile d'admettre cette interprétation, attendu que la force dégagée ne peut qu'être fonction de la quantité d'alcool détruit.

11 faut donc admettre que l'alcool subit dans l'organisme une combustion d'autant plus complète que la quantité qui en est ingérée est moins considérable : c'est là un fait qui sera très important à considérer, lorsque nous étudierons, un peu plus tard, le rôle de l'alcool comme aliment, ainsi que son rôle au point de vue de l'hygiène.

Action physiologrique. — Abordons maintenant l'étude de l'action physiologique de l'alcool. Et d'abord, quelle est l'action locale que peut exercer l'alcool? Cette action locale varie nécessairement, suivant les circonstances dans lesquelles elle se produit. Si l'alcool est niis au contact du tégument sain, tout se borne à une sensation de refroidissement, produite simplement par sa plus ou moins facile volatilité ; mais si l'alcool vient à être mis au contact des téguments dépouillés de leur épiderme, ou au contact d'une muqueuse, alors va se produire une action plus ou moins irritante, qui varie selon le degré de concentration de l'alcool, qui varie également selon l'individu ou l'animal sur lequel elle se produit, qui varie encore avec l'état de vacuité ou de réplétion de l'estomac : on peut alors voir Talcool déterminer soit une stimulation utile dans certains cas, soit, au contraire, des phénomènes inflammatoires plus ou moins intenses, pouvant même aller jusqu'à la nécrose.

Cette action irritante se produit surtout par suite de l'action déshydratante que l'alcool exerce, et par suite de son action coagulante sur les matières albuminoïdes ; en même temps, et comme conséquence de cette action inflammatoire, on voit se produire une

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