ACTION ANTISEPTIQUE ET ANALGÉSIQUE 1Ç
Taso-éilatation plus ou moins intense. Lorsqu*on examine la muqueuse de I estomac ou de Tintestin de Tanimal chez lequel on a introduit une certaine, quantité d'alcool présentant un dég^ré suffisant de con^ centration, on peut voir des arborisations plus ou moins intenses de la muqueuse, mais il ne : &udrait pas attribuer exclusivement à une action topique de Talcool cette .arborisation que Ton observe normalement, à un degré plus ou moins accentué, au cours des phénomènes de la digestion. En même temps, non seulement Falbumine est coagulée, mais le mucus, les peptones, la gélatine même peuvent être coagulés si Talcool vient à leur conctact dans un état de concentration suffisant. Ce sont là, évidemment, des phénomènes plutôt nuisibles de Falcool; mais, à côté de ceux-là, il y a quelques phéoomènes.avantageux qui consistent principalement dans la dissolution des graisses et dans Faction antiseptique extrêmement énergique que l'alcool peut exercera titre de substance déshydratante.
En définitive, Faction locale de Talcool est excitante, stimulante quand il est sufGsamment dihié; elle devient irritante, inflammatoire lorsque l'alcool est concentré. Sur les muqueuses, l'alcool à 25 p. 100 détermine déjà une sensation assez intense ; à 50 p. 100 il provoque de rinflammaton ; à 80 p. 100 il devient caustique, il cautérise et ratatine le tissu en coagulant l'albumine et absorbant l'eau.
Je vous rappelle son utilisation comme analgésique local, lorsqu'il est sufGsamment refroidi au préalable. Le tégument cutané fait ressentir, au contact de l'eau très froide, une sensation douloureuse très désagréable ; au contraire, l'alcool refroidi jusqu'à — 5** ne provoque plus cette sensation, bien que la surface de la peau soit parfaitement mouillée par le liquide, et l'on observe même une abolition de toute sensation douloureuse dans les régions de la peau en contact avec cet alcool refroidi. C'est en se basant sur cette propriété, jointe à la facUe manutention d'un liquide fort peu volatil dans ces conditions, que Horwath a appliqué l'alcool refroidi à l'obtention de l'analgésie localisée.
C'est surtout l'action générale de l'alcool qui présente de l'intérêt ; et cette action, nous allons l'envisager sur les divers appareils, en commençant par le. tube digestif, parce que, ainsi que vous le savez, c'est cette voie qui est le plus fréquemment employée pour l'administration de l'alcool, soit chez l'homme, soit quand on expérimente sur les animaux. -
ACTION sua LE TUBE DIGESTIF irsqu'une quantité modérée d'alcool est introduite dans le tube itif , au degré présenté par les eâux-de-vie du commerce, c' est-àreprésentant environ 40 à 45 p^ 100 d'alcool absolu, on éprouve d'abord une sensation dé chaleur. Cette sensation de chaleur être expliquée par différentes causes : d'abord, le mélange avec de l'alcool, même à 45 p. JOO, est susceptible de déterminer une ine élévation de température, — et il est bon d'ajouter ici que élévation est d'autant plus considérable que la concentration de lol est elle-même plus grande — ; ensuite, il y a lieu de faire venir une action sur les terminaisons nerveuses sensitives, ea e temps qu'une hypersécrétion glandulaire, hypersécrétion qui jsez intense lorsque l'alcoo) est introduit dans le tube digestif â de dilution suffisante et à dose relativement faible, lutre part, on voit se produire une modification locale de la cirion : c'est d'abord une vaso-constrictioD très nette qu'on peut ver, bientôt suivie d'une vaso-dilatatton paralytique. L'irritation nuqueuses buccale et linguale se traduit par la salivation réflexe iccompagne toujours l'ingestion buccale de petites quantités )o\ à 45 ou 50 p. 100. Enfin on peut observer, quand on opère es animaux, une hyperémie de la surface interne de l'œsoe, seulement lorsque la quantité d'alcool introduite dans l'estoest assez considérable.
l'on introduit dans l'estomac vide 30 grammes d'alcool à 100, on voit cet alcool séjourner au contact de la muqueuse un s suffisant pour amener de la congestion de cette muqueuse, excitation très notable des mouvements péristaltiques de la ue musculaire, et déterminer d'abord l'augmentation de la tion du suc gastrique, à laquelle succède bientdt une paralysie, ut au moins une parésie, de cette sécrétion. Mais, â ces phénos, qui sont plutôt avantageux au point de vue de la stimulation ihénomènes digestifs, viennent se joindre bientôt des inconvés plus ou moins sérieux : c'est ainsi que la peptonif^ation des ;res albuminoïdcs est déjà très sensiblement ralentie par la nce d'une solution d'alcool au titre de 2 p. 100 3eulement;au de 15 p. 100, la pepsine et l'acide chlorhydrique ne sont plus )les de peptoniser les matières albuminoïdes qu'à l'état de traces, le degré de l'alcool atteint 20 p. 100, la transformation des ninoïdes est absolument arrêtée, il ne se forme plus la moindre
ACTION SUR LE TUBE DIGESTIF i65
trace de peptones au contact des albuminoïdes. Bien plus, on observe même dans ces conditions un arrêt de la sécrétion pancréatique, et, par conséquent, un arrêt complet des phénomènes digestifs,
D n'est pas sans intérêt de remarquer ici que cette même dilution de Talcool, à 20 p. iOO, est celle qui entrave absolument Faction de la levure de bière.
Si Ton met au contact de la muqueuse gastro-intestinale une solution concentrée d'alcool, on observe que, de même que cela se voit lorsque l'on met au contact de la même muqueuse une solution concentrée de chlorure de sodium, on provoque la sécrétion d'un liquide neutre ou légèrement alcalin et chargé d'albumine, mais ne renfermant plus du tout d'élément transformateur des matières albuminoïdes : si l'on fait, en effet, l'examen microscopique de la muqueuse stomacale ainsi modiGée, on voit, en raclant sa surface, qu'on peut isoler une grande quantité de cellules à mucus, mais aucune cellule à pepsine, dans les tubes sécréteurs. De plus, les glandes muqueuses qu'on peut observer sont rétrécies vers leur orifice, et forment des culs^e-sacs dilatés et gorgés de cellules sans noyaux : ce sont donc par conséquent des cellules qui ont à peu près perdu tout pouvoir digestif. Enfin, on observe la production d'une couche plus ou moins épaisse de mucus coagulé à la surface de la muqueuse de l'estomac; et cela indique bien quelles sont les modifications des actes digestifs que l'introduction répétée de l'alcool peut déterminer.
En effet, cette introduction répétée de l'alcool détermine la congestion, l'inflammation, une sécrétion plus ou moins abondante de mucus ; puis, par le fait de la répétition des mêmes actes, un épaississement, une induration et l'anémie de la muqueuse, la perte de sa contractilité musculaire, et enfin, à la longue, les ulcérations que l'on observe si fréquemment dans les expériences d'alcoolisme chronique qu'on peut instituer sur les animaux. De plus, à tous les phénomènes que je viens d'indiquer, se joint encore une accumulation de liquide aqueux qui causera la pituite des buveurs, le vomitus matutinus auquel sont sujets les buveurs endurcis.
Normalement, l'alcool introduit par l'estomac aux doses que je viens d'indiquer tout à l'heure est rapidement absorbé et subit une oxydation, plus ou moins considérable. Autrefois, avant les découvertes de Pasteur et les études qui les ont suivies, on admettait que l'alcool était susceptible, au contact de certaines matières organiques