‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 10 sur 130 · TROISIÈME CONFÉRENCE · texte numérisé non relu

TROISIÈME CONFÉRENCE

Thérapentlqne somatique.

Remèdes physiques. Chalear ; hydrothérapie et balnéothérapie. Electrothérapie , métallothérapie , magnétothérapie. Lumière. Pression atmosphérique; pneumatothérapie. Climatothérapie.

Remèdes mécaniques. Massage. Orthopédie, thérapeutique chirurgicale.

Remèdes chimiques. Pharmacologie. Signification de la pharmacodynamique comme science biologique spéciale et comme subdivision de la thérapeutique. Pharmacothérapie.

Division de la pharmacothérapie en générale et spéciale.

Messieurs. En regard de la psychothérapie il nous faut placer la somatothérapie. Elle place Torganisme ou des parties déterminées de celui-ci d'une façon directe dans des conditions matérielles autres; elle fait usage des forces et des agents que lui fournit le macrocosmos pour modifier Tétat du corps. Les moyens, les remèdes, qu'elle emploie, comportent le mieux une division d'après leur origine. C'est ainsi que nous SLippMquons des remèdes physiques , quand nous faisons, dans un but curateur, agir sur l'organisme les forces naturelles du monde extérieur; des remèdes mécaniques^ quand nous usons de facteurs mécaniques; des remèdes chimiques^ quand nous utilisons des substances ou des mélanges de substances douées d'affinité chimique.

Arrêtons-nous d'abord quelques instants aux remèdes physiques. Les forces physiques : la chaleur , la lumière , l'électricité , etc. . . , ces agents stimulants qui se trouvent dans l'univers et dont il serait inutile de vous faire remarquer la grande signification qu'ils affectent dans les processus vitaux , nous les employons pour obtenir des effets thérapeutiques , quand nous instituons les soi-disant fraifewenfs physiques. Signalons d'abord la chaleur — le mouvement moléculaire inhibé — dans ses deux variétés extrêmes de forme, par lesquelles elle se manifeste à l'homme: le chaud et le froid. Pour des raisons faciles à saisir, surtout pour qu'on puisse à volonté disposer de tel degré de température qu'on souhaite, on se sert avant tout de l'eau comme véhicule de la chaleur. Tout le système

HYOROTHËitAflE, BAr.SEOTHEHA HIR , EI.ECTKOTUEIIAPIE,

[ des cures par l'eau, des effets thérapeutiques à obtenir par l'eau froide, de l'ht/droChérapie , repose presque exclusivement surlacon- ' naissance de l'influence exercée par le chaud et le froid sur notre enveloppe cutanée. Si l'on comprend avant tout sous le nom d'hydrolhérapie la cure par l'eau froide , on doit cependant considérer comme ressortissant d'elle la connaissance des effets thérapeutiques que l'on peut obtenir au moyen de l'eau de source indifférente — I .c'est-à-dire ne différant qu'insensiblement dans sa composition de l'eau de pluie ou de l'eau distillée , mais possédant une température variable — et de son action sur l'enveloppe cutanée de l'homme. Sur ce terrain se rencontrent la balnéolhérapie , qui enseigne les effets curatifs des diverses eaux de source et eaux minérales , ser- Lvent à l'usage des bains et différant nettement de l'eau distillée »r leur composition chimique, et V hydrothérapie. Il est hors de [doute que dans l'action des bains comme agents excitants des lijléguments, la constitution chimique des eaux joue un rôle accessoire que le degré de température ou l'excitant thermique peut reffeudiquer la part du lion dans l'effet curatif. Ou utilise encore la taleur sous forme d'air chaud et de vapeur d'eau dans les bains litarcs, écossais, romains; le froid sous forme de glare et d'air atmosphérique froid. La connaissance des effets thérapeutiques à obtenir [ dans cette voie ae range pour la plus grande part à son tour dans rl'hydrothérapie et la balnéotbérapie.

J'ai à peine besoin de vous faire remarquer la grande importance dévolue à la lumière dans les processus vitaux des animaux npérieurs et inférieurs. Néanmoins dans la thérapeutique la lumière n'a pas encore pu obtenir la signification d'un agent curateur spécial. Nous connaissons cependant l'influence sédative exercée par la lumière tempérée dans les cas d'affections morales IjBt nerveuses, dans les maladies graves et chez les épuisés; nous lavons que le séjour fréquent à l'air de la campagne agit comme moyen salutaire pour activer les échanges organiques et cela encore par l'influeuce manifeste de la lumière ; nous avons conscience du fait qu'on peut obtenir chez les déséquilibrés moraux et loa aliénés des effets thérapeutiques au moyen des différentes couleurs. A côté de la chaleur, c'est l'électricité qui constitue l'agent phylidque le plus utilisé et le plus usuel. Toutes les formes sous [quelles le courant électrique se manifeste, l'électricité stufique, falvanique et faradique ou induite, sont tenues en grand honneur nr le corps médical. La science électrothérapeutique constitue un 3 chapitres de la thérapeutique les mieux travaillés; il est cultivé BTec soin et prédilection par une fouie de savants éminents. Ab- Lraction faite de la part qui revient à la suggestion dans le traitement ieclrolhérapeutique , nous pouvous signaler les altérations de la seu-

30 ni. THERAPEUTIQUE SOMATIQUE.

sibilité , de la motîlité , de la nutrition des muscles , le ralentissement des échanges organiques, comme autant d'états pathologiques dans lesquels remploi de l'électricité se montre comme un remède énergique.

Permettez-moi de vous dire, en même temps, quelques mots seulement de la métallothérapie et de la magnétothérapie. La métallothérapie est la méthode qui tâche de guérir les altérations de la sensibilité cutanée — les anesthésies , les analgésies , — par l'application de plaques métalliques (cuivre, zinc, or, argent) au lieu même de la lésion. Elle a été conçue dans tout son ensemble par le médecin français Burq. Lors de son apparition, cette doctrine à été rejetée de toutes parts. L'indolence qui est l'apanage de l'esprit humain et qui, par crainte de la nouveauté, par pure néophobie, ne se gêne pas de nier des faits, qui, à un moment donné, ne se rangent pas facilement dans le cadre de' nos connaissances, a été ici encore une fois cause qu'on refusa tout crédit, durant environ trente ans, aux communications de Burq. Nous savons aujourd'hui que sa doctrine a une valeur réelle et qu'on peut influencer les sensations générales et spéciales de la peau par l'application de plaques métalliques de divers calibres en des endroits déterminés; que la grenouille, aussi bien que l'homme susceptible de suggestion, montre sous cette influence des changements de la sensibilité cutanée (Vierordt Jr.). Pour expliquer ces phénomènes , force nous est d'admettre , toute suggestion exceptée, de véritables modifications matérielles, une influence exercée par la température et la pression du métal et la naissance d'un courant électrique (Eulenburg) dû au contact du métal avec la peau humide, courant très faible, mais cependant galvanométriquement constatable.

Nous ne pouvons provisoirement dire la même chose de la magnétothérapie. On ne peut mettre en doute ce fait que la présence de forts aimants, entièrement ouverts, à une certaine distance d'une extrémité paralysée ou insensible, dans le lit du malade, puissent à diverses reprises dissiper l'insensibilité et la paralysie. J'ai plusieurs fois pu constater cette influence favorable de l'aimant à mon service clinique et le professeur Pel a décrit dans le „Nederlandsch Tijdschrift voor Greneeskunde" un cas de mon service, où le voisinage de l'aimant amena une amélioration manifeste d'une paralysie „aterrore". Mais personne jusqu'ici n'a pu démontrer l'existence de modifications organiques, déterminées sous cette influence. Au contraire le fait qu'il est totalement indifférent où se trouve le pôle nord et où le pôle sud de l'aimant ; d'autre part l'observation faite par Sir W. Thompson qu'un aimant colossal, qui entre ses deux pôles présente assez d'espace pour laisser passer la tête d'un homme adulte, ne provoque absolument aucune mo-

METALLO-, MAQNKTO-, PNKUMATO-, CLIMATOTHEKAPIE,

dification dans l'organisme sain, ces deux faits, disons-nous , semblent momentanément prouver que ces modifications matérielles ou bien n'existent pas , ou bien affectent une nature tout à fait autre que celle que nos connaissances des phénomènes du magnétisme doivent nous faire inférer (Herrmann, Kennelly et Pkterson). Aussi sommes-nous pour le moment enclin à croire que dans ce cas l'effet curateur n'est I que le produit exclusif de l'imagination, de la soi-disant suggestion. m Le son n'est pas plus employé comme agent thémpeutique que ^la lumière. On ne peut cependant nier un certain degré d'influence exercée par la succession de sons harmonieux , par la musique , sur le moral, et, sans aucun doute, on peut à. la faveur des sons obtenir d'heureux effets dans les affections morales (viusicothértipie). L Outre les formes déterminées de l'énergie connues : la chaleur et la llumière, l'électricité et le son, on peut encore utiliser comme ret mède physique la pression de l'air atmosphérique anibianl. Dans les altérations de l'appareil respiratoire, de même que dans certaines maladies du sang et des organes héraatopoiétiques , ou peut opérer une cure souvent très favorable par un séjour plus ou moine prolongé du malade dans de l'air soumis à une haute ou basse pression. ffCette méthode curative physique, qu'on a.ppe\lG pneumatothérapie , itilise des appareils , ayant la forme de gazomètres , munis d'un mbout respiratoire, et qui mettent le patient dans la possibilité S'user temporairement d'air comprimé ou raréfié (appareil pneu- Statique de Waldenburg), ou de grandes cloches métalliques, litant les cloches à plongeur , où le malade prend place, pendant ■lie l'air y est comprimé sous une pression, qui surpasse la pres- |ion atmosphérique: „ckambres pneumatiques".

Enfin le climat fournit au médecin l'occasion de combiner les Hivers facteurs appartenant aux forces physiques, la tempérala séclieresse ou l'humidité, la pression atmosphérique, mouvement et la pureté de l'air , pour réaliser des effets hérapeu tiques. Dans cette partie de notre savoir, qui s'occupe s effets exercés sur l'homme pur le climat ou la clitnatothérapîe, décrit en détail et on analyse exactement chacun de facteurs hérents au climat dans son influence curatrice , mais on tient jî . avant tout , compte de l'effet salutaire exercé daus certaines londitions sur les malades par leur vie nouvelle, menée loin des ioccupations de la vie habituelle et de la routine de tous les jours. Toutes ces méthodes physiques de traitement constituent des ressources précieuses entre les mains du médecin expérimenté. Nous louvons donc jusqu'à un certain point regretter que l'enseiguelent de ces branches de notre art ne fait pas partout l'objet do bura spéciaux, mais cette lacune peut se comprendre parfaitement . se justifier par la grande étendue des connaissances que vous

m. THBHAPEL'TIQUE SOMATIQUE.

avez à vous assimiler, pour satisfaire aux exigences de la loi, Voi devrez néanmoins, dans votre pratique médicale, tâcher de voua mettre au courant des effets thérapeutiques réalisables par ces méthodes physiques et, si vous voulez parvenir à cette fin par ui voie non par trop spéciale, j'oserais vous recommander comi guide, entre autres, le livre dn prof. Rossbach, intitulé .Diephyr kalischen Heilmethoden" ou le volume spécial, intitulé; .Les ageiil physiques et naturels" , des Leçons de Thérapeutique du Prof. G. Hayem. Ils vous donneront , sous une forme condensée , une revue de ces différents modes de traitement.

A côté de remèdes physiques il faut ranger les remèdes méci tiiques. Dans la mise eu usage do ces remèdes, dans l'applicatii de coa méthodes de traitement, on soumet des régions difiéreutea du corps à des manipulations prolongées de nature grossièrement mécanique. Nous signalons eu premier lieu l'action de frotter et de pétrir , de tapoter et de flageller , action capable de nous ménager des effets thérapeutiques d'une haute signification. C'est cet ensemble de manipulations que notre collègue, le Dr. Mezger, a élevé au rang d'un système de traitement et qu'il exécute d'une façon si originale, que le prestige de son nom a parcouru toute l'Europe et que maints écrits ont été consacrés à l'étude de son système. Il n'entre pas dans nos vues de vous décrire tous les détails du mode d'action des diverses manipulations spéciales: massage, ef^mtiage, massage à friction, tapotement, et de voua dire comment elles peuvent, dans une région donnée, accélérer le courant sanguin et la résorption des liquides parenchymateux par les voies lymphatiques ; comment le massage constitue un remède efficace non seulement dans les affections musculaires et articulaires, dans les contusions et les entorses, mtiis même dans les troubles d'organes internes. Cette méthode de traitement , appelée massolhérapîe (de fiàatsat , ftârTio , pétrir) ne peut à son tour être considérée ici qu'à vol d'oiseau, et dans ce coup d'oeil nous ne pouvons manquer de vous faire remarquer que cette méthode, loin d'être une invention nouvelle l'esprit humain, fut déjà mise en pratique par les Romains de temps immémorial, par plusieurs peuplades sauvages.

Ce sont en outre des manipulations grossièrement mécaniques qui forment la base principale de la tliérapeuUque ciiirurgicnlt. Tous les instrumenta employés dans la chirurgie opératoire conservatrice, orthopédique, les couteaux et les scies, les trépans et les trocarts , les bandes et les attelles , les compressoirs et les tourniquets, les bougies et les canules trachéales, les corsets et les appareils de soutien, en un mot tout r„armamentarium" chirurgical ne nous apparaît que comme une longue série de remèdes mécaniques. Séparer ce qui est connexe, réunir ce que de grandes in-

MASSAGE, MÉCANOTHÉKAPIK. MK[Jlt:AM, CHlMUit'BS. PHAllMACOLOGIE. 33

suites mécaniques d'ordre externe ont disjoint et réparer ainsi le trouble occasionné â l'harmonie fonctionnelle, voilà bien ce qui constitue un des fondements les plus significatifs de la pratique chirurgicale.

Nous arrivons enfin à la dernière classe de remèdes aomatiques: aux remMes chimique!^, constitués par des substances pares ou par des complexus de divers corps chimiques, provenant d'un des règnes végétal, animal ou minéral. Ces substances sont mises en contact avec l'organisme vivant on introduites dans te milieu intérieur, â l'effet de guérir. Nous les nommons drogues, remèdes pharmaceutiques, médicaments, fu^.uaxot.

La connaissance des médicaments , dans sa conception la plus large, (dont la vente, dans les Etats bien organisés, est soumise il des lois déterminées et â. une réglementation sévère) , s'appelle la pharmacologie. La pharmacrignonie de son côté s'occupe de l'origine des médicaments, de leur composition, des moyens de les reconnaître, en un mot de leur histoire naturelle. La pAarmaeie rentre dans cette dernière branche; elle comprend l'étude de la composition chimique des médicaments, des propriétés de pureté qu'ils doivent posséder , de la manière de les préparer et de la forme dans laquelle il convient de les délivrer, pour répondre le. mieux au but thérapeutique. Enfin une partie spéciale de la pharmacologie , à laquelle nous donnons le nom de pbanuacodynamie {ifûtiaaxov ^= médicament, Sùfainç ^ force, pouvoir), traite de ta puissance d'action des remèdes , de leur pouvoir de faire disparaître des troubles fonctionnels déterminés. La pharmacologie comprend donc la pharmacognosie , la pharmacie et la pharmacodynaraie. Nous avons à peine besoin de rappeler à votre souvenir que, dans les Etats bien organisés, le gouvernement a la charge légale d'éditer un traité officiel , qui énumêre les médicaments , dont chaque pharmacie doit être approvisionnée , décrit les propriétés qu'ils doivent posséder et signale encore une série de particularités se rapportant aux ipâ^iiaita.

Inutile de vous dire qu'ayant charge de vous initier à la pharmacodynamie , nous nous confornoerons avant tout au code Néerlandais, à la pharmacopée Néerlandaise, dont la S^ édition a reçu la sanction légale, en 1890. Mais nous ne pouvons cependant restreindre notre horizon au point de passer soua silence une série de médicaments qui à tort sont tombés dans î'oubli et nous ne croirions pas avoir convenablement rempli notre tâche, si, pour la raison susdite, nous n'appelions pas aussi votre attention sur cette foule de nouveaux remèdes, croissant tous les jours en vogue et en nombre, que notre pharmacopée ne meu- ^Bfeniie pas.

Nous passons maintenant à. l'exposé de la pharmaco^ynamie proprement dite : de la science des remèdes , à laquelle on applique souvent le nom de thérapeutique, prenant la partie pour le tout. Nous ne saurions mieux définir son but, sa teneur et son caractère qu'en vous disant qu'elle tâche de découvrir les propriétés actives des médicaments par le concours exclusif des méthodes, dont se servent les sciences naturelles. En tout premier lieu elle rassemble des observations au lit du malade , elle tâche de collecter des faits empiriques dûment constatés et puis elle s'efforce d'expliquer ces faits empiriques grâce à l'observation el à l'expérimentation. Elle rejette, à l'heure actuelle de notre développement scientifique , des exi)lieations que vous retrouverez dans le système des signatures. Elle peut comprendre que dans l'histoire de la science il ait existé un temps où l'on croyait pouvoir faire dériver la vertu médicatrice des drogues de leur forme ou de leur couleur , où l'on expliquait l'action soporifique des têtes de pavot par leur apparence arrondie, conforme à celle du crâne, les ellets avantageux de la chélidoine dans l'ictère par sa couleur jaune , l'action styptique du lapis liieniatites par sa coloration rouge de sang. Elle n'attache aujourd'hui pas plus d'importance à ces explications qu'à cet autre mode de vouloir résoudre des problèmes par des périphrases, mode contre lequel MoLièftE fit jadis entendre sa critique mordante et qu'il caractérisa si bien de ce trait satirique : „Qunre opium facit dormire? Quia est in eo vis dormitiva." Son but est de découvrir le lien causal existant entre la substance introduite dans l'organisme et les effets curoHfs, obtenus en clinique avec la même substance Le soi-disant «post hoc, ergo propter hoc", le fait d'admettre une relation causale entre deux phénomènes ne présentant qu'une succession chronologique sans apparence d'aucun autre lien, n'appartient pas au domaine de la véritable science. Et cependant en clinique, où par la force même des choses nous devons nous bornera une simple observation de faits, nous en sommes souvent réduits à enregistrer la succession des phénomènes avec une parfaite impartialité. Si alors la succession se reproduit toujours identique sous les conditions les plus différentes, si l'intensité du phénomène attribué au médica^ ment varie régulièrement et proportionnellement à la quantité plus ou moins forte de cette substance introduite dans l'organisme, le fait brutalement empirique devient un fait scientifique et l'exia- . tence d'une relation de causalité entre les deux phénomènes atteir par là même un grand degré de vraisemblance. Il no sera cepeii< dant vraiment démontré qu'après avoir été établi par des Bxpt riences concordantes. Ce n'est qu'alors seulement , qu'on pourra « fournir l'explication. Pour apprendre à connaître l'existence et 1 nature de ce rapport causal, hypothétiquement admis, nous devoi

OBJET ET CARACTÈRE OE [.A PIIARMACODYNAMIE, PHAKMACOTHÉRAPIE. 35

pouvoir faire varier et intervertir toutes les conditions expérimentales. La pliarmacodynamie eut donc une science expérimentale par excellence. Si elle ne s'écarte pas ea cela de toutes les autres sous- . Bcctions de la grande science médicale, elle appartient, A n'en pas I douter, à ces branche» de la médecine qui de nos jours sous l'empire I de l'expérimentation , exécutée avec logique et esprit de conséquence , I ont été largement modifiées dans leur caractère et leur compréhension. La connniasance des modifications que subit l'organisme vivant , j tant de l'homme que des animaux , sous l'empire des substancea I chimiques est d'une importance majeure, non seulement pour le I thérapeute, mais de même pour le physiologiste et le toxicologiste. ' On comprendra donc aisément que, vu la surabondance de ma- I tière, la pharmacologie expérimenluh ttlche de s'élever de plus en I pîaa au rang d'une science biologique, autonome, et qu'elle tend ft se séparer doucement et sans violence de la thérapeutique qui I représente plutôt une science pratique, employant les substances I douées d'énergie chimique dans le but de guérir. Il nous est avis qu'un j pareil divorce est désastreux et irrationnel. On ne peut, dans le l domaine de la -thérapeutique , élever de barrière entre la pratique et lia théorie. Kt en effet l'étudiant en médecine ne s'applique pas à 1 l'étude de la pharmacologie dans le but d'augmenter l'horizon de . connaissances biologiques, mais seulement et exclusivement [ pour se forger des armes et en apprendre le maniement A l'effet I de combattre les symptômes de maladie, à l'effet de guérir des \ malades. La pharraacodynamie est donc une partie de la thérapeutique I aussi bien que la psychothérapie, l'électro- etlabaliiéothérapie, et Lpour mettre fin à toute mauvaise interprétation et disc«s.sion , il , croyons-nous, de tous points recommandable de suivre le ['Conseil du professeur Kobert et de ne plus parler de pharmacody- \ namie, mais bien de j)/iar»Kicof/i('fa/)i>. Mais „verba valent usu" et l'on î servira encore longtemps du mot pharmacodynamie pour désigner I cette partie de la science médicale qui s'occupe de l'action thérapeul tique et [ihysiologique des substances chimiques introduites dans le Y corps soit malade , soit sain. Cette science ne peut être étudiée exclusi- I ■yement ni au lit du malade ni au laboratoire , mais , dans cette étude , Lu pratique et la théorie se joindront constamment dans descondi- I tions telles qu'on évitera une division du travail poussée i\ l'extrême. La phar m a co thérapie se compose d'une partie gMirale et d'une partie spidule. La partie générale ou \ix phannncntbéntpit générale truite de l'action des médimmenis en général; la partie spéciale ou la pftflnwaeotkérapie spéciale s'occupe de l'action de chaque Médicament ri) particulier. Nous consacrerons , Messieurs , les leçons qui vont suivre à l'eviiosé ft'dfi la pharmacothérapie générale.

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