CONDITIONS, METHODES ET DEGRES D HVPNOHE
i^u'il va dormir . ou , en d'autres termes , suggérez-lui le sommeil. C'est ce dernier point qui présente la plus grande importance: dites, redites, et répétez encore sur un ton ealme, ferme et convaincu , que le patient s'endormira insensiblement. Dites, pendant que vous le fixez ou que vous lui prenez le pouls, qu'il sent probablement déjà une certaine fatigue , une sensation de lourdeur et de somnolence envabir son organisme , que ses paupières vont bientf^t vaciller, e'oeclure etc. Et quand alors, chez l'un plus tôt que chez l'autre , la fatigue se montre réellement et que les paupières commencent à se fermer, dites au patient qu'il ne peut tenir les yeux plus longtemps ouverts et fermez les paupières par une douce pression. C'est alors qu'est arrivé le moment propice pour commander, dirai-je, le sommeil et pour suggérer , après quelques moments d'attente, toutes les idées qui ont pour but d'amener des modifications avantageuses dans les symptômes morbides.
Beknheim et MoLL affirment que , par ces manifestations et suggestions , et d'autres du même genre , sur cent ],>ersonueg vingt environ peuvent être mises en hypnose profonde; 40 présentent un sommeil d'intensité moyenne, 15 un sommeil superficiel et enfin 20 à 25 restent entièrement réfractaires. La justesse de ces pourcentages me parait contestable, moins quant au nombre de réfractaires, qui me semble estimé trop bas, que quant au nombre d'individus susceptibles d'une hypnose profonde, qui me semble d'une estimation trop élevée. Le 1' degré de Vhi/ptiose, le sommeil superficiel, rappelle surtout l'état de fatigue, qui fait suite au travail chez l'individu bien portant et qui précède le sommeil physiologique. Ces personnes comprennent tout, gardent la conscience, mais ressentent une impression de caîme et de repos, combinée à celle de fatigue. Leur volonté est intacte; elles se réveillent aussitôt et prétendent, après réveil, ne pas avoir dormi. Dans ]G2'^degré, la volonté n'est plus intacte. Dans cette période , stade de catalepsie , comme Charcot l'a appelé, le bras soulevé par la médecin ne retombe plus, il existe de la flexibilité cireuse. Le sommeil n'est pas profond, mais il existe d'une façon incontestable, quoique l'hypnotisé comprenne encore les paroles qu'on lui adresse. Si on lui souffle légèrement sur la figure ou qu'on lui ordonne d'une manière apodictique de se réveiller, on remarque parfaitement à la manière dont par ex. il se frotte les yeux, se dégourdit, qu'il a sommeillé ou dormi. Kt cependant il se souvient de tout ce qui vient de lui arriver. Dans les stades plus avnnch, de létkargiie, de soMnnmbiilisme , les mouvements volontaires se perdent partiellement ou totalement; l'iiypnotisé est susceptible de manifester les diverses halluriiiatiom sensorielles qu'on veut lui suggérer ; il peut '"
i yeux ouverts. Au réveil la conscience de ce
22 II. THERAl'EUTltiLiK l'aVCHIQUE.
pendant l'hypnose est abolie et dans les degrés les plus înïc de l'hypnose, on peut provoquer chez ces individus des suffffeglio posthjfpnotiqufs c. à. d. qu'on peut leur suggérer des idées, desacta à exécuter plus tard, en dehors du sommeil hypnotique, san qu'ils se rappellent la cause et la date de la suggestion de ces idé«
Peut-on se convaincre facilement et clairement de la productioa a par suggestion , dans l'état hypnotique , de modifications organiquai matérielles? Cela peut se réaliser strictement pour autant que ( modifications aient des rapports avec le calibre des vaisseaux ei"^ l'état d'excitabilité des nerfs vnsculaires. Il n'y a rien de plus facile que de suggérer durant l'iiypnose au malade l'image d'un froid intense, de voir naître sous cette influence de la chair de poule et une pâleur générale ; de provoquer par suggestion en un endroit, i déterminé de la congestion, de l'hyperéroie. Mais, à côté de cm à modifications matérielles produites pendant l'hypnose, on en peuftj voir apparaître de pareilles par la soi-disant suggestion posthy] notique. A preuve la douleur diminuée, levée ou transférée aprdsfl réveil; la surexcitation ou le ralentissement fonctionnels (fréquencoj du pouls , contractions intestinales , menstruation , et
Permettez-moi, Messieurs, pour vous faire apprécier ces pbé- I nomènes, d'appeler pour un moment votre attention sur un des faits bien connus, qui se présentent dans le cours normal de l'existence. Vous savez que lors du passage de l'état de veille à l'état de sommeil , l'on est dans les meilleures dispositions poUr imprimer dans son cerveau des idées fixes. On est alors suscep- \ tible, comme l'on dit, d'autosugr/eslion. Si par ex. au moment où nous allons nous coucher nous avons l'idée bien arrêtée de nous éveiller et de nous lever le matin à une heure déterminée , il ne s'agit d'autre chose que d'une autosuggestion. Si au moment du coucher, nous songeons constamment et sérieusement à l'heure du lever , il est tout â fait certain que cette idée nous conduira au réveil à l'heure en question. Voilà une expérience vieille comme le jour. D'autre part, durant le cours de la journée, on pourra se proposer de se lever à temps le lendemain matin et cependant ne pas ae réveiller, si l'on n'en a pas renouvelé le ferme propos au moment même de se mettre au lit. Personne ne verra dans cette autosuggestion un fait étonnant; on la compte plutôt comme un phénomène appartenant à la marche normale des choses. Si donc nous pouvons au moment du coucher nous suggérer à nous-mêmes une idée, qui, à un moment déterminé, conduit à une modification importante de notre organisme, nous comprendrons facile- i ment que, sous des conditions identiques, nous pourrons fixai dans l'esprit des autres des idées suivies de modifications orga< niques d'égale importance. D'ailleurs qui de nous ignore la sus»
iDGQESTIBILITÉ. EFFETS THÉRAP. DE LA SUGGESTION ET DE I.'hYPNOSE. 23
ceptibilité de l'âme humaine pour la suggestion? La suggesfibilité eat dans la vie sociale le levier qu'utilisent sans cesse les professeurs et éducateurs , les généraux et orateurs , les tribuns fanatiques I çt les prédicateurs, pour solliciter des actes.
■ Quant aux effets thérapeutiques de la suggestion et de l'hypnose , *'fla existent indubitablement chez les individus hypnotisables. On peut les constater aisément dans une série d'affections chroniques, accompagnées de sensations anormales, de douleurs, de parésie, d'une diminution d'action de certains appareils d'inhibition etc. . . , snafique, par exemple, se trouve souvent fortement amendée; doit ici suggérer la diminution de la douleur; on suggère au latient une élévation de température de plus en plus forte du membre, la disparition de la douleur parallèle à cette augmentation ) température. L'hypnose a souvent aussi une influence favorable lur r^urhe nocturne du jeune âge ; elle agit en activant la fonction B appareils qui servent normalement à la constriction de la vessie. . fixera dans l'esprit du patient hypnotisé l'idée de l'impossibilité où il se trouvera désormais d'uriner dans le lit, de la né- Èssité de s'éveiller dès que le besoin d'uriner se fera sentir. Pour I fournir un dernier exemple de l'intervention vraiment active ' des suggestions faites à des individus sensibles durant l'hypnose, nous vous citerons la côhatipatioti chronique (porel). On suggère au patient que chaque jour il aura à satisfaire utilement le besoin de la lldéfécation à une heure fixe, après avoir durant l'hypnose exercé lui certaines manipulations abdominales et lui en avoir rerêsenté l'action infaillible sur la défécation.
) avons à peine besoin de vous dire qu'il serait contraire but de ces leçons de vous faire passer en revue tous les le la thérapeutique hypnotique. Nous n'avons en vue d'autre que de vous initier à la portée générale des remèdes psychis. Nous pourrions donc bien nous y être attardé déjà trop mgtemps. Cependant la gmnde actualité du sujet nous oblige de lucher encore à certaines questions, qui s'y rattachent. Peut-on l'heure actuelle — permettez-nous de poser d'abord cette quesn — donner des indications précises pour l'application de l'hype? Existe-t-il aussi des contre-indications?
I faut poser avant tout la condition que ce mode thérapeutique
t et reste l'apanage exclusif du médecin praticien. Une expérience
BTsonnelle acquise durant ces dernières années nous conduit il formu-
• l'opinion que la spécialisation , qai donne tant de garanties pour
I progrès scientifiques et thérapeutiques dans la manipulation
journalière des instruments spéciaux servant à l'oculistique , à
votiatrie, la laryngologie , la gynécologie etc. est aussi d'vu
|icont*stable dans le traitement hypnotique. Pour ne f
24 n. THERAPEUTIQUE PSYCHIQUE.
compris, ajoutons-y que le médecin ordinaire, que le médecin de famille ne pourra jamais se soustraire à faire ce traitement lui-même, du moment où on le désire. Le traitement hypnotique n'exigeant pas de stage spécial , chaque médecin doit être , de par son métier, assez psychologiste pour pouvoir mettre en pratique cette thérapeutique psychique spéciale. Ce n'est que de cette façon qu'on pourra parer aux abus. Jamais on ne devra provoquer le sommeil hypnotique pour des besoins et des représentations, qui ne ressortent pas du domaine de la thérapeutique. On ne devra surtout provoquer de suggestions posthypnotiques à ceux qu'on aura placés dans l'état de la fascination somnambulistique que dans un but curatif. Quoique en effet, à notre avis, il n'y ait pas de raison suffisante pour admettre que durant le sommeil hypnotique on puisse amener le patient à accomplir des actes manifestement contraires à sa conscience morale et capables de le transformer en un être dangereux pour son semblable, nous ne voyons pas non plus qu'il puisse germer dans le cerveau d'un praticien honnête V idée d'exploiter cet affaiblissement nerveux d'un ordre spécial à un but autre qu'au bien de son patient. Nous nous opposons sévèrement, au même titre, à tout genre de représentations publiques. Pourrait-il jamais entrer dans l'intention d'un médecin d'exécuter devant un auditoire nombreux de profanes ses traitements à l'arsenic, au protoxyde d'azote, à l'électricité? L'hypnotisme entre donc exclusivement dans le champ d'action de la thérapeutique. Mais ici se pose la question : quand devra-t-on appliquer cette thérapeutique psychique? Quand devra-t-on y renoncer? On ne possède pas, que nous sachions, des indications et des contre-indications nettement circonscrites. Nous ne partageons pas non plus l'opinion de ceux qui admettent que cette méthode de traitement trouverait avant tout son application chez les neurasthéniques et les hystériques. Nous le croyons d'autant moins que ces individus , par leur faiblesse psychique , sont rendus souvent moins aptes à concentrer leur attention. Nous croyons aussi de notre devoir de signaler le danger qu'on court , dans l'application de cette méthode symptomatique par excellence, de s'égarer dans les sentiers de l'empirisme le plus brutal; le danger de se laisser séduire par la facilité de conjurer un symptôme isolé, de négliger ainsi la recherche de la relation des phénomènes , et avec le manque de diagnostic , de ne plus estimer à sa juste valeur ou d'abandonner bénévolement, au grand préjudice du patient, l'indication causale. Nous nous voyons enfin obligé de vous faire connaître encore une cause d'erreur, qui entoure le jugement à porter sur les effets obtenus durant et après l'hypnose , et qui est due à l'automatisme et à l'obéissance passive des malades. Ceux-ci recourent volontiers à une
' INmCATIONS ET COUTRE-INDIC. DE LA SUGGESTION ET DE L HYPNOSE,
Bpia fnrna" et rendeut ainsi extrêmement difficile et même impossible au médecin le fait de décider si les sensations, les phénomènes et les actes suggérés sont exclusivement l'effet de son intervention ou s'ils sont simulés par le malade pour plaire à son médecin. Mais , si nous faisons abstraction de tout ce qui précède , il nous semble qu'on peut poser l'indication de l'hypnotisme partout où, chez des individus susceptibles de aoinmeil hypnotique et de suggestion , il existe depuis longtemps des sensations anormales , des névralgies, des parésies, des arthropathies chroniques, etc. ..et où d'autres remèdes ont échoué. De plus l'hypnotisme lui-même possède encore un effet suggestif dans un autre sens. Le patient comprend que le médecin s'est imposé une tâche diflBcile; il est frappé de la longanimité et du dévouement, avec lesquels le médecin s'occupe de lui seul , durant un temps relativement long , et du fait qu'il paie de toute sa personne pour amener la guérison ; le contraste avec l'intervention habituelle du médecin , se réduisant d'ordinaire, pour toute participation à l'oeuvre curatrice, il la prescription de médicaments ou d'un régime, lui fait encore plus apprécier ces plus amples sacrifices. La confiance du malade vis-à-vis du médecin devient de ce chef si sincère et si intense , qu'à elle seule elle suffit pour accélérer le rétablissement.
Du reste nous regardons comme non motivée l'accusation portée contre l'hypnose: qu'elle est capable d'exercer une funeste influence sur la volonté propre du patient , de troubler chez lui le sentiment de son individualité. Au contraire en produisant le sommeil hypnotique le médecin n'a qu'un seul but: c'est d'affermir la volonté de son malade et de lui suggérer des idées capables d'augmenter l'influence de ses appareils d'inhibition. Or, à notre avis, jamais, au grand jamais, il ne peut être question, nous vous le disions déjà, de l'application du sommeil hypnotique à uu autre but que l'indication thérapeutique. Il nous semble douteux que l'hypnose soit appelée à remplir un r6le prépondérant dans la thérapeutique usuelle. Il existe actuellement déjà des signes qui nous permettent de conclure que la vogue de la thérapeutique hypnotique commence à baisser. Le caractère éminemment symptomatique de ce mode thérapeutique, la grande difficulté d'écarter les nombreuses sources d'erreurs, de fraudes et d'illusions, à cflté des effets brillants obtenus de ci de là dans cette voie, nous expliquent suffisamment les fluctuations de l'estime, dont ajoui et dont jouit encore la méthode. Quant aux contre-indications à faire valoir contre l'hypnose, I il faut, à notre avis, considérer comme telle une certaine faiblesse I fonctions psychiques , voisine de la psycliose. l Encore une question pour finir: Le sommeil hypnotique peut-il ^e identifié avec lo sommeil naturel? BitAioétaV' >rtion
26 II. THéRAPEUTIQUE PSYCHIQUE.
évidente. Dans le sommeil naturel l'esprit , au moment du coucher , s'occupe toujours de plusieurs objets et s'en désiste aussitôt; dans le sommeil hypnotique il existe une concentration d'attention provoquée par l'hypnotiseur , armé de ses passes. Bkrnhbim n'attache pas une grande importance à cette dififérence. Pour ce qui nous regarde , nous nous rangeons volontiers à l'avis de Braid. D'après notre manière de voir, le sommeil naturel n'est pour ce motif nullement utilisable dans le même but que le sommeil hypnotique ; l'individu qui dort n'est probablement pas du tout susceptible de prendre les suggestions qui lui sont octroyées par la voix d'une autre personne, tandis que chez l'hypnotisé la suggestibilité en général et celle en particulier pour des idées que lui impose l'hypnotiseur , est énormément accrue. Dans le sommeil naturel il ne peut nullement être question d'un rapport entre le dormeur et celui qui lui adresse la parole durant ce sommeil.
Un remède psychothérapeutique d'une valeur inappréciable qu'on peut ranger à côté de la suggestion à l'état hypnotique ou mettre en opposition avec elle, c'est la suggestion à Pétat de veille. On doit considérer comme curieuses, mais parfaitement explicables, les guérisons obtenues au moyen de ce procédé suggestif par des médecins en renom. Ceux-ci , connus partout pour leurs traitements spéciaux et consultés par une foule de malades, se présentent comme des personnalités conscientes de leur savoir et parviennent à imposer la confiance. J'en ai vu ordonnant d'une voix forte et avec un regard perçant aux paralytiques de marcher et les paralitiques marchèrent, parce que le docteur leur avait dit qu'ils savaient marcher. C'est une suggestion et rien qu'une suggestion, quand vous certifiez à votre patient, souffrant d'une maladie plus au moins organique, qu'il se remettra et qu'après cette affirmation il se sent mieux, plus fort et plus dispos. Ici, comme ailleurs, l'attention, la foi et Tespoir combinent leur effet dans l'âme du malade pour amener cette amélioration, et ce mieux est d'autant plus caractérisé que le malade s'est imposé plus de sacrifices pour aller consulter le docteur ou professeur universellement renommé.
Le médecin qui ne sait pas faire un usage propice de cette foi , de cette confiance, qui est trop peu psychologiste pour en imposer à son client , perd , au grand détriment de lui-même et de ce dernier , le bénéfice de ce grand levier capable d'opérer une guérison temporaire et même durable. La grande puissance de la suggestion ressort, entre autres, d'une communication faite , je crois , par Richet et qui m'est encore bien présente à l'esprit.
Un des cliniciens de Paris avait dans son service une hystérique clouée sur son lit depuis des années par l'anesthésie et la paralysie. Un beau matin il examine encore une fois avec soin la malade.
EFFETS THÊRAP. DE LA SUGGESTION à L'etAT DE VEILLE. 27
décide ensuite, de concert avec son assistant, de la médication à instituer , mais à voix si claire et si forte que la malade peut tout entendre. Il dit en hochant la tête: «il existe un dernier remède mais il est si dangereux que j'ose à peine l'administrer ; mais osezvous , dit-il en s'adressant à la malade , tenter l'expérience , je suis néanmoins prêt à vous prescrire les pilules fulminantes. C'est notre dernière ressource et un remède ultra-énergique". La malade se déclare tout disposée à le prendre. On prescrit quatre pilules dont elle en prendra une au maximum dans la journée. Le lendemain la malade est ressuscitée ; son désir de guérir et sa foi dans l'effet miraculeux des pilules avaient été si intenses que, raconte-t-elle en hésitant, elle avait pris deux pilules au lieu d'une. Ces pilules étaient composées , notez-bien , exclusivement de mie de pain ; peu après elle avait ressenti une sensation comme si elle eût été frappée de la foudre et depuis ce moment elle s'était sentie tout à fait rétablie.
H nous serait facile de vous exposer encore bien des anecdotes tout aussi authentiques, arrivées ici ou ailleurs, et il nous vient presque l'envie de vous décrire en quelques traits l'étonnante guérison qu'opéra Boerhaave à l'orphelinat de Katwijk; mais le seul exemple précité vous a suffisamment convaincus de la signification de la suggestion à l'état de veille.
Concluons en constatant que la suggestion est un des leviers les plus importants dans la pratique médicale et que la floraison, dont jouissent presque toujours les nouveaux médicaments et les nouvelles médications, est due pour une grande partie à la suggestion des praticiens et des malades.