IV. Thymol = métaméthylparapropylphénol = CH, < OH
C.H,/ Ce corps, qui est un éther phénique , forme de beaux cristaux et
CRS80L; SOLVEOL ETC.; THYMOL.
rappelle par son aspect de mùine que par 3on odeur aromatique les camphres, â la ramille desquels d'ailleurs il appartient. Il forme l'élémeDt principal de l'essence de tkym (provenant du thymus vulgaris, thymus serpillura) et de la monila japonica. Le thymol montre à un degré très développé l'activité antiseptique des huiles essentielles, qu'on connaissait déjà dans les temps les plus anciens (on n'a qu'à songer à l'embaumement des cadavres au moyen des huiles éthérées). Son action antiseptique énergique ne fait de doute pour personne et en solution à !"/„ il se montre plus propre que le phénol en solution à 1 — 2"/^ pour empêcher la putréfaction, arrêter les fermentations et tuer les bactéries. Et cependant le thymol ne jouit presque plus d'aucune réputation en médecine. Paquet, en France, et Ranke (Groningue), dans notre paya, ont institué une vaste série d'expériences pour étudier l'action thérapeutique et antiseptique de ce corps et l'ont déclaré un excellent antiseptique chirurgical. Cependant je n'oserais vous certifier qu'il soit employé encore quelque part dans ce but.
Le thymol est difficilement soluble dans l'eau, plus facilement dans l'alcool dilué et concentré. Grâce à son odeur agréable, il a une valeur désodorisante. Il se volatilise totalement par l'élévation de la température tout comme le camphre , quoique le point d'ébullition du thymol s'élève à 230° C. et celui du camphre à 204° G. Mais le thymol est surtout notablement moins toxique que le phénol , la résorcine et la créosote.
L'empoisonnement par le thymol ne sarvient qu'à la suite de l'administration de très fortes doses. Dans ses expériences sur le lapin, HusEMANN vit se produire, après de fortes doses, administrées longtemps par la voie gastrique ou sous-cutanée, une accélération du coeur, de l'apathie, du coma, une paralysielégère, mais jamais une apparence de convulsions, jamais de modification sanguine, comme à la suite de l'administration du phénol. Il arriva, à l'instar d'autres auteurs, à la conclusion que l'action toxique et mortelle est due à de^ modifications fonctionnelles du sy.stème nerveux central, comme c'est le cas pour toutes les huiles essentielles, etc.. A l'autopsie on constata la dégénérescence graisseuse du foie (fait très remarquable, qui se retrouve dans l'intoxication chronique avec d'autres éthers phéniquea , le safrol , etc. : Hafter), de la néphrite , de l'hyperémie pulmonaire et, dans 50°/, des ciis, même de l'hépatisation pulmonaire.
Quelques auteurs prétendent avoir vu survenir des convulsions à la suite de l'injection intraveineuse; mais ces observations ne méritent pas grande confiance, parce que le thymol se prête très mal à l'injection intra-sanguine. Le thymol étant une substance irritante , volatile, on peut se demander ai les altérations organiques
346 XXm. ANTISEPTIQUES OROANIQUKS.
constatées , notamment dans les poumons et les reins , ont quelque chose de spécifique, de particulier au thymol.
Le thymol s'élimine par l'urine en partie comme acide thymolglycuronique , en partie comme sulfate de thymolhydroquinone. L'urine contient en outre, après l'usage du thymol, une matière colorante, qui n'est pas de l'indigo , quoiqu'elle donne avec l'acide chlorhydrique et l'alcool une solution d'un bleu intense ; elle présente une odeur agréable spéciale, rappelant plutôt la menthe poivrée que le thym. Il y a donc tout lieu de soupçonner que le thymol subit dans l'organisme vivant des décompositions qui nous sont encore inconnues.
Usage thérapeuiique. Durant le temps, relativement court, où le thymol fut à la mode dans la chirurgie antiseptique, on l'utilisa pour les pansements sous forme de gaze, d'ouate et aussi en solution à 1 pour 1 00 à 200 dans l'alcool faible ou sous une forme encore plus diluée (notamment 1 gr. de thymol avec 10 gr. d'alcool , 20 gr. de glycérine et eau pour faire un litre). Le thymol convient dans Vodontiatrie (traitement de la pulpite) et pour les inhalations, avec ou sans pulvérisation, dans la bronchite putride, la gangrène des poianons. On l'a utilisé comme antiseptique dans quelques maladies infectieuses fébriles: le rhumatisme articulaire aigu , la fièvre typhoïde , la diphtérie , la parotidite ; on l'a recommandé comme un des meilleurs antiseptiques intestinaux dans le traitement du choléra. C'est un bon anthelmintique en général, et l'anthelmintique spécifique contre l'anchylostome duodénal (Bozzolo). Les doses sont de 200 mgr. à la fois et de 1 à 2 gr. par jour. La pharmacopée néerlandaise, édition III, qui à juste titre a inscrit le thymol comme médicament facultatif, n'en signale pas la dase maximale; car il est très peu toxique. Vanté récemment encore par Lawrie dans le traitement de la chylurie, pour détruire la filaria sanguinis hominis, il ne mérite pas l'oubli, dans lequel il menace de tomber.
V. Deux mots du xylol, le diméthylbenzol , un liquide jaune pâle, transparent, d'une odeur aromatique, rappelant le goudron de houille. Zûlzer, de Beriin, recommanda ce remède comme un excellent antiseptique et désodorisant, tant en usage interne qu'externe , dans quelques maladies infectieuses, et entre autres dans l'épidémie de variole , qui , il y a environ 25 ans , ravagea l'Europe. On le donne intérieurement à dose de 10 à 20 gouttes, toutes les deux heures, en mélange avec du sherry ou un autre vin.
Le xylol se change dans l'organisme en toluol (G, H, CH5)qui,
en se combinant au glycocoUe (CHj /p/^/^rr)» devient acide tolu-
THYMOL. XYLOL. NAPHTALINE.
[.''tîque ') et
a'élimine boub cette
dernière forme par l'urine.
H,, de
P VI. L'usage de la naphtaline ou double benzol, C. noSnie que celui de la créosote, date déjà de quelques années. DuPASQUiER et Emey retirèrent cet hydrocarbure cristallin de la houille par distillation sèche et l'introduisirent dans la pratique médicale. Toutefois ils trouvèrent peu d'imitateura. Il fallut la
■connaissance et la peur salutaire des bactéries pour engager Fûr- BBiNOER et RossBACH à retirer la naphtaline de l'oubli général , où elle était tombée.
La naphtaline , et je voua montre ici de la naphtaline parfaitement pure (naphtalinum puriasimum) — car, pour enlever à la naphtaline tous les phénols, crésoia, etc... qui y adhèrent, il faut la soumettre à une reetiâcation répétée — se présente sous forme de lamelles cristallines, incolores, brillantes et transparentes, presque totalement insolubles dans l'eau , facilement solubles dans l'alcool et l'éther. Elle se distingue surtout par sa volatilité et son odeur de goudron. Ses vapeurs tuent non seulement les petits animalcules (mouches, mites etc...) — et plus d'une ménagère fait dans ce but usage de la naphtaline — mais aussi les diverses
I espèces de mucédinéea. Les bactéries de la putréfaclion ne se laisint que peu influencer par elle et cependant il est un fait, c'est 4n6 la naphtaline, mélangée à des liquides d'origine animale ou ajoutée à des tissus morts subissant facilement la putréfaction , empêche ou du moins ralentit très sensiblement la putréfaction de ces substances. Les schizomycètes pathogènes opposent une résistance relativement grande aux vapeurs de naphtahne. Plusieurs auteurs la recommandent cependant chaudement tant à l'usage externe, comme objet de pansement antiseptique et dans le traitement des maladies cutanées d'origine infectienae et parasitaire, qu'en usage interne dans les processus infectieux du tractus intestinal. Ro&s- BACH, Cantani et Bouchard, entre autres, recommandent dans ce dernier but la naphtaline, comme un des méilicaments antiseptiques les plus appropriés, dans le traitement de la fièvre typhoïde, des diarrhées infectieuses, de la dysenterie, du choléra uiatique et du choléra nostras. Sans exercer une action astringente , na arrêter tes diarrhées , la naphtaline, dans ces conditions, répond
Fà une indication causale et serait'eapable de tuer les schizomycètes pathogènes. L'insolubilité de la naphtaline et son faible pouvoir bactéricide donnent lieu à la supposition, que, dans ces pron'est pas la naphtaline elle-même qui agit, mais une sub-
'jL'addeafétorique^ "-^'O
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848 XXni. ANTISEPTIQUES OROANIQUES.
stance formée au fur et à mesure et en faibles proportions dans le canal intestinal au dépens de la naphtaline. Or, cette dernière théorie est la vraie. La naphtaline donne constamment naissance à de petites quantités de naphtol a et |9. Les naphtols ont une solubilité très forte, sont des antiseptiques énergiques et passent facilement dans le sang. Ils sont, comme nous le verrons, toxiques à forte dose et les phénomènes, qu'on voit quelquefois survenir chez l'homme à la suite de l'usage de la naphtaline du côté de l'appareil uropoïétique : la strangurie, les douleurs brûlantes et incisives dans le canal de l'urèthre, l'oedème du prépuce observé même dans un cas (Pick), le ténesme vésical, ne peuvent être attribués qu'à l'action des naphtols (Wolpp et Ball).
Edlessen, de Kiel, et Penzoldt, d'Erlangen, ont décrit les modifications spécifiques de Vurine, qui surviennent après l'usage de la naphtaline; leurs déductions sont conformes à la réalité des faits observés. Après usage de naphtaline l'urine, séjournant à l'air, se fonce maintes fois et devient môme noire. Le naphtol formé passe en partie à l'état de naphtoquinone — cette naphtoquinone ') est pour le naphtol ce que la pyrocatéchine est pour le phénol — et se transforme facilement par oxydation en présence d'une réaction neutre ou alcaline en des substances d'une coloration foncée. Mais ni naphtol ni naphtoquinone ne se retrouvent généralement dans l'urine à l'état libre. Ils sont fixés en partie sur l'acide sulfurique et de loin en majeure partie sur l'acide glycuronique. Tout ce que nous avons dit plus haut de la source de la coloration foncée de l'urine phénolique s'applique donc pareillement à l'urine naphtolique. La coloration foncée pourra donc totalement faire défaut après l'usage de la naphtaline, s'il n'existe pas dans l'urine de naphtoquinones ou qu'elles n'ont pas été mises en liberté au dépens de leurs combinaisons. La coloration verte, que prend l'urine quand on l'additionne d'acide sulfurique, doit être attribuée à la naphtaline elle-même, tandisque la belle fluorescence, rappelant celle du sulfate de quinine , et qu'on voit survenir quand on ajoute à l'urine fortement diluée de la lessive de potasse ou de l'ammoniaque, est due au naphtol ^ comme tel.
Des cas d'empoisonnement par la naphtaline se constatent rarement. Il est vrai que Evers, qui avait déposé dans ses appartements de la poudre de naphtaline, a constaté sur lui-même toute une série de troubles consistant en : mauvais goût à la bouche , nausées, douleurs térébrantes dans l'abdomen, prurit généralisé et érythème à la région interne des deux extrémités inférieures; mais ce cas est resté jusqu'ici presqu'entièrement isolé. MêmeKAULiNO,
*) Naphtoquinone ^=. Cio Hg Oj.
NAPHTALINE. EMPLOI THERAPEUTIQUE.
expérimentant sur ± 125 hommes, séjournant durant ± 14 jours dans une atmosphère chargée de naphtaline, n'a constaté chez aucun d'eux le moindre trouble morbide. Je faisais tantôt déjà allusion à la possibilité de l'apparition de symptâmes du côté de l'appareil uropoïétique. La naphtaline peut aussi provoquer quelquefois des troubles digestifs, des délires plus ou moins intenses, etc. .. ; on peut même constater l'intolérance via-à-vis de ce médicament (Fronuùller). Un phénomène tout à fait particulier consiste en l'apparition d'une cataracte chez des animaux qui ont été soumis à un usage prolongé de naphtaline (Bokchard, CharrinI et d'altérations nécrobiotiquea de la rétine (Panas, H. Snellen Jr.). Les modifications que subissent les corpuscules rouges sous l'influence de la naphtaline seraient , selon Kolinski , la cause de ces troubles; toutefois cette explication manque de preuves suffisantes.
Usage thérapeutique. La naphtaline fut d'abord recommandée , en usage externe, par Furbrinqer, dans le traitement de la gale et d'autres affections cutanées parasitaires. Fronmui-ler l'utilisa sous forme d'onguent dans les processus uleératifs et inflammatoires de la peau et on l'emploie encore sous cette forme contre les morsures des insectes (Pedkow). Elle doit d'être inscrite dans notre pharmnoopée en première hgne à la confiance qu'ont inspirée les observations de RossBACH, Bouchard, t'ANTANi et d'autres, en son pouvoir de tuer ^sut place", lors de son administration («(prae, lesschizoraycètes pathogènes logés dans l'intestin (bacille de la fièvre typhoïde, vibrion cholérique etc...). Néanmoins, quelque fréquent qu'aît été son emploi dans la fièvre typhoïde , les cas rapportés ne me laissent nullement la conviction qu'elle parvient véritablement à abréger le cours de l'affection ou qu'elle influença les symptômes de la maladie d'une façon plus favorable que les acides dilués, etc. Je ne veux cependant pas contester , que dans certains cas de diarrhées infectiewses, de dysenterie, de choUrines et de choléra, elle n'exerce une influence utile. Je n'en suis pas moins d'avis que l'usage clinique de ce remède doit être relativement réduit et je ne partage pas la manière de voir de Freymann, qui regarde la naphtaline comme étant, à côté du calomel, un des antiseptiques intestinaux les plus actifs. On commence d'ordinaire par 75 à 100 milligrammes par prise, 5 à 6 fois par jour. Notre pharmacopée fixe comme doso maximale par prise 300 milligr, et comme dose maximale par jour 1 gr. En vous' rappelant que la santonine elle-même appartient au groupe de la naphtaline (v. p. 239} vous ne serez pas étonnés d'apprendre que cette substance s'administre aussi comme antheimintique contre les ascarides et les oxyures, quoique Lazzaro eu conteste l'efficacité. Je vous cît<^rai enfin lacommuni-
idaa
cation de Chavernac, qui découvrit par hasard que le séjour dans une atmosphère saturée de naphtaline constitue un des remèdes les plus actifs contre la coqueluche et qui recommande de flaire fondre dans ces cas 15 à 20 gr. de naphtaline sur des charbons ardents dans un vase en faïence. Mais ici encore les observations ultérieures de Koroleff prouvent qu'on ne peut pas être assez sceptique vis-à-vis de nouveaux médicaments contre la coqueluche.
La naphtaline est évidemment contre-indiquée partout où existe de la néphrite , de la pyélite ou de la cystite.
Pour enlever Todeur de la naphtaline, vous pourrez employer le benjoin, l'huile de bergamotte, Thuile de coriandre. En la mélangeant (1500 p.) avec du camphre (500), de la comarine (1), de la nitrobenzine (1) , ou de l'huile de fleurs d'oranger (néroli '/.), on la désodorise complètement (Dittrich).
VII. Naphtol. Nous n'hésitons pas à appeler la naphtaline monohydroxylique cristallisée ou naphtol un agent bactéricide et antiseptique énergique. Il résulte en effet des expériences de Bouchard et Maximowitch que les naphtols a et ^ (voyez p. 312) sont capables d'arrêter le développement des microorganismes de la fièvre typhoïde , de la pneumonie , du charbon , aussi bien que du staphylococcus albus et aureus; que le a-naphtol développe une action deux à trois fois plus puissante que celle du /î-naphtol; que les solutions 0,1**/^ de a-naphtol, ajoutées à des bouillons de culture, amènent le résultat désiré, tandis qu'une culture sur gélatine ou sur agar-agar ne devient totalement stérile qu'après avoir été soumise à une solution 2®/^ de a-naphtol durant 15 minutes ou à une solution 0,3**/^ du même produit durant 5 à 6 jours. Signalons en passant que ces cultures stérilisées ne se montrent toutefois nullement indifférentes vis-à-vis de l'organisme vivant. D'après Bouchard et Maximowitch le a-naphtol joint à son grand pouvoir antiseptique l'avantage d'une faible toxicité.
Quoiqu'il résulte de ces expériences que des deux naphtols la variété a se prête le mieux à l'usage médicinal, il n'en est pas moins vrai que dans la plupart des pharmacopées, et aussi dans la nôtre , ne se trouve mentionné que le naphthol |9 ou isonaphtol et que c'est ce dernier qui sert presque exclusivement à Tusage thérapeutique. Des expériences antérieures avaient en effet abouti à un résultat opposé à celui de Bouchard et MAXiMOwrrcH et l'on avait d'ailleurs cru pouvoir admettre a priori que l'antiseptique le plus énergique devait aussi être le plus fort toxique pour l'homme. Du reste les propriétés toxiques du naphtol ne tardèrent pas à reclamer toute l'attention , quand , après application sur la peau de fortes doses de ce produit, l'on eut vu survenir à différentes
NAPHTOL, ACTION ET EMPLOI THERAPEUTIQUE.
reprises de l'hématurie et île la néphrite, quand ensuite Keisber démontra que le naphtol , administré hypoderiniqueinent chez les animaux (lapin et chien), détermine de l'hémoglobinéraie et de l'hémoglobinurie , avec troubles inflanimatoires consécutifs du côté des reins; loraqu'enfin l'on vit survenir plusieurs fois chez lesaiiimaux la néphrite après un usage prolongé de naphtaline, qui dans l'organisme se change en naphtol. On ne sait pas au juste si Neissek et d'autres se sont servis dans leurs expériences de a~ ou [inaphtol ou bien de quelque naphtol impur. Ilest toutefois uu fait, c'est que Willknz, en expérimentant avec le ^i-tiaphtol pur, a vu cette substance déterminer des convuhionn chez la grenouille et qu'il observa le même phénomène chez la plupart des animaux , les chiens exceptés. II vit survenir chez le chat, déjà après administration de doses relativement faibles, une néphrite mortelle, de l'hémoglobinéraie et de l'hémoglobinurie, tandisque le chien et tous les autres animaux, après un stade convulsîf, présentèrent du coma. Il put constater en outre une action nuisible déterioinée par le naphtol sur le coeur de grenouille et chez tous les animaux il observa une forte action irritative locale, capable, lora de l'administration interne, de provoquer des diarrhées. Il ne vous aura pas échappé que l'action physiologique du |J-iiaphtol, telle que je viens de Li décrire, rappelle à plus d*un titre (convulsions, coma, hémoglobine mie) l'action du phénol.
Emploi thérapeutique. Maintenant qu'il est étabh que le naphtol officinal est le plus toxique , je ne saurais trop vous recommander la prudence dans la prescription de cet antiseptique que protège notre Pharmacopée , malgré même l'affirmation , en partie légitime, de WiLLENZ que le danger est plus apparent que réel , malgré aussi que Shoemakeii attribue la toxicité aux impuretés. On a employé surtout le ,i-napbtol et le naphtol impur en dermutu- Ihénipie, en usage externe, comxnQ panisiticide , contre la i/alr , le psoriasis , Vec^émn , l'ichthyosis , le prurigo , l'acné. L'onguent , recommandé par Kaposi, se compose de: axonge 100, savon médicinal 50, craie préparée 10 ,■ naphtol 15 grammes. Mais cette application n'est nullement sans danger, comme vient de le prouver de nouveau l'observation de Baatz chez deux garçons, souffrant de gale, et atteints d'une néphrite aigué mortelle, après le traitement au naphtol (1894). Dans la laryngothérapie Tissibr a recommandé l'application locale du naphtol camphré contre certaines formes de laryngite chronique.
Le naphtol ne convient que très peu pour Vusage interne. Certains auteurs cependant l'ont employé avec succès, à la place de la naphtaline , dans les diverses affections où cette dernière est ndée, et Pethescu dit avoir uu de beaux succès thérapeu-
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352 XXni. ANTISEPTIQUES OROANIQUBS.
tiques , en traitant la fièvre typhoïde avec du |9-naphtol (3 à 4 gr. par jour). A mon avis, là où Ton veut prescrire le naphtol il sera avantageux de s'adresser plutôt à la naphtaline au dépens de laquelle se forment d'une manière continue à l'intériear de l'organisme de petites quantités aussi bien de a- que de |9-naphtoI.
Berlioz a vanté , en 1891 , une substance obtenue par lui en fondant du naphtol ^ en présence de la moitié de son poids de lessive de soude. Elle se compose principalement de naphtolate sodique et en outre de naphtols et de phénols libres. Il lui donna le nom de microddine et en fit un antiseptique énergique, possédant môme un pouvoir bactéricide décuple de celui du phénol. Ce produit, qui serait beaucoup moins toxique que le naphtol luimême, passe facilement dans l'urine. En solution aqueuse à 3^/^ il rendit de très bons services dans le traitement antiseptique des plaies.
En 1892 Stackler et Dubiep appelèrent l'attention sur le ^' naphtolmonosulfonate de calcium , auquel Ton a donné depuis le nom (TasaproL Les solutions de ce sel se sont montrées capables de stériliser totalement des cultures de tricophyton tonsurans, de vibrion cholérique , de bacille de la fièvre typhoïde , de staphylocoque doré; d'autre part ce sel est dépourvu de la saveur désagréable et caustique du |îî-naphtol. Des expériences provisoires ayant démontré qu'administré à l'intérieur l'asaprol est peu toxique, Dujardin-Beaumetz , Stackler, Bompart, Klein, en ont examiné l'action thérapeutique. Dans ces observations l'asaprol semble s'être montré non seulement une bon antiseptique , mais en même temps un antithermique et un analgésique de valeur, dont on peut prescrire, d'après ces auteurs, sans le moindre inconvénient, des doses de 2 — 4 grammes par jour.
Dans la pratique de la conservation des vins on emploie depuis quelque temps Vasaprol y auquel on a donné à cette occasion le nouveau nom d'abrastol.
VIII. Hydronaphtol. On ne dit jusqu'ici que du bien de l'hydronaphtol. Antisepticité et innocuité, voilà les deux recommandations avec lesquelles on l'a lancé sur le marché. Il dérive probablement du |!J-naphtol et a pour formule Cj^ Hy. OH. Il se dissout faiblement dans l'eau : 1 sur 400 , mais à cette dilution* il se montre déjà capable de tuer le staphylococcus pyogenes aureus. Comparé au sublimé il ne le cède pas beaucoup en pouvoir antiseptique devant ce dernier, car si le pouvoir antiseptique du sublimé oscille entre 1 : 4800 et 1 : 10000 , celui de l'hydronaphtol oscille entre 1: 8000 et 1: 7200. Découvert par Justus Wolf,
NAPHTOL, ASAPROL, HYDRONAPHTOL. 353
il fut introduit dans la pratique par Fowlbr, recommandé par DoCKRELL comme le meilleur remède externe contre Therpes tonsurans, par Clarkb comme un excellent désinfectant du canal intestinal dans la fièvre typhoïde, par Smith comme un remède digne de confiance dans le traitement de la phthisie pulmonaire, etc. ... Et de plus Thydronaphtol n'est pas toxique ! Que veut-on de plus I Mais vous comprendrez qu'aussi longtemps que la preuve de la faible toxicité de ce produit reposera tout au plus sur une paire d'expériences instituées avec des doses très minimes, au&si longtemps que ne sera pas établie la composition exacte de l'hydronaphtol, le médecin consciencieux attendra de plus amples détails plutôt que de se laisser séduire par des recommandations qui toutes sentent la réclame^