VINGT-QUATRIÈME CONFÉRENCE
Antiseptiques organiques. Créoline (lysol, désinfectol, sapocrésol); acides aromatiques; esters et acétones; combinaisons azotées.
A. Créoline. Composition. Action bactéricide. Action physiologique et toxique. Cas d'intoxication survenus dans la pratique. Usage thérapeutique. Son effet dans le choléra. LyaoL Sa préparation et son emploi. Désinfectai. Sapocrésol. SaproL B. Groupe des acides: Acide benzoïque^ son histoire, sa prescription par RoKiTANSKY dans la phtisie. Acide salicylique. Synthèse de Tacide salicylique par Kolbe. Propriétés antiseptiques. Acide salicylique et salicylate de soude. Décomposition du salicylate de soude dans l'organisme. Emploi thérapeutique de Tacide salicylique et du salicylate de soude comme antiseptiques, dans les maladies gastriques et intestinales , vésicales , etc. Différence d^origine de Tacide salicylique. Acides meta- et paraoxybemoïqués. Acides crésotiniques et leur action. Solvéol. Acide oxynaphtoXjue. Groupe des esters et acétones. Base physiologique de leur emploi. C. Groupe des esters: Esters salicyliques : Salol. Emploi thérapeutique comme antiseptique intestinal et génito-urinaire. Action toxique. Posologie. Bécol. Alphol. Crésalol. Salophène. Salacétol. Salithymol. Esters benzoïques: Benzosol. Benzonaphtol. D. Acétones: acétone résorcinesalicylique. E. Combinaisons azotées. Pyoctanineu; motifs de leur emploi ; incertitude de leurs effets thérapeutiques. Thérapeutique tinctorielle. Suc de myrtilles. Indigo. Sulfaminol. Rhodanates de quinoline.
Messieurs. Ce n'est pas un phénomène exceptionnel de voir des médecins , même sceptiques , abandonner à un moment donné leur scepticisme, quand il s'agit de Tentrée triomphale de quelque nouveau remède. Il suffit pour cela que cette entrée se fasse à tambours battants, et que des hommes de marque précèdent et annoncent à qui veut l'entendre la vertu du produit. Souvent alors tout contrôle est jugé inutile, le nouveau- venu est célébré avec passion avant même qu'on sache qui il est, d'où il vient, et quel est l'espoir qu'on peut fonder sur lui. La créoline peut se vanter d'avoir joui d'un pareil accueil, lorsque, il y a quelques années, Pearson la retira du goudron de houille et l'introduisit dans la pratique comme un désinfectant nouveau et en même temps comme un produit dépourvu de toxicité, et qu'un chirurgien aussi distingué que Esmarch eut annoncé au monde ses avantages remarquables dans la chirurgie antiseptique.
CEéOLINE. CONSTITUTION.
IX. La CRBOLISB eat un produit retiré de l'huile lourde du goudron de houille, après que le phénol en a été éloigné. Elle ne représente pas une préparation uniforme.
Nous avons en premier lieu la créoline de Pearson. Relativement peu riche en phénol, elle renferme non seulement des homologues supérieurs du phénol: des crésols, mais des hydrocarbures: de la naphtaline, du phéuanthrène, del'antliracènc ') et desbasespyridiquos. Obtenue par la saponification du goudron au moyen de la soude et de la résine , elle possède la propriété de se laisser très facilement émulsionner, D'après les recherches de Maqdan, 10 gr. de créoline renferment 5 grammes d'hydrocarbures, 1,6 de phénol et de crésols, et 0,1 d'acides résineux.
Nous avons en second lieu la créoline allemande, la créoline de Artmann, qui est constituée d'éléments de l'huile lourde de goudron, distillant entre 180' et 220' C. , et ayant été traités par l'acide sulfurique, éléments qui sont donc à proprement parler des dérivés sulfoniques. Après les avoir traités par de l'alcali en excès, on les mélange avec une huile neutre retirée du goudron. Ce produit ne renferme que peu ou pas de phénols. Les deux espèces de créoline sont des liquides épais, noirs, à réaction alcaline, qui donnent en les diluant avec de l'eau des émulsions laiteuses, ont l'odeur caractéristique du goudron de houille et possèdent des propriétés bactéricidea énergiques.
Il parait toutefois qu'eu fait de pouvoir antiseptique la créoline allemande serait inférieure il la créoline anglaise (et hollandaise). Quoique je n'aie pas à ma disposition pour le moment des expériences comparatives sur les différentes eapècesde créoline, je puis dire, quant â la créoline hollandaise, que le Prof. Forster a pu aisément se convaincre que , à dose de '/, à 1°/, , cette créoline tue rapidement les bacilles de la fièvre typhoïde et le vibrion du choléra.
On a attribué à tort à la créoline l'excès d'honneur de jouir à la fois d'un fort pouvoir bactéricide et d'être dépourvue de toxicité. La créoline, que nous vous présentons ici, ne montre pas, il eat vrai, la môme toxicité que le phénol, mais elle n'est aussi riwn moine qu'un corps inoffensif. C'est ce que vous montrent
) ti'aothncétie :
Le phénanthrène ^ Ci4 Hm.
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