‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 104 sur 130 · M I II · texte numérisé non relu

M I II

L'aothncène » donc deux , le phénanthréne trais noyaux benxoliquee. C'est de l'anthm e dérivent l'alizarine (diuif aathraqninotie) et d'autres matières colorantes.

3S6 XilV. AKTISÊPTIQUas 0RQAKIQUB8.

sur le champ ces grenouilles, auxquelles on a injecté respectivement dans Testomac 30 et 40 mgr. de créoline. Les convulsions manifestes , la surexcitabilité réflexe de la moelle , la perte de la motilité volontaire et de la conscience, qui font que l'animal mis sur le dos ne parvient pas à se retourner, Pensemble en un mot des symptômes vous rappelle le tableau de l'empoisonnement par le phénol. Si ces phénomènes d'intoxication étaient produits par le phénol , j'oserais presque avec certitude prédire une terminaisoD funeste et regarder donc la dose administrée comme une dose mortelle. Mais, dans les conditions actuelles, il est probable que les animaux se remettront complètement , car quelques expériences rudimentaires nous ont prouvé que la créoline hollandaise est 2 à 3 fois moins toxique que le phénol. Aussi ce lapin, auquel on a fait ingérer par voie gastrique 1 gr. de créoline, ne montre pas le moindre trouble fonctionnel ; la créoline toutefois a été bien résorbée, car, conmie le prouve nettement la réaction qu'y détermine l'ammoniaque, l'urine de cet animal renferme de la naphtaline. On peut cependant au moyen de la créoline tuer le lapin. Il faut à cet etfet, d'après Magdan (qui expérimenta sous la direction de Salkowski), des doses de 10 gr. à la fois ou bien plusieurs prises de 5 gr. Chez le chien les effets irritants des fortes doses provoquent de la diarrhée et même du vomissement , ce qui fait qu'il est impossible de le tuer directement par des doses administrées par la bouche, mais néanmoins des doses répétées de 4 à 7 gr. provoquent toujours une altération rénale, caractérisée par de l'albuminurie et de l'hématurie. La créoline n'exerce qu'une faible influence suc les échanges organiques; l'élimination d'urée fut trouvée non changée; l'indoxylsulfate se montra presque complètement absent de l'urine, tandisque la quantité de sulfates éthérés (provenant du phénol ingéré et de ses homologues supérieurs) augmenta sensiblement. Les bactéries de l'intestin éprouvent une forte diminution: dans une des expériences de Magdan leur nombre tomba de 43 millions à 3 ou 4 raillions. On peut conclure de ces expériences, comme de tant d'autres encore, que ce n'est pas seulement au phénol, dont la créoline (Pearson) renferme une certaine proportion , mais à l'action combinée du phénol , des crésols et des hydrocarbures supérieurs, qu'est due sa toxicité.

On a également déjà observé chez l'homme des cas d'empoisonnement par la créoline. On a même constaté un cas de mort à la suite d'injections vaginales et intrautérines faites au moyen d'une solution de créoUne 1 à 27o- La mort survint rapidement au milieu des phénomènes d'un coUapsus prononcé, tout comme dans l'empoisonnement phéniqué. Dans d'autres cas les phénomènes de coma se sont peu à peu dissipés et, si nous signalons la facile

CREOLINK. TOXICITE. EMPLOI THERAPEUTIQUE.

production d'eczéma à la suite de l'iipplication topique comme un signe de toxicité, il ne sera pas moins rationnel de faire remarquer qu'après Tuaage interne de ± 20 gr., pria par trois femmes aliénées, et inéme après l'usage interne de 250 gr., pria par un homme dans un but de suicide, l'on a vu survenir le rétablissement complet. Il n'avait pas moins existé dans ces cas dos phénomènes d'irritation intense du côté de l'intestin, de la diarrhée, des vomissements, de l'inconscience etc.. tous symptômes qui avaient imposé un pronostic très sombre. Il est vraisemblable, mais non strictement démontré, qu'il s'agissiiit dans ces diSerents cas d'une différence de composition, quoique le même nom de fabrique semblât répoudre de l'identité du produit. Il est probable que la proportion de phénols et des crésols renfermés dans la créoline était I)etite dans les cas à issue favorable et , au contraire, relativement marquée dans les cas à issue fatale.

Emploi tkérnpeiitique. Les propriétés particulières de la créoline: son pouvoir de former avec l'eau une émulsion bien homogène , ce qui légitime vraiment le nom de „lait créoline", sa grande puissance bactéricide, lui marquent une place d'honneur parmi les moyens utilisés pour la désinfection des m<i>tin de l'opérateur, des ustensiles en géuéral servant en chirurgie, de diver.") liquides et produits de sécrétion (fèces, crachats, etc.,.). Aussi la créoline joue-trelle un grand rôle dans les dispositions prises par l'arrêté royal de 1891 concernant la désinfection (notre règlement de désinfection). On y signale à différentes reprises la créoline et sa solution 3'/, dans l'eau comme moyens pour nettoyer et laver différents objets contaminés, pour désinfecter les matières fécales de malades atteints de choléra, de typhus abdominal, de dysenterie, pour désinfecter les latrines, etc. . . D'ailleurs la couleur et l'odeur de la créoline rendent toute erreur difficile et il en' résulte un danger d'accidents beaucoup moindre qu'avec les solutions de sublimé, de phénol , etc. . . On peut aussi l'employer pour les pansements antiseptiques; toutefois elle provoque souvent de l'eczéma; ou l'a maintes fois utilisée pour l'irrigation des cavités naturelles et l'aspersion de grandes surfaces. Nous ne sommes pas parvenus jusqu'ici à comprendre pourquoi dans ce cas la créoline présente des avantagea sur d'autres liquides antiseptiques et, en présence des cas d'empoisonnement observés après des irrigations de l'appareil génital de la femme ou bien de la vessie, nous n'hésitons pas de voua dissuader de l'emploi thérapeutique de la créoline.

J'en dis autant de son usage interne, que l'on a préconisé dans

tous les cas où l'on emploie la naphtaline. On l'a prescrite soit en

pilules, préparées avec du mucilage dégomme arabique, soit, comme

^rie recommanda le Dr. Groneman, de Batavia, en solution de 2 à 2 'j.'j,.

En se basant sur l'action qu'exerce la créoline en dehors de l'organisme sur le vibrion cholérique, Groneman essaya la traitemeid rréoHné chez un certain nombre de cholériques. Il prescrivit toutes les heures 1 cuiller d'une mixture renfermant 4 à 5 gr. de créoline sur 200 gr. de véhicule , de telle façon à faire prendre 4 à 6 gr. de créoline par 24 heures. Confiant dans les résultats relativement favorables, obtenus par ce mode de traitement, G. nourrit l'espoir que „nous possédons dans la créoline le remède pour guérir le choléra, pourvu que l'on aît soin de l'administrer à temps et en quantité suffisante". Nous ne pouvons nullement partager l'optimisme de notre collègue des Indes et nous appelons votre attention non seulement sur la toxicité de ce médicament, mais aussi sur ce fait que d'autres auteurs ne disent pas moins de bien d'autres antiseptiques intestinaux (naphtaline , tannin , naphtol , salol , benzonaphtol) , et que le remède spécifique contre le choléra n'est pas encore trouvé.

Récemment, d'autres médicaments ont tâché de détrôner la créoline. Je n'ai pas en vue ici les anytines et les anytols de Hrlmebs, qui ne sont que de la créoline de Artmann , à laquelle on a donné un autre nom. Je parle du lysol, du désinfectol, du sapocrésol, du saprol, et des solvéols.

On pourrait donner au lysol le nom de goudron solubilisé. On mélange l'huile de goudron avec une autre huile grasse (par ex. l'huile de lin) et l'on fait bouillir ce mélange avec une bonne proportion de solution de potasse dans l'eau (1: 2); on traite par l'alcool, on chaufife jusqu'à saponification complète, c'est-à-dire jusqu'à obtention d'un liquide oléagineux, qui, d'après le titre de la concentration, donne avec l'eau des solutions transparentes, incolores, jaunâtres ou brunâtres. Le lysol serait plus antiseptique que le phénol et la créoline; employé à 0.3°/o dans le pansement des plaies, il se montrerait capable de tuer tous les microorganismes en 20 à 80 secondes (Gerlaoh, Schottelius) ; il serait moins toxique que le phénol; toutefois il est si peu inofifensif qu'employé en usage interne il provoque des convulsions et de la néphrite, et qu'appliqué topiquement en solution concentrée, il se montre fortement irritant et caustique. CzERNY, qui l'utilisa à sa clinique, lui trouva très peu d'avantages relativement aux autres antiseptiques et lui reprocha de rendre glissant tout ce avec quoi il entre en contact. Michblsen , au contraire, le vanta comme un excellent moyen dans la pratique obstétricale et gyijécologique. Cramer et Wilmer adoptent entièrement cette manière de voir. Haug à son tour le recommande dans la pratique otiatrique. Szuman, qui vante à son tour le nouveau remède , recommande néanmoins de ne pas l'utiliser pour le lavage

Biéoune; lysol; désinfectol; sa pociiésoL ; acide benzoÏque. 359

de la vessie, A cause qu'il irrite fortement et provoque des douleurs. Quant â moi, lea avantages thérapeutiques du lysol me semblent si peu fondés, sa toxicité tellement évidente, que je ne saurais voua recommander ce remède dans votre pratique.

J'en dirai autant du désinfectai. Cette seconde — je ne dirai pas meilleure — édition de la eréoline , à laquelle Loewenstein a servi de parrain, constitue un mélange brun-noir, peu fluide, ae composant de savons résineux et de sels aodiques de phénols et de crésols, dissous dans des hydrocarbures. Ce méditîament, recommandé par Beshlin, Gies et Rothë, est déjà presque entièrement oublié et ne mérite nullement qu'on le tire de cet oubli.

En saponifiant le phénol brut du commerce, l'on obtient le s-itpocrtkol , substance très antiseptique, mais d'une valeur thérapeutique douteuse. Le saprol à son tour représente une préparation analogue , mais très mal connue , de la eréoline , qui elle aussi , comme l'ont démontré Gross et Cafpkllo, constitue un antiseptique puissant, mais un médicament peu recommandable.

En Allemagne la eréoline et ses succédanés sont remplacés de plus en plus par lea solvéols , les solutols (p. 344), etc. , qui étant des solutions de réaction neutre, ne se montrant en aucune façon irritants et possédant un pouvoir antiseptique très énergique , aem- . blent convenir à tous les usages médienux et chirurgicaux. Je dis semblent convenir, car il faut, avant de formuler une décision,

re l'expérience ait parlé.

Le second groupe (groupe B) des antiseptiques organiques comprend , inutile de vous le rappeler , lea oxacides et acides carboxyliques. dont je vous signale d'abord l'acide benzoïque et ses sels, notamment son sel do soude.

L Acide benzoïque. L'acide benzoïque et ses sels se sont montrés des bactéricides et antiseptiques très faibles, qu'on n'utilise presque plus dans le traitement antiseptique. Qui pourrait croire qu'il n'y a encore qu'une quinzaine d'années que la découverte de l'action antiseptique et antipyrétique de l'acide benzoïque et de ses sels retentit dans le monde médical comme un nouveau succès thérapeutique? En effet, sans insister sur la prescription du benzoate de soude comme antipyrétique, dont je vous parlerai plus loin, il n'y avait à cette époque pas seulement question des pansements antiseptiques à l'acide benzoïque , du traitement par le même acide de la fièvre puerpérale, des diarrhées infectieuses, etc..., mais un savant portant un nom des mieux connus dans la science médicale, le fils du célèbre Rokitansky, s'appuyant sur la première série de faits expérimentaux démontrant l'origine infectieuse de la phtisie, (ut l'idée de faire inhaler par ses malades phtisiques une solution

aqueuse 5*/^ de benzoate sodique. Il n'hésita pas à signaler lee résultats, obtenus par ce mode de traitement, comme .dépassant toute attente". Or, de tout cela rien — nous disons rien — n'est resté debout. Les bacilles tuberculeux se développent parfaitement, malgré qu'ils soient de toutes parts entourés d'acide benzoïque et de benzoates. Dans aucune clinique , autre que celle de Innsbruck en 1879, on n'obtint de succès par le traitement au benzoate sodique, et c'est encore une question ouverte de savoir ai cette divergence pourrait jamais être expliquée par la difEérence de composition chimique de l'acide benzoïque et des benzoates, employés par RoKiTANSKY et ailleurs. Car il ne faut pas oublier qu'il n'y a qu'un acide benzoïque chimiquement pur, celui obtenu par synthèse, et que les benzoates et l'acide benzoïque, employés en médecine, sont rétirés du benjoin, et contiennent des quantités très variables de substances aromatiques, dont la composition est mal connue.

Du reste, ce n'est pas à raison de leur pouvoir antiseptique, mais bien de leurs vertus irritante, expectorante et antipyrétique, dont nous vous parlerons en temps opportun, que notre pharmacopée a encore repris l'acide benzoïque, le benzoate de soude et le benjoin. En effet l'introduction de l'acide benzoïque dans la série des antiseptiques ne fut que le contrecoup du patronage , enthousiaste dont jouit jadis, en fait de valeur antiseptique , l'acide orthooxybenzoïque ou salicylique.

COOH

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