‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 105 sur 130 · II. Acide salicylique. Nous allons nous · texte numérisé non relu

II. Acide salicylique. Nous allons nous

occuper maintenant de l'oxacide le plus em- Y m

ployé : l'acide salicylique C, H^ 0, =' acide tj A Jl tj

orthooxybenzoïque. \q/

Quand Kolbe et Lautemann furent parvenus à en faire la synthèse, en faisant passer le gaz anhydride carbonique sur le phifiate de soude à 180**— 220° C. , on était dans les meilleures conditions pour étudier systématiquement les propriétés antiseptiques de ce corps. Kolbe démontra expérimentalement sa grande valeur antifermentative. Il lui reconnut le pouvoir d'arrêter l'action de l'émulsine sur l'amygdaline , la fermentation de la bière, l'acidification du lait et de la bière, la putréfaction de l'urine; il fit remarquer que l'addition de faibles quantités de cet acide à la bière, au vin, etc., les préservent longtemps de toute altération. De là à l'usage de l'acide salicylique dans le traitement antiseptique des plaies il n'y avait qu'un pas. Ce pas fut franchi par le

ACIDE bknzoïqlk; acide salicylique.

j(hc

chirurgien de Leipzig, collègue de Kolbb, le professeur Thiersch (1874) La recommandation de Thiersch fut reçue à bras ouverts. Malgré son fort pouvoir antiseptique, l'acide salicylique ne posséderait qu'un pouvoir toxique relativement faible; sa forme pulvérulente en rendrait l'usage très commode pour couvrir les plaies — voilà quelques détails de l'action de ce remède, qui lui valurent un triomphe imporiant et rapide.

Mais ce triomphe a passé depuis longtemps et dans la pratique antiseptique l'acide salicylique a cédé la place, qu'il y occupa durant une couple d'années, au sublimé, à l'acide borique, à l'iodoforme et à d'autres antiseptiques tout à fait modernes. Dans le temps où l'acide salicylique jouissait de tous les honneurs du meilleur des antiseptiques, une question surtout fut beaucoup agitée: celle de savoir si l'action antiseptique et thérapeutique, que l'acide en question développe dans l'organisme, doit être attribuée à l'acide comme tel ou à son sel sodique. Kolbe avait d'un cflté montré par une série d'expériences que les propriétés antiseptiques de l'acide se perdent dans les liquides qui ne contiennent pas ce dernier à l'état libre; d'un autre côté, l'expérimentation thérapeutique ne sut assez vanter les effets remarquables obtenus par le salicylate, de telle sorte que toute distinction, dans le sens thérapeutique, entre l'neide et son se! devint impossible. Cette contradiction ainsi qu'une série d'expériences donnèrent lieu à l'hypothèse que dans le sang de l'organisme vivant, sous l'influence de l'anhydride carbonique, le salicylate se transforme eu acide salicylique Mais cette théorie de Binz, quelque chaudement qu'elle ait été défendue par lui, est en opposition avec nos connaissances chi m ico- physiologiques. L'acide salicylique libre ne saurait subsister dans le milieu sanguin, à réaction alcaline, riche en carbonates alcalins. L'acide y est aussitôt neutralisé et il arrive tout juste le contraire de ce que Binz a supposé. Si, au point de vue de leur action générale, l'acide et le sel se ressemblent, c'est que dans le sang de l'organisme vivant il n'y a que le salicylate de soude qui développe cette action. D'ailleurs il n'y a aucune raison de s'étonner de ce fait. Le saiicylatf lie soude est lui aus?i mh antiseptl/ue, et n'est pas beaucoup inférieur, à ce point de vue, à l'acide; en effet les solutions 1: 666 d'acide salicylique et 1: 250 de salicylate de soude ont un pouvoir bactéricide équivalent (BUCHHOLTZ).

L'acide salicylique et le salicylate jouissent encore de l'estime générale du corps médical. C'est l'action spécifique du salicylate dans le rhumatisme articulaire aigu qui m'a engagé à ranger dans mon schéma pharmacothéra peu tique le groupe spécial des anti- "lermiques spécifiques. Mais ce sel ne mérite pas seulement une

pbKe parmi I» tntrpTrétiqaa • 3 fiuit encore le imnger panni les i^faoUçvïea» <i les «iîixrétîqiKS Xo«b ponrmis donc, en toute tranqîxilHté. ronettz^iphB tari rexfweê de ractioniéeorptiTe, générale, de Tadde Alkjizqiie et des saHeriates.

XoQS n^ATonâ i coQsd»cr id que Tmm§€ ihérapeniiqme de l'acide smficrlîqtxe et de ses sets eomme antisepliqnee; noos devons vous montrer comment Taride, dont la soInbOité est augmentée par l'addition de Tadde boriqoe, n*est solnble dans Tean qn'en proportion de 1 : 600, tandis qiie le aaficrlale de sonde s'y dissont en toutes I^oportionSy tous décrire les quelques indications que ces corps rempHasent encore dans le traitement antiseptique, malgré que leur TOgue soit à son déclin.

Je ne tous parl^iû donc pas seulement de Templâire adhésif anti- 9fptique, dont la substance agglutinative consiste en .une solution alcoolique de guttapercha mélangée d'acide saliçylique" (Trkub), aux ^mafes mlkylîqMes, qui sont encore assez bien en usage,àla/Km(&e m/iofUe , officinale dans la pharmacopée allemande (pulvis salicylicus cum talco, comprenant 3 parties d'acide salicylique, 10 parties de fécule et 87 parties de talc ou de silicate de magnésie), qui rend de si bons services contre les transpirations fétides des pieds; je ne crois pas avoir fait assez en vous signalant l'usage externe de l'acide salicylique en dermatothérapie , en odantiatrie (comme collutoire et gargarisme), en chirurgie (dans le lavage de la vessie et d'autres cavités naturelles en solution à 1: 1000, dans la chirurgie infantile en remplacement du phénol qui est trop toxique), en gynécologie (le traitement du cancer utérin par des injections d'une solution alcoolique d'acide salicylique a donné de beaux résultats a Fapiousse), mais j'insiste surtout sur son usage interne comme antiseptique, n faut signaler ici , en premier lieu les cas d^ectasie gastrique^ accompagnée de fermentations anormales et notamment d'un développement de gaz inflammables, dans laquelle j'obtins souvent de bons effets de faibles doses d'acide salicylique (100 mgr. par prise) ou de salicylate sodique (200 à 300 mgr.), répétées plusieurs fois dans la journée et, selon G. Sée, les cas d'«/?^^r;ï« muco-m«m6raw«//«« avec flatulence. Il faut citer ensuite les cas de cystite , de pyélite et de pyélonéphrite et ceux de paralysie vésicale, s'accompagnant de fermentation ammoniacale de Turine , dans lesquels l'usage de l'acide salicylique et du salicylate , aux doses indiquées , et aussi de salicylatii d'ammonium (Furbringer, Ckllo), arrête la fermentation ammoniacale et fait réapparaître la réaction acide de l'urine. Le Dr. ScHRKUDKR iustitua sur lui-même une série d'expériences qui démontrèrent que l'usage interne d'acide salicylique, de salicylate do Houdo ou d'ammonium , exerce une influence favorable sur lo dogr{» d'acidité de l'urine chez l'homme normal, et que, sous

ACIDE SALICYLIQUE. EMIT.OI THKRAPEITIQUE. AC. CRÉSOTINIQUE. 363

ce rapport, l'action la plus faible appartient au salicylate sodique. Si cette action des préparations salicyliques n'est pas encore élucidée (à part l'action antifernientative et la mort du micrococcus ureae, ces corps exercent probahlonient encore une autre influence, qui détermine l'augmentation de l'acidité de l'urine chez l'iiomme normal), ce fait est relativement indifiéi'ent au point de vue de la pratique médicale, vu l'accord parfait entre l'observation clinique et l'expérimentation physiologique. Enfin, on peut, à. notre avis, attendre de bons résultats de faibles doses d'acide salicylique et de salicylate de aoude dans tous les cas (le diarrhée infectieuse, de eholh-a infantile, et Ozegowski nomme même l'acide salicylique un remède de confiance r.ontre les ténias {5 doses d'acide salicylique chacune d'un gramme, toutes les heures).

n n'est pas nécessaire de vous rappeler que , phyaiologiquement et chimiquement parlant, tous les acides aalicyliques ne sont pas les mêmes. Quoique l'on ait affaire à des produits cristallisés excessivement purs, l'acide salicylique provenant de l'essence de Wintei^reen (oleum gualtheriae) est beaucoup moins toxique que celui préparé par la méthode de Kolbe et celui provenant de l'acide anthranilique (p. 208). Quand jadis l'acide salicylique , préparé par la méthode de Kolbe , renfermait encore du phénol, on observait quelquefois après son usage, tant externe qu'interne, la coloration urinaire caractéristique pour le phénol, mais il est rare aujourd'hui qu'on observe encore ce fait.

Les oxacides isomériques de l'acide salicylique, les acides métaet paraoxybenzoîque et leurs sels (Tbérap. générale , p. 62) n'ont de loin pas le même pouvoir antiseptique que l'acide salicylique. Certains auteurs leur attribuent une action antipyrétique, mais la pratique n'a consacré leur usage en aucun sens.

^B m, Actde CRHSOTisriîUE. Cet acide, C„ Hj if'^ii<^nr\ç\x3 = acide

orthooxytoluylique , doit être considéré comme l'acide salicylique dans lequel un H est remplacé par CH,. Il dérive du crésol de la mfime manière que l'acide salicylique du phénol. Déjà KoT,BE lui reconnut un grand pouvoir antifermentatif. L'acide crésotinique semble être un remède bactéricide très fidèle, tandisque , comme nous le verrons plus tard , le crésotinate de soude développe vis-i-vis du coeur de grenouille la même action que le salicylate sodique. Mais toutes ces expériences ont été faites avec l'acide crésotinique brut, qui représente évidemment un mélange de quantités variables des acides ortho-, meta- et paracrésotinique. H faut admettre a priori, en se basant sur des principes que nous ■ «Tons mentionnés plus haut (p. 62), une différence dans l'action

physiologique et antiseptique de ces divers isomères. Nous exposerons plus tard avec plus de détails cette différence d'action physiologique générale , quand nous parlerons de l'action antipyrétique du crésotinate de soude (Buss). Nous verrons alors que seul le paracrésotinate de soude convient comme remède antipyrétique (Demms), tandisque l^acide métacrésotinique et Tacide orthocrésotinique ne peuvent nullement servir comme médicaments antipyrétiques, le premier à cause de sa faible action physiologique, le second à cause de la paralysie myocardique aiguë qu'il détermine.

Pour le moment, c'est l'action antiseptique seule des acides crésotiniques qui nous intéresse. Or, à ce propos, je dois vous rappeller encore une fois les expériences de ELimmbr et Hubppb, que nous avons déjà citées tantôt à propos des solvéols (p. 359), et notamment Texcellente propriété du crésotinate de soude de maintenir les crésols en parfaite solution.

IV. L'acide oxynaphtoïque G,, H, OH. COOH peut dans un certain sens s'appeler l'acide salicylique de la naphtaline. Malgré les recommandations de Ellbnberqer, Hofmeister, Lûbbers, qui reconnurent sa valeur antiseptique à dose de 1: 1200, il n'a pu s'introduire dans la pratique. Willenz le regarde d'ailleurs comme impropre à l'usage pratique à cause de sa trop grande insolubilité dans l'eau et l'irritation forte qu'il provoque sur les muqueuses. W. fit ses expériences avec l'acide |î-oxynaphtoïque. Mais les sels des acides a- et /^-oxynaphtoïques (surtout les sels sodiques) se dissolvent facilement, ne provoquent pas d'irritation locale plus forte que tout autre sel et passent comme tels dans l'urine. Or, comme leurs propriétés antiseptiques sont équivalentes à celles des acides correspondants, on pourrait les regarder comme se prêtant très bien à l'usage pratique. Mais leur toxicité n'est pas moindre , elle est même plus grande que celle du phénol , des salicylates et crésotinates, et si l'on trouve par ci par là un médecin qui les utilise dans sa pratique (Helbig), nous n'en pouvons pas moins affirmer que pour le moment ces corps ne méritent nullement notre attention. Récemment cependant on a fait la proposition de remplacer dans l'olfactorium anticatarrhal de Haoer le phénol par l'acide «-oxynaphtoïque.

Les troisième et quatrième groupes (groupes C et D) représentent des combinaisons chimiques entre les membres du premier et du second groupe.

Dans les esters les acides et les alcools forment une combinaison stable avec mise en liberté d'eau. Cette combinaison peut ee saponifier, c.-à-d. se décomposer sous l'influence des alcalis en

ACIDE OXVNAPHTOÏQUE; KSTERS ; SALOL. 365

parties constituantes. Celles-là sont également remises en liberté sous l'influence de l'ébuUition en présence de l'eau et des acides; en un mot il suffit que l'eau rentre dans la molécule pour la scinder.

Dans les acétones nous trouvons des combinaisons chimiques fixes, où des acides et des alcools sont réunis par CO.

En administrant ces combinaisons on a surtout en vue d'introduire dans l'organisme une substance, qui n'est que peu on point active par elle-même , mais qui dans et de par l'organisme est décomposée en ses éléments actifs. Ce scindage s'opère le plus facilement en certains endroits déterminés du corps, notamment dans le canal intestinal. De cette manière nous pouvons donc introduire dans l'estomac des substances qui y sont peu actives ou inactives, mais qui, une fois décomposées au niveau de l'intestin grêle, exercent là leur efifet antiseptique énergique et , passant de là dans le sang , développent ensuite leur action générale.

Groupe C. Esters. L'histoire des esters aromatiques est très instructive. Leur usage dans la pratique est lié intimement à l'extension de nos connaissances physiologiques. Nencki, à la suite de recherches sur la saponification des graisses, qu'on peut considérer comme des esters triatomiques (la glycérine est en effet un alcool triatomique), se mit à examiner jusqu'à quel point la trihemoïcine (glycéride tribenzoïque) se scinde dans le canal intestinal sous l'influence du suc pancréatique. Le résultat chez l'homme fut aussi satisfaisant qu'on put le souhaiter. Tout l'acide benzoïque {97'*/J renfermé dans la tribenzoïcine fut retrouvé dans l'urine sous forme d'acide hippurique. Des expériences instituées ensuite avec des esters phénol -sueci nique et phéuol-benzoïque lui donnèrent des résultats parfaitement identiques. Seul l'ester résorcine-salicylique ne fut pas scindé. Ces expériences furent instituées en 1886. Ce fut la même année que Sahli s'adressa il Nencki (qui avait trouvé le moyen général de combiner les acides et les alcools de la série aromatique en esters en les traitant par le trichlorure de phosphore) et lui demanda s'il ne pouvait lui recommander pour l'usage thérapeutique un ester salicylique, possédant les propriétés thérapeutiques de ce dernier acide et de son sel aodique sans leur action nocive sur la muqueuse gastrique. Nencki lui indiqua l'ester phénol-salicylique , et depuis ce temps-là divers esters artificiels ont été introduits dans la pratique médicale , dont surtout les esters salicylîques et benzoïques intéressent le médecin.

Nous nous occuperons en premier lieu des esters salicyliques.

I. Le SALOL , le salicylate de phénol , l'ester phénol-salicylique, dont nous ne considérons ici que l'action antiseptique, met le médecin à même d'obtenir l'antisepsie ou la désinfection du canal intestinal

'une manière assez complète, quand il est administré par l'estomac.

ZfS

De petÉles qnimtrtfr d'aâde aalîeTlîqiie et de phéool — tous les deux des afktûepdqtKs pinsBauilB — sont mises en liberté à l'état naiflsaot d'ane fiiçon ooQâtante le long du canal alimentaire. En effet, k poaToîr saponifiant appartient non seulement an pancréas , mais égakment i la mnqoeose intestinale (voyez Thérap. gén. p. 110) et, quoique i un d^rê tris peu important, à la muqueuse de Testomac (Beale et Graxdb). En outre grftce à la réaction alcaline des sécrétions (Patkci) , le salol, appliqué même extérieurement sur des plaies , se décompose en ses parties constituantes. Mais vous comprendrez en même temps qu'un pareil médicament n'est rien muÀm» qiif%nii^en$if. Les doses de phénol et d'acide salicylique nûs en liberté passent d'une fiaçon continue dans le sang et l'action générale éloignée se fiait aussi bien sentir dans un sens défavorable (toxique) que dans le sens favorable (thérapeutique).

On reproche au salol de produire des effets secondaires désagréables, notamment des troubles sérieux de la digestion^ une albuminurie léghre, un iry thème scarlatiniforme (JosiAS). On lui met même en outre à charge des cas d'empoisonnement avec issue fatale (Chaplowski, Hesselbach: une fille de 22 ans succomba après avoir pris 4 fois 2 gr. de salol à intervalle de 2 heures). Persoune ne montrera de l'étounement quand il nous entend signaler le phénol comme le plus coupable des deux principes constituants du salol. Au point de vue du traitement antiseptique, je ne suis nullement d'avis, que le salol soit venu enrichir l'arsenal thérapeutique*). Si vous voulez administrer un antiseptique actif contre les catarrhes intestinaux chroniques ^ les diarrhées infectieuses des enfants et des adultes, les diarrhées choléri formes , le choléra , la dysenterie , la fièm'e typhoïde , la fièvre jaune , la pyélite , la cystite , la blennorrhée, etc. . . , il n'est nullement nécessaire de recourir au salol. De petites doses répétées d'acide salicylique ou de ses sels: salicylate de soude, d'ammonium, de bismuth, qui n'influencent pas défavorablement l'estomac et qui ne sont pas toxiques, vous donneront le résultat désiré. En prescrivant à vos malades des doses un peu élevées de salol, vous les exposez au danger d'un empoisonnement par le phénol. Si ce danger se borne

*) Le salol ne demande non pins pas à être gardé dans notre provision de médicaments afin de pouvoir déterminer, selon la méthode de Ewald, la rapidité avec laquelle, après usage de salol, la réaction de l'acide salicyliqae apfMkrait dans Turine, pour évaluer la durée de séjour de ce même salol dans restomac et le degré do Tinsuffisance motrice de cet organe. Cette méthode s'est montrée théoriquement fausse et pratiquement sans résultats. Dans ces derniers temps Oederer a proposé de remplacer la kératine dans la dispensation de pilules (p. 2il) par le salol. L'efficacité de cotte salolisation des pilules, de cet enduit salolise, grftce aaqnel le médicament, disi)en8é en pilules, resterait inaltéré au milieu du sac gastrique, ne me semble |)a8 encore rigoureusement prouvée (Dietrich).

8AL0L; betol; alphol. 367

souvent à une néphrite légère, il n'en est pas moins en tout cas plus à redouter que le trouble gastrique provoqué par l'acide salicylique. Le salol , employé même à l'usage externe sous forme de poudre (le salol est presque insoluble dans l'eau), n'est pas à recommander, parce qu'il provoque très facilement île l'érythème (Caetaz). Prenez garde surtout de ne pas doser le salol [qui, abstraction faite de son action untiseptique et anlkelminHqite {Bar- BRRiNi), est chaleureusement préconisé comme antitherraique et analgésique, dans le traitement des rhumatismes, de l'arthrite, de la phtisie pulmonaire, de la chorée , du diuhèle^ comme si vous aviez affaire à un salicylate on à de l'acide salicylique. Le danger menace du côté du phénol, et si l'on ne veut pas soumettre le malade à l'action de doses de phénol beaucoup plus fortes qu'on ne permet pour le phénol lui-même en usiigc interne, on doit se borner à prescrire à l'intérieur 200 mgr. de salol par prise et 1 à 2 gr. par jour '). Relevons enfin les faits, que, d'après Kahjans, le salol tribromé est décomposé dansl'organisme vivant en phénol tribromé et en acide salicylique (particularité, qui intéresse le physiologiste plufl que le praticien), et que Nencki et v. Hkydbn ont cherché à introduire dans la pratique les xylénol-salols , les salicylates de phénol-xylénolisé.

II. BéroL, Ali'hol. Le bétol et l'alphol (naphtalol , aalinaphtol, naphtolsalol) méritent-ils plus de confiance que le salol? Ce sont des esters naphtol-salicyliques et leur second élément constituant, le naphtol, est moins toxique que le phénol. Ces corps, dont le premier fut recommandé en 1887 par Koiîebt, sous le nom de naphtalol ou naphtolsalol , appelé bétol par Sahli , parce qu'il est formé de naphtol |J , taudis que l'autre , l'ulphol, est formé de naphthol a, se laissent moins facilement scinder que le salol. Ils n'occupent de loin pas dans la littérature moderne , quant à leurs inconvénients et leur toxicité, une page aussi noire que le salol. Est-ce parce qu'ils sont réellement moins nuisibles ou parce qu'ils sont beaucoup plus rarement utilisés? Certes la dernière raison entre en ligne de compte, et je ne m'en plaindrai pas, parceque, à mon avis, l'acide salicylique et ses sels aussi bien que la naphtaline, pris isolément, peuvent donner des effets thérapeutiques identiques.

') Od prescrit bien Bonvent Je plus forte« closes hbiis inconvéDiBiitl 11 est probable ijue lians ces couditione une grande proportion de bsIoI ne se décompose pas «t quitte rorganisme avec les matières fécales. L'un peut dans certains cas trouver ni fime des concrémentB de salol dans les intestins (G irode). Mais lÀob les suça pan critique et intestinal Mot sécrétés en abuudance et où toutes les condilions d'absorption des produitd de scindaj^ du utlol sont bien remplies, on expose l'individu aux dangers de renpoisDDDemeQt phéniqué. Et comme on ne sait jamais d'avance jusqu'àquel point conditions se trouvent réalisées, on pent a priori rejeter les fortes doses.

III. CRésALOL. L'on n'est nullement fixé sur la valeur thérapeutique du crésalol , ester paracrésol- salicylique ou paracrésolsalol (il existe évidemment aussi des esters ortho- et métacrésolsalicyliques). Ce médicament a été recommandé par Nbncki notamment pour la désinfection intestinale dans le choléra. Pour autant que nous ayons pu nous renseigner, le patronage de Nencki et les observations de Neisse n'ont pu servir à le faire prescrire par les praticiens.

Dans les dernières années on s'est efiforcé à trouver des esters sahcyliques inofftnsifs, qui mettent l'estomac à l'abri de l'action délétère de l'acide salicylique sans posséder l'action physiologique énergique du salol , du bétol et du crésalol , et ne sauraient inspirer la crainte de faire un plus grand dommage que celui produit par l'acide salicylique lui-même. Ces nouveaux esters inoffensifs sont le salophène, le salacétol, le salithymol.

IV. Le SALOPHÊNB renferme l'acide salicylique combiné à l'acétylparaamidophénol. Or , Siebel a démontré que l'acétylparaamidophénol, dont la phénacétine est l'ester éthylique, même à doses de 4 — 5 gr. , n'influence guère le lapin et provoque à peine chez le chien quelques légers troubles. L'action toxique du salophène dépendrait donc exclusivement, selon Siebel, de l'acide salicylique qu'il abandonne sous l'influence du suc alcalin intestinal; et ce remède, dépourvu d'odeur et de saveur, n'agirait que comme de l'acide salicylique , mais avec cette différence qu'en cas d'administration interne l'effet local de l'acide salicylique ne se produit pas au niveau de l'estomac, mais seulement au niveau du canal intestinal, et que l'action résorptive de l'acide salicylique a lieu tout lentement , au fur et à mesure que le salophène est décomposé.

Cependant la preuve péremptoire de la décomposition du salophène dans l'organisme vivant semble encore faire défaut. Hitsch- MANN du moins trouva des cristaux de salophène inaltéré sur la peau, dans la sueur, après son administration à l'intérieur, et ce fait est en contradiction directe avec l'hypothèse, qui admet que ce médicament soit un ester scindable comme le salol.

Le salophène semble s'être montré un bon remède. Plusieurs auteurs vantent ses propriétés antirhumatismales et analgésiques, tant chez les adultes que dans la pratique infantile. On ne le semble plus employer comme antiseptique.

OH

V. Le SALACETOL C, H^(^^^^ pTT pQ pTT , découvert par Fritsch,

se décompose , selon Bourget et Barbey, dans l'intestin grêle en acide salicylique et en acétol, qui à son tour devient de l'acétone. Ce médicament semble représenter un ester salicylique excessivement peu toxique, doué d'un pouvoir antiseptique assez remar-

CHÉSALOL, SALOI-HÈNK, SALAfÉTIJL , BENZOSOL , BKNZONAI'HTOI.. S69

quable (Ricrettb), qui donne de bons résultats thérapeutiques dans le traitement des diarrhées cholériformes , et dans tous les cas qui se prêtent à la médication salicylique.

^K VI. Le salithymol C, H^ ; „„ j-. p „ a été recommandé très

Hâéceniment par Krollo. C'est évidemment un ester salicylique qui mérite d'être étudié d'une manière exacte, va la toxicité insigniSante du thymol {p. 34). Sans faire de l'opposition contre l'emploi thérapeutique de ces esters salieyliques, je n'ai jusqu'ici pu gagner la cnnviction que, tant au point de vue de l'action générale que locale , il faut les préférer à l'acide salicylique et à ses Bflels, administrés à petites doses répétées.

^b A côté des esters salieyliques il faut nommer les esters benzoïques, ^P I. r.E BENZOSOL (ester gaïacoUbeuzoïque) représente, de même ^^ue l'ester gaïacol-carbonique, uiï ester composé qui, pris à l'intérieur, doit développer l'effet thérapeutique du gaïacol. Sahj^i, voulant connaître plus à fond le mode d'action du gaïacol dans la phtisie , essaya le benzosol dans cette maladie , mais ne put relever aucun effet avantageux. Il estime que le benzosol , jias plus que le carbonate de gaïacol, ne saurait remplacer le gaïacol et la créosote, qui doivent leur effet dans la phtisie à leur action irritante. Mais d'autres auteurs n'ont pas renoncé à la prescription de ces médicaments, malgré ces résultats défavorables. Walzen, Dronke et Hughes eurent de meilleurs succès et dans ces derniers temps le benzosol n'a pas été seulement recommandé sous forme de pastilles , dosant 500 mgr. de médicament , contre la phtisie ; mais aussi contre !e diabète (Piatowski, Lins). Nous regardons cependant provisoirement le benzosol comme un remède superflu et dangereux; dans un cas, relaté par v. Jaksch, son emploi a amené la mort. II. BENZONAPHTOL. Le beuzoate de ji-uaphtol fut introduit en thérapeutique par Berlioz et Grùn, à cause de sa valeur comme désinfectant intestinal et de sa faible toxicité. Totalement insoluble dans le suc gastrique, il serait décomposé au niveau de l'intestin eu acide benzoïque et en naphtol. L'acide benzoïque s'éliminerait sous forme d'acide hippurique et l'usage du benzonapbtol augmenterait la diurèse. Les observations publiées jusqu'ici permettent la conclusion qu'il est supporté, à dose de 5 gr. par jour, sans le moindre inconvénient; mais tandisque Gilbkut, le Gendre, EwALD ue disent que du bien de ai nouvel antiseptique intestinal , KuHN n'hésite pas à le nommer un médicament sans valeur, auquel on ne peut pas se fier.

Pour en finir avec les esters antiseptiques, je vous nomme encore le bensoptira-crhol , préparé par Petit, et les esters oléïques du gaïacol (et de la créosote), l'oléo-yiïiacol et l'uiéo-créosote.

Groupe D. acétones. Les praticiens n'ont pas ajouté jusqu'ici grande foi à leur valeur. D'abord il n'est nullement prouvé que toutes les acétones se décomposent dans l'organisme en leurs éléments constituants. Tout ce que, par exemple, nous savons de l'acétone diméthylique , par les études sur l'acétonémîe et l'acétonurie, plaide plutôt contre la décomposition de cette substance dans l'organisme animal qu'en faveur d'elle. L'acétone représente en efifet elle-même un produit de décomposition de l'acide pseudooxybutyrique et de l'acide diacétique et il n'existe pas la moindre preuve du fait que l'acétone céderait au sein de l'organisme son radical méthylique. Nous savons en outre que l'acétophénone ou hypnone, une acétone aromatique (= phénylméthylacétone) , ne se décompose pas en phénol et en méthyle , mais que la combinaison totale s'oxyde, donne du CO, et de l'acide benzoïque. Ce dernier se combine avec le glycocolle pour former de l'acide hippurique et s'éliminer comme tel par les urines.

Les acétones d'ailleurs n'ont fourni que de maigres résultats thérapeutiques. Et ceci s'applique non seulement à V acétone résorcinesalicylique, qui ne se transforme que très partiellement en acide salicylique et résorcine et dont une grande partie s'élimine sans se décomposer, mais aussi à l'acétone phénol-salicylique et ausalaufol (l'acétone salicylique elle-même). Ce sont toutes des substances , sur lesquelles il est le plus prudent de garder le silence.

Groupe E. Le dernier groupe des antiseptiques organiques renferme les substances azotées. Nous ne faisons pas mention ici de celles qui, comme la plupart des alcaloïdes, sont prescrites en général par le médecin dans des buts tout à fait différents. Nous en parlerons plus tard, et nous ferons pour elles, ce que nous avons fait pour le salophène, qui de par sa nature d'ester a sa place la plus naturelle à côté du salol , etc. , mais qui à la rigueur pourrait avoir été rangé dans le groupe , dont nous nous occupons actuellement. Je ne vous entretiendrai donc ici que delà |>yo<:^amn«, du sulfaminol et des rhodanates,

Pyoctanines. Devons- nous voir dans ce mélange de couleurs d'aniline , inodores et non toxiques , un remède temporairement à la mode ou bien les pyoctanines nous fournissent-elles certaines promesses pour l'avenir? On avait fondé sur leur administration de grandes espérances. Si Dujardin-Beaumetz avait prédît que les dérivés ainidés de la série aromatique se caractériseraient à titre principal par une action antithermique, il existait aussi de sérieux motifs pour attribuer aux substances de ce groupe et notamment aux couleurs d'aniline un pouvoir antiseptique. Penzoldt vit avec raison une relation entre les propriétés d'affi-

■YOCrANlSElS , (.■HflOMirrHERAPIF:.

nitfc ctiimique, auxquelles on a recours pour colorer les bactéries diins le but du diagnostic, et le pouvoir bactéricide de ces matières colorantes. Il engagea Beckh à instituer à ce sujet une série d'expériences et celles-ci eurent un résultat on ne peut plusaatisisant. pKSzoLDT se proposa donc d'utiliser ces matières colorantes lans la pratique antiseptique, mais ce fut Stilling qui prit les levants dans l'application de l'idée. Il rappela le fait que Billroth t un jour caractérisé les 8ub8tance.3 qui colorent les microbes ne l'idéal d'agents antiseptiques, reclierehaat et tuant leur ictéries spécifiques, tout en laissant les tissus intacts. Stilling appela a substance colorante, qui se prêtait ainsi à l'usage antiseptique, ^âa nom de pyoctanine {tti'hi/ = pus, et xrfic(i) = tuer , donc tuant le pus). Il décrivit la pt/oclnnine jaune (auramine) comme un agent facilement aoluble et diffusible, qui, tout en ne possédant pas une puissance bactéricide énergique , n'en présenterait pas moins de grands avantages au point de vue pratique; puis la pyoctanine blancke (le chlorhydrate d'hexaméthylpararosaniline) et la pyoctanine élkylique (le chlorhydrate d'hexaéthylpararosaniline), appartenant toutes deux au groupe du violet de méthyle. Liebkeich fit remarquer qu'on se trompait en voulant voir dans la pyoctanine jaune ou bleue des composés toujonre identiques; que la pyoctynine appliquée en médecine: pyodaninuin coeruteum ou vhht de méthyle, au contraire, représente toujours un mélange de quantités très variables de chlorhydrates de pentaméthylpararosaniline et de hexaméthylpararosanihne et que même la meilleure usine de produits chimiques (Merck) ne peut répondre de la coastance de cette composition. Malgré ces critiques , l'application de la pyoclatiiite bleue dans le traitement antiseptique des plaies ne s'est pas fait attendre. A l'heure actuelle la littérature nous offre une multitude d'observations sur l'effet thérapeutique de cette substance, d'où il faut conclure , ai l'on procède avec toute l'impartialité voulue, que le remède n'a pas répondu à l'attente des médecins. Aux éloges de Stilling , Petersen , Wanscher , Cholkwa , qui expérimentèrent la pyoctanine on chirurgie et en ophtalmiatrie , on peut opposer les appréciations peu élogieuses quant à sa valeur thérapeutique de Grakpe , Trojb , Kbaus, Neupert. Condamini, Belloti et plusieurs autres, dont quelques-uns signalent même son action irritante. Billroth luimême, qui antérieurement déjà avait expérimenté avec des substances semblables, c'est-à-dire avec des substances dont l'emploi en histologie avait démontré l'affinité vis-à-vis des microbes et des tissus (chlorure d'or, nitrate d'argent, acide chromique) dut reconnaître que les résultats du traitement par les matiôi'ea colorantes , les résultats de la thérapie tinctorielle ou de la chromothérapie U'avaieut désillusionné. Qu'il suffise de dire quf le violet de mé-

â7â XXIV. ANTISEPTIQUBS Oïl(}AKlQUttd.

thyle s'emploie en solution à 1—2*^/^ ou en solutions très diluées, ou sous forme de crayons, ou enfin en injection intraparenchymateuse dans les tumeurs , et que l'opinion de Mosetig-Moorhoff , selon laquelle Tinjection de cette pyoctanine serait capable d'amener la guérison de néoplasmes cancéreux, ne s'est pas jusqu'ici vérifiée (Grùn , Meyer , Tessari , Hellat , etc.). Dès lors il est fort douteux que le conseil de Oefele, de la donner à l'intérieur dans le carcinome pylorique , trouve des adhérents. Signalons encore l'emploi thérapeutique de la pyoctanine bleue dans le traitement du cZ/ofrfra , tant à rintérieur qu'en injections rectales (Neufeld) et dans celui de la blennorrhagie (Posselt) et du ptyahsme.

Je ne puis abandonner cette question sans appeler votre attention sur le côté séduisant de cette chromothérapie, considérée à un point de vue purement théorique. Les considérations , qui ont conduit Guttmann et Ehrlich, Ehrlich et Lippmann, à l'administration interne de 100 — 600 mgr. du bleu de méthylène pour combattre chez l'homme la douleur et la malaria, avaient pour point de départ la coloration diffuse de la myéline avec dépôt de gran ulations bleues dans les cylindre-axes, la coloration de la plasmodie malarique par le bleu de méthylène. Les bons résultats qu'ils ont obtenus, en tant que le bleu de méthylène (le chlorhydrate de tetraméthylthionine Cj^ Hg, N, SCI) s'est montré un antimalarique et un analgésique de confiance , pourraient amener l'impression que la cause de la chromothérapie est gagnée. Beaucoup s'en faut à mon avis. Les processus moléculaires intracellulaires nous sout encore si peu connus, que nous n'avons à attendre que des désillusions, si nous déduisons d'observations histologiques et microchimiques des conclusions quant aux effets thérapeutiques des substances colorantes , qui ont servi dans la technique microscopique à différencier les tissus. L'idée , qui a donné naissance à la thérapeutique tinctorielle , n'est certes pas erronée. Mais il n'y a que l'observation clinique qui puisse nous renseigner les cas où elle pourra recevoir une application pratique. Elle semble avoir consacré l'emploi du bleu de méthylène comme antiseptique dans le traitement local de la diphtérie (Kasem-Beck, Rose), et en gynécologie dans le traitement de la vaginite blennorrhngique et du prurit vuhmire (d'AuLNAY, Madden), mais elle nous avertit en même temps que l'emploi thérapeutique de cette substance peut provoquer des symptômes d'intoxication (Drzewiecki), et fait colorer l'urine en bleu. ¥A\q n'a eu à noter aucun succès de l'apphcation de rhétnatoxijline (Combemale), et c'est d'un autre côté grâce à elle qu'un ancien remède, la baie de myrtille (vaccinium myrtillus), qu'on employait déjà au siècle passé comme remède astringent et réfrigérant, surtout dans le scorbut, vient de rentrer dans le domaine des

BLEU DE méthylène; MYRTILLE; INDIGO; SULFAMINOL; RHODANATES. 373

applications thérapeutiques. Dans certains états morbides, \s.leurO' plasie hurcale par exemple, elle rend des services remarquables (WiNTERNiTz, Pel) et qui semblent être en rapport avec son pouvoir colorant. Puis elle n'a pas seulement été recommandée dans le traitement des angines et des blennorrhnfjies , mais aussi comme un remède efficace contre Veczéma (Winternitz). Il est possible qu'un jour V indigo , aujourd'hui complètement abandonné , revienne en honneur et que la chromothérapie nous explique Tefficacité de Tamidon bleui , de ce remède populaire dans notre pays et dans les Indes Orientales Anglaises (Tarak Nath Goose), qui jouit autrefois d'une si grande réputation dans le traitement antiphlogistique de Vérysipèle cutané, de Vérythème, des ulcérations, etc...

Toutefois les avis sur la valeur thérapeutique des pyoctanines sont tellement peu concluants, qu'on ne peut en vouloir à Huse- MANN de traiter leur importance d'éphémère.

Et le mlfnminol? Depuis que l'on connaît les services thérapeutiques éminents rendus par Tiodoforme , on a mis au jour une foule de succédanés de ce corps, des produits de substitution iodée de substances organiques , ou des préparations qui, sans avoir aucune parenté chimique avec l'iodoforme, rappellent ce dernier par leurs propriétés physiques : emploi sous la forme pulvérulente , insolubilité dans l'eau, couleur jaune. C'est parmi ces derniers succédanés que figure la thiooxydiphénylainine ou sulfaminol, une substance jaune, pulvérulente, insoluble, qui paraît être dépourvue de toxicité et qui serait décomposée dans l'organisme en dérivés phénoliques et sulfates éthérés (Robert). Wojtassek de son côté prétend que ce corps ne se décompose pas et se conduit comme un élément totalement étranger à l'organisme. Je n'ai pas besoin vous dire au sujet de ce nouvel antiseptique: „guarda e passa", car il est déjà presque tout à fait oublié.

Tout dernièrement Edinger et Muller ont beaucoup vanté les

rhodanates de chinoline. Le rhodanate de chinoline C. H. N/^ ^^-, le

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