‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 107 sur 130 · DE POTASSE · texte numérisé non relu

DE POTASSE

son pouvoir oxydant et désodorismit , dans le traitement de Voient, de l'angine diphtérique et en général de toutes les plaies et surfaces gangreneuses et féttiirs. Ce fait a été depuis longtemps mis en lumière par Dëmarqitay. D'après les expériences de Miquel , il semblerait néanmoins posséder un faible pouvoir bactéricide. Là où il s'agit d'empêcher la putréfaction, il semble de loin inférieur au sublimé et h l'acide salicylique et possède une valeur qui ae rapproche de celle du phénol.

Comme les sels de manganèse existent, quoiqu'en très faibles proportions, dans le sang à cAté des combinaisons du fer, nous aurons encore une fois à reprendre l'étude du permanganate, quand nous parlerons des hématiques. Mais ici, où il s'agit principalement de la facilité avec laquelle il cède de l'oxygène, il nous faut appeler l'attention sur deux séries d'empoisonnements extrêmement graves, contre lesquels on le prescrit tout juste il cause de cette propriété. La premier genre d'empoisonnements est celui déterminé par la morsure des serpenta. Lacerda crut avoir trouvé dans le permanganate de potasse, sinon le remède antagoniste , du moins l'antidote le plus fidèle contre le venin de serpent. Déjà Vulpian mit en doute la justesse de ces faits et les expériences de Couty et Lackrda , dans lesquelles ces auteurs ne purent constater absolument aucune différence dans l'flction toxique ou mortelle , que le venin fût introduit dans le sang des animaux soit seul, soit simultanément avec le permanganate, prouvent à l'évidence que les conceptions primitives de Lacërda furent erronées. Notez bien que je dis les conceptions de Lacerda et non les faits observés par lui. En effet d'autres auteurs ont confirmé l'effet avantageux de Vinjection sons-cutanée de permanganate de potasse dons le voisinage de la plaie par morsure de serpent. Or, on semble pouvoir admettre que le sel manganique agit en l'occurence comme moyen caustique et oxydant , coagule l'albumine du venin, et, s'il n'empêche pas la résorption du poison par le sang, rond celle-ci en tout cas notablement plus difficile. Grùce aux recherches laborieuses et récentes de Fraser nous possédons aujourd'hui contre ce venin violent uii antitoxique, plus efficace que le permanganate dépotasse, dans le sérum des animaux immunisés et des serpents eux-mêmes.

La seconde série A'empoisoniiemenfji est représentée par les empoisonnements dus au phosphore , au c^nogène et aux alcaloïdes. D'après BoKAi , le permanganate de potasse oxyderait le phosphore présent dans l'estomac en acide orthophosphorique, et, d'après Kobsa, MooRE e, a., il agirait dans le même sens sur les autres poisons, qu'il transformerait en des substances presque inofï'ensives. Nous verrons plus tard que cette action antidotique du permanganate est ncore plus ou moins problématique.

380 XXV. DESINFECTANTS, DESODORISANTS.

On en emploie, comme désinfectant à Vusage externe^ une solution de '/4 à P/^; pour injection hypodermique une solution "/.àP/,, et enfin pour l'usage interne des prises de 30—125 mgr. et une dose journalière de 600 mgr. (On le donne en pilules préparées au moyen de bol blanc ou de silicate de potasse et de talc , d'après ViNCENs). Il va de soi que pour la préparation des solutions Ton ne prendra pas de Teau commune , celle-ci renfermant des matières organiques , auxquelles le sel cède aussitôt son oxygène ; Ton n'utilisera que de Teau distillée.

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