‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 108 sur 130 · Oxydants indirects · texte numérisé non relu

Oxydants indirects

Ce groupe est formé par les corps halogènes, dont vous savez par la chimie qu'ils enlèvent l'hydrogène à l'eau on mettant l'oxygène en liberté. Il est évident que ces agents chimiques énergiques peuvent faire naître des processus d'oxydation , entraînant la destruction de ferments organisés et non organisés. Ce fait est connu déjà depuis très longtemps, mais l'action intense des halogènes sur les tissus organiques fait qu'on ne peut les utiliser chez l'homme qu'en solution très diluée ou en quantité infinitésimale ou enfin sous une forme tout à fait spéciale.

I. Chlore. Solution de chlore. Depuis la découvert-e du chlore à la fin du siècle dernier (par Halle et Fourcroy) tout le monde s'accorde à reconnaître son fort pouvoir de déainfectian. On avait, il est vrai, compris aussitôt que le gaz lui-même, à cause de ses propriétés fortement irritantes, si funestes à la fonction respiratoire, no pouvait se prêter à l'emploi thérapeutique; mais il suffirait, pensait-on, d'enlever ces propriétés irritantes, d'employer au lieu de chlore pur de l'eau de chlore pour avoir à sa disposition un remède, capable de détruire tous les miasmes, tous les contages. Aussi, au début de ce siècle, qu'il s'agissait du typhus, du choléra, de la variole, ou de plaies fétides, putrides, dans tous les pays de l'Europe indifféremment, on se servait de l'eau de chlore, partout où il fallait empêcher la propagation de maladies contagieuses ou prémunir un individu contre les dangers d'une infection , qui menaçait de l'envahir.

Lorsque, comme candidat en médecine, je suivais à l'Athénée d'Amsterdam les cliniques médicales et chirurgicales de l'hôpital central, la réputation de l'eau de chlore comme moyen désinfectant commençait déjà à baisser sensiblement, mais elle n'était pas encore totalement éclipsée. Mes professeurs Tilanus, Suringar, van Geuns, prescrivaient l'eau de chlore en usage interne et externe dans les maladies contagieuses et miasmatiques , la gangrène d'hôpital, la fièvre puerpérale. Mais aujourd'hui les principes de l'infection sont beaucoup plus nettement définis , les avantages qu'on

||tYUANTSlSliIKEL'TS:L'ilHHtlC; ËAU DEOHI.ORë; CtïLORDKlS UE CIlACX. SSl

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peut retirer de lu désiiifectiou sont beaucoup mieux connus, les applicatiouM des désinfectants et des antisepticiues sont devcnui'a beimcoup plus étendues qu'on n'aurait pu se le représenter il y u 30, 40 ans, et, malgré cela, le chlore et l'eau de chlore sont presque totalement oubliés. No sont-ils donc pas des moyens aussi énergiques qu'on ne l'avait cru jadis? Les a-t-on mis dans la balance et trouvés trop légers? Pas le moins du monde. Leur pouvoir lie détruire dfn spores , des bactéries , de neutraliser des ferments, dépasse celui de tous les nouveaux moyens de désinfection qu'aît vu naître notre époque d'antisepsie et d'asepsie , et leur /^owcofV o^^Janï n'est mis eu doute par personne. Mais leur affinité énergique pour les tissus vivants même constitue une contre-indication, qui ne se retrouve pas à un tel degré chez les autres antiseptiques. C'est très rarement que les métlecins prescrivent encore l'eau de cldore à l'intérieur dans les cas de diphtérie, de fièvre typhoïde, et l'application de l'eau de chlore dans le traitement antiseptique des plaies peut être regardée comme tout i fait superflue.

Notre pharmacopée, à mon avis, conserve h juste titre l'eau de chlore , sous le nom de solullo chlorît. Préparé par saturation de l'eau avec du gaz chlore pur et renfermé aussitôt dans de petits flacons fermés , ce hquide doit , selon notre pharmacopée , renfermer 390 milligr. de chlore par 100 gr. d'eau, de telle sorte que la solution ait une concentration de 0,39"/„.

Il faut toujours délivrer cette solution dans des flacons jaunes ou noirs, la protéger contre l'air et la lumière, pour prévenir la formation d'acide chlorhydrique. Néanmoins cet acide se forme avec une rapidité relativement telle que le médecin sceptique pourra ae demander si la grande part -des résultats obtenus autrefois avec l'eau de chlore dans le traitement de la fièvre typlioïde et d'autres maladies infectieuses ne doivent pas être tout simplement attribués à l'acide muriatique dilué. Celui-ci en effet , comme noua le verrons plus loin, a une importance très significative dans le traitement des maladies fébriles.

La dose qui convient à l'usage intei-ne est de 2 — 8 gr. par prise, de 12 — 50 gr. par jour. Inutile de vous dire qu'il ne faut jamais ajouter à l'eau de chlore quelque sirop coloré, ni des sels de plomb ou d'argent,

L'kjfpoehlorite de chaux, que signalait encore la 11"^ édition de la pharmacopée néerlandaise et dont on peut si facilement faire dégager le chlore soit par une légère chaleur, soit par l'addition d'un acide, ne figure plus du tout dans la III"ie édition. L'explication de ce fait est que ce corps ne sert que bien rarement à des usages thérapeutiques chez l'homnae, quoique Oalmette croit

lUVoir le recommander en injection sous-cutanée contre la morsure

382 XXV. DESODORISANTS, DESINPKCTANTS

de serpent. Chez nous il ne sert aujourd'hui qu'à désinfecter des maisons, des chambres, des lieux d'aisance et des objets divers. L'arrêté royal du 24 juillet 1891, fixant officiellement les règles qui doivent être suivies lors de la désinfection , signale le chlorure de chaux en poudre avec une teneur de 207o de chlore comme un des moyens de désinfection officiels employés pour nettoyer le sol, qui a porté des collections d'ordures, et pour désinfecter des lieux d'aisance, des égoûts et d'autres conduites d*eau. L'hypochlorite de chaux est donc recommandé dans le même but que le lait de chaux et le mélange de créoline.

II. Iode. On doit ranger l'iode parmi les désinfectants et les antiseptiques énergiques: il a un pouvoir d'oxydation tout aussi fort que celui du chlore; il est un bactéricide actif, un antiferment et aussi, comme le chlore, un moyen qui, à cause de sa grande affinité pour l'albumine peut faire naître au sein des tissus des altérations moléculaires grossières. Cependant il n'est que rarement employé, soit comme tel, soit en solution (solutio iodii spirituosa: tinct. iodiij; et si de temps en temps on l'injecte hypodermiquement (Richet) dans le voisinage des bubons,. des pustules malignes, etc. . ., ce n'est pas exclusivement et même pas principalement à cause de son action antiseptique, mais aussi et surtout à cause de son action caustique et irritante. Mais si on n'emploie pas l'iode lui-môme , comme antiseptique et désinfectant, les combinaisons orga/iiques de l'iode, dont notre arsenal thérapeutique se vante de nos jours, appartiennent aux antiseptiques et aux désinfectants les plus usités. D'après mon intime conviction, elles doivent leur valeur- à ce que le tissu vivant, avec lequel elles viennent en contact, met constamment en liberté à leur dépens de faibles quantités d'iode se trouvant pour ainsi dire à Véiat naissant. Parmi ces combinaisons nous étudierons d'abord l'iodoforme.

loDOFORME, CHI3, c.-à-d. le méthane dans lequel 3 atomes d'hydrogène sont remplacés par de Viode, rappelle parfaitement par sa constitution chimique le chloroforme. Découvert en 1829, par Serullas, il fut introduit en thérapeutique, déjà en 1836, par Bouchard AT , à cause de sa richesse en iode. Il se présente sous forme de cristaux jaunes, qui dégagent une odeur désagréable, rappelant celle du safran. Cette odeur est très pénétrante et s'attache extrêmement longtemps aux objets, qui en ont une fois été pénétrés.

Les péripéties thérapeutiques de l'iodoforme sont très instructives. Il fut d'abord recommandé à cause de sa teneur en iode et parce qu'il serait de mise partout où s'indiquent les préparations iodées; ensuite, parce que sa constitution chimique et ses relations avec le chloroforme faisaient soupçonner en lui un agent analgé-

MBINAISONS UROASIQUE;

lOllDFOliME.

^B mai ■Mos

Kque local (Glover, Maître, Righini, Franchini). Mais le monde tBédicH] se tint sur la réserve vis-à-vis de ce composé iodé , malgré

fTque les sypliilologues allemands et italiens proclamèrent les excellentes propriétés de l'iodoforme dans la cure des ulcérations syphilitiques. Des expériences physiologiques, instituées sur les animaux par BlNZ et Môller pour prouver le rapport entre l'iodcforiue et lee îodates et pour fournir l'explication de l'action anesthésique éventuelle, ap()orta des lumières nouvelles. Et, comme corollaire de ces expériences , notre compatriote Molkhchott publia une lettre ouverte, dans laquelle il signala les services éminents qu'il obtint depuis 1870 au moyen de l'iodoforme dans aa pratique médicale, notamment en toutes les circonstances où l'iodure de potassium et les autres combinaisons iodées se furent montrés sans effet. Il prédit à ce remède un brillant avenir. Sa prophétie se réalisa,

l'inais dans un sens tout autre qu'il ne l'avait supposé. En effet, MosETio MooRHOFF, en 1880, Mikulicz, Kosig et d'autres chiwrgiens de renom, en 1881, l'appliquèrent comme moyen de pan-

*" Bernent antiseptique. Le remède prend alors d'assaut sa place parmi les meilleurs antiseptiques et devient bientôt indispensable dans la grande et la petite chirurgie. Toutefois la réaction ne se fit pas attendre. Elle fut due d'aborti aux nombreux cas d'empoisonnement, qui se produisirent et résultèrent de la presci-îptionet de l'application injudicieuses de grandes quantités de celte sub-

Ifit&nce , de l'oubli constant de celte leçon de thérapeutique génère que chaque médicament, pour pouvoir agir, doit être à l'état Se dissolution et que chaque substance dissoute passe nécessairement ■ans le sang. Mais la foi et la confiance dans tes vertus de l'iodoforme furent encore beaucoup plus ébranlées par la communication de Chr. Heyn et Thorkild Rovsing. Leur recherches expérimentales prouvèrent à l'évidence que l'iodoforme , tant vanté dans la pratique chirurgicale, ce moyen par excellence dans le ^^ traitement antiseptique des plaies, dans la cure des afl'ectious ^Btaberculeuses des os et des articulations, ne possède en aucune ^Hm;on des propriétés bactéricides, que les microbes pyogènes (les ^^•Steiphylo-, strepto- et pneumocoques , le bacillus subtilis , etc.) , mélangés en cultures pures avec de l'iodoforme, continuent leur végétation luxuriante. Et — exagération sans égale — tout en ■ déclarant l'iodoforme inutile comme antiseptique, ils se demandent me si l'iodoforme, avant d'être employé, n'a pas besoin d'être Seinfecté, c.-à-d. ne doit pas être délivré des microbes y renfermés? i noua interrogeons d'abord les propriétés bactéricides de l'iodo- ÎBnne, il faut en convenir, que cel!ea-ci sont peu développées, que B-à-vis des microbes pyogènes elles sont même plus faibles que Celles du dermalol (Colasasti) et qu'elles sont tout  fait in-

384 XXV. DESIKf'KCTANTS , D£SODOBISAKTS.

signifiantes en comparaison de celles du sublimé, du peroxyde d'iiydrogène , etc. . . Certes quelques espèces de microbes pathogènes: 1q vibrion du cholh'u , le bacille tuberculeux, et, d'après ce qu'où aurait trouvé tout récemment , même le bacille du tétanos (Buchnb&, FoRST£R, TiLANUs, NsissER, SoRMANi) sc montrent sensibles à rinfluence de Tiodoforme, mais quantité de microbes pathogènes sont indifférents à son action. Il est néanmoins digne d'attention que certains microbes, cultivés sur un terrain de culture pénétré d'iodoforme, perdent quelques unes de leurs propriétés physiologiques, comme par ex. le staphylocoque pyogène doré sa faculté de produire de la matière colorante; mais, quelque intéressant que soit ce fait, il n'a aucune signification quant à l'effet thérapeutique de riodoforme; car Schrei^er, entre autres, a prouvé que des coques pyogènes, introduits dans l'organisme ensemble avec l'iodoforme , provoquent de la suppuration.

L'explication de l'excellent effet de l'iodoforme dans le traitement des plaies ne doit nullement, ou du moins seulement en toute dernière instance, être cherché dans son pouvoir bactéricide. Sou action est la conséquence: 1". de la mise en liberté d'une façon constante de petites quantités d'iode, et 2*^. des propriétés physiques tout à fait spéciales de ce remède.

La mise en liberté d'iode au dépens de Viodo forme se produit partout dans Vorganisme animal, dans les plaies superficielles aussi bien que dans les- cavités articulaires, dans l'estomac aussi bien que dans le tissu cellulaire sous-cutané. Ce fait est connu depuis de longues années. Mais nous sommes moins renseignés sur la nature du processus intime qui se passe à cette occasion. Nous savons (\M\tprès V application externe ou interne de ViodoformeV urine renferme de Viode , notamment sous forme dHodure alcalin et non sous la forme d'iodate ou de combinaison iodée organique. En effet, l'urine examinée à l'état frais ne bleuit l'amidon qu'après qu'on l'a traitée par l'acide nitrique impur ou par un acide dilué, combiné à un agent oxydant, et les dosages quantitatifs de l'iode dans l'urine montrent qu'en général les cendres renferment autant d'iode que l'urine comme telle et que , en observant bien toutes les conditions requises, on peut au moyen du chlorure de palladium isoler tout l'iode de l'urine (Quaedvlieg). Si l'on panse une plaie ulcérée avec de faibles quantités d'iodoforme et si on la nettoie après quelques jours au moyen d'eau distillée chaude, l'iode se trouve dès le 4me jour très nettement dans l'eau de lavage, sous forme d'iodure alcalin , quoique à ce moment il fasse encore défaut dans l'urine (Quaedvlieg).

Mais nous ne savons pas encore au juste par quels processus et sous quelles influences cette mise en liberté s'opère. Binz attribue

©doformk; propriétés BAcrÉRicirjEs; mise en liberté u'i. 38Ô

cette décompoaitioQ spécialement uux graisses. Et, en effut, la libération de l'iode au dépens de l'iodoforme, dissous dans une huile grasse, ne souffi-e aucun doute. Voua voyez ici devant vous un petit ballon en verre, au foml duquel j'ai introduit, il y a quelques jours, de l'huile d'olive à laquelle j'ajoutai un peu d'iodoforme. J'ai formé le ballou au moyen d'un bouchon, auquel j'attachai un petit ruban de papier à filtrer trempé de pâte d'amidon et qui atuâi était suspendu dans le ballon au-deasus de l'huile. Vous voyez que le papier amidonné a pris une couleur bleue intense. Mais je vous ferai aussitôt remarquer que la présence de l'huile u'eat pas indispensable à la décomposition. Si je suspends un papier amidonné dans un ballon fermé , au fond duquel se trouve de l'iodoforme sec, ai j'expoae ce ballon à la lumière diffuse du jour et à la température ordinaire de la chambre, je trouve, après 24 heures, le papier amidonné nettement coloré en bleu. Si, au contraire, je place le ballon dans une étuve obscure, ehauttëe même à la température du corps, l'iodoforme cède à peine une trace d'iode. La mise m liberté d'iode au dépens de Viodoforme est donc fiivoriaée à un haut degré par l'influence de la lumière, quoiqu'on dehora de cette dernière elle s'opère également, entre autres, en présence de la graisse. 'D'autre part cependant la décomposition au sein de l'organisme ne peut certainement pas être attribuée d'une façon principale ni à la lumière ni à la graisse. C'est ce que prouvent des observations recueillies par Quaedvlieo sur des surfaces ulcérées du membre inférieur et les expériences de Hooyes, qui injecta une solution d'iodoforme dana l'huile d'amandes à l'intérieur de la cavité péritouéale ou péricardique chez les animaux et trouva à l'autopsie l'huile décolorée , ne dégageant plua la moindre odeur d'iodoforme. Ce dernier auteur et d'autres avec lui croient que c'est l'albumine des tissus qui opère la décomposition de l'iodoforme et que l'iode, mis en liberté, se combine à l'albumine pour former une iodo-albumine. Je ne puis admettre l'exactitude de cette manière de voir qu'avec beaucoup de réserves. Dans une série d'expériences le Dr. Zeehuiskn put constater que la présente d'une quantité fnthle d'ulcali et la présence d'eau (ou de vapeur d'eau) représentent des eoi'dilîons tris favorables à la décomposition de l'iodoforme. La présence d'une solution d'albumine agit dans le même sens , mais ici encore une fois ce n'est pas la teneur en albumine seule, mais surtout le degré d'alcalinité, qui domine le degré de la décomposition. Le liquide, qui a été en contact avec l'iodoforme, est absolument incolore, maie renferme de l'iode sous forme d'iodure alcalin. .Je ne puis donc, dans ce c<ia spécial , croire à la formation d'un dérivé iodé d'albumiue, parceque lea mêmes processus s'accomplissent en l'absenc» d'albumine. Du reste, la

3M rr- iœ£rjw7L±j^. zmn-c;

•^liir TUi*i?L l'ir îÉnt^m.u ï XT : BtfŒX i r«rfer d'une combinaison -r*» -lirît.Tïir -firr^ '' Ldinnnntt -k r5>Î4' . se dédoablant par le TiiiîiL'îr»^ ' r:tn*ri »TngTr ii^tST^ ùiCL* j* iiiîie . c--à.-d. par Tébullition -tr ji. tiiii.'^'^r î*r "T-ifT"^ ïaa* ir t^^ iT'TEft ocftaine quantité d'iode vtrmvjs: 4?r^ tatraaAr*** i»tr jfr Iiiriâ» iZîfzziîscax. auquel on l'a ajouté. Niu» -is:-!fî mi » 3inr uin» Stp» r j^nuscrç l'existence d'une pareille

y.gLTnîgtffliL *

'i jtt^?* îJt "œitt i rôjfc«aiiL. *« * Traire de Facide uiique sds- -•«iirx 'j^-^?* ii^ T-isui- JH" ji5se vcioer goutte par goutte de la VîTLTrr»" i*-j>îi*. -îï « isr4« âifciTi? *>iî&>n je secoue, vous con- *r.iiîï : it âîbiTit 5:c* ^ srcjîiir jïKizâe disparalL Je puis ainsi itir* i^sciijrtr:^» ?. ■: -h: zifkif* pca* ir fooneâ de teinture d'iode. Lt rL4ciri^ "ôtiiîicuéce it THàt#- 5t j-r liiifBe P>niber goutte par goutte Il ^.'liTi'ir. îli^ît ^i^"* iz.«f î*:L"rtî»>îi i'aHionifne. Je puis dans ce r.:lir^. inr;;. «r: *l jt r4a*!îi'-n rst sîo;àiîne. fiire pour ainsi dire ■iL^ztLTiîrx^ =;i:r.v c-sizL'iîé i'>>i!e. Cfc Hode s'est-il en allé? S'est-il '!i'^ci''Lz.4 i l'ifcît'i'T Tri'':iff'* V-xe» ne saurez le croire. De fait, il se zn-riT^ -T^L'îiirr -rt^r* > jiqii.ie. ctr, a j'en sépare l'aide urique pAT rI^i:io:: . jr- pcÎ5 i:i inoyen de Tacide nitrique impur et de l'a.i::i'i:-:i 7 décéLer -^ruen^ent la présence de l'iode. Il s'y trouve ^ior^c é*'j^^ form-r iloi^irç cilcalin iKT», ou. ce qui jusqu'à un certain poînî rçTÎent i^i même, sou? celui d'acide iodhydrique (HI). Le prooÊSsu* dan5 s«:»n ensemble n'est rien que le suivant: Hode oxyd^ une faible partie de ^*in4e urique et produit de Pailoxane, tandis rm'il met Fkffdro^^he ^m liberté *ju dépens de Feau et se combine ^lors lui-même avec l'atome dliydrogène pour constituer de l'acide i^xlhy^lriqae. C'est de la même &çon que l'iode transforme la biliniViine, dissoute ou présente dans l'urine, en biliverdine ; la leucourobiline en urobiline, etc.. Et une solution d* albumine (soit albumine d'oeuf, soit celle de sérum) renferme constamment certaines Huhfftancea facilement oxtfdabUs , qui se combinent à l'oxygène li- IW-ré, tandisque I forme HI, qui en présence de l'alcali devient ii\H4'jfi(:nt Kl, Nal, etc... Je suis donc à même d'expliquer tous les [phénomènes sans l'intervention de la formation problématique d'iodo-albumine. Sans vouloir trancher la question s'il existe ou nr^n des véritables ioclo-albumine3 , nous savons pourtant qu'en uiCiUiut intimement l'iode à la caséine, à la myosine , etc. (Liebrecht (ît KoiiMANN), Ton obtient des poudres jaunes, qui se colorent avec riiinidon, et qui n'ont rien à voir avec les liquides incolores , qui HO fonnont, on mettant l'iodoforme en contact avec une solution d'iilhuinino.

Au proini<ir abord il ne semble guère probable que dans la mise on lilxirtft do l'iode au dépens de Tiodoforme dans l'organisme vivant la réaction alcaline, l'eau et l'albumine des tissus seules

lOtWl'OllME, DECOMl'OSXTION DANS L'oKOANISMK, 387

joueut nn rôle actif. La quantité d'iode, proveuaut de l'iodoforme sous l'influence de solutions alr-alines d'albumine en dehors de l'organisme, est si minime , tandis que celle qui est mise en liberté par l'organisme vivant est si grande, qu'on a la tendance involontaire & invoquer des propriétés inconnues du protoplasme vivant pour expliquer cette décomposition. On a même voulu attribuer cette action de scindage aux microbes. Je ne leur veux nullement contester ce pouvoir, mais, comme ce dédoublement se passe partout dans l'organisme animal tout entier, leur présence n'est certainement pas une ,conditio sine qua non". 0e plus je ne puis laisser de faire remarquer que la différence quantitative, qui en impose tant, s'explique tout naturellement , en tenant compte de la circulation du sang et des hiraeurs, grâce à laquelle l'iodoforme est continuellement mis en contact pour ainsi dire avec des liquides nouveaux.

Quand l'iodoforme cède de l'iode, il ne peut pas rester iodoforme. Quelle est lu substance chimique qui se forme au moment qu'il perd une partie plus ou moins grande de l'iode ? Question qui se pose tout naturellement , mais pour laquelle une réponse satisfaisante fait encore défaut. Il est vrai que Behring a prétendu que l'iodoforme se décompose on iode et acétylène {C, H,), mais il n'a pu fournir aucune preuve de son attirmation. On peut tout aussi bien admettre qu'il se forme de l'ioduro de méthylène CH,Ij, ou de l'iodure de méthyle CH, I, ou enfin que l'iodoforme est décomposé en iode , acide iodhydrique ot acide formique , par ex. d'après lu formule: CHI, -f KO -f H,0 = CHOOK (formiate do potasse) + I -}-{HI)j; mais nous glissons ici sur la pente des hypothèses , que nous ne pourrions abandonner trop tôt.

Je crois, Messieurs, avoir éclairci sutflsamment par ce qui précède le problème au point de vue chimique. Au dépens de Ciodoforme se libère constamment au aeiii de l'organisme vivant de l'iode^ qui at/it comme oxydant sur les substances facilement oxydables, coTaïae lea ptomaïnes, les produits de la putréfaction, etc... et qui luimême se transforme m acide iodhydrique ou en iodure alcalin. La mise en liberté ne s'opère qu'en faibles proportions à la fois, mais elle se fait continuellement et, ce qui est plus important encore, elle se fait, comme on dit, à l'état naissant, c.-à-d. cet iode est doué, comme l'on admet généralement, d'une affinité encore plus énergique que lorsqu'il se trouve déjii depuis tout un temps à l'état de hberté. Je sais bien que quelques auteurs ne croient pas devoir plus longtemps reconnaître à cet état naissant une plus grande puissance d'attraction moléculaire, mais leur scepticisme me semble provisoirement trop peu fondé, et je n'hè^*" "^as à attribuer à cet état naissant l'iinportanC'' mistee lui reconnaissent encore.

éà

088 XXV. DESINFECtAKTS , DisODORlSAKTÔ.

Les excellentes propriétés désinfectantes et anfiseptitjues de riodo' forme sont dues en second lieu à ses caractères physiqties. La forme pulvérulente grossière, et cependant pas trop grossière, sa tendance à Tabsorption et à la fixation des liquides font de Tiodoforme un agent dessicateur et protecteur , qui met les surfaces des plaies totalement à Tabri de l'air. Partout, dans toutes les directions , il comble la plaie , se fixe de par sa cohésion relativement solidement sur la plaie; grâce à son odeur spécifique il empêche la perception de la fétidité des sécrétions, grâce à sa volatilité il étend son action dans tout le voisinage de la plaie; en un mot il représente un moyen qui opère une désinfection constante au moyen de l'iode naissant et cela dans des conditions telles que la plaie est absolument mise à Tabri de toute nouvelle introduction de ferments ou de microbes. Un autre médicament , ayant les mêmes propriétés physiques, peut amener la même protection, mais est hors d'état de désinfecter; un autre médicament capable de désinfecter tout aussi constamment (par ex. l'eau de chlore) purifie tout aussi bien la plaie , mais ne garantit pas cette occlusion totale , cette protection et ce nettoyage complet.

Il est évident que l'iodoforme, appliqué extérieurement, peut donner naissance à une intoxication. On comprend à peine comment on a pu un moment croire à l'innocuité absolue de l'iodoforme et comment dans le pansement des plaies on a pu en appliquer des quantités aussi grandes, comme si on aurait eu affaire à de la ^poudre de riz". Je reviendrai plus tard surlsLcatise de l'intoxiration iodoformiijue. Je veux cependant déjà faire remarquer ici que je ne puis me ranger du côté des auteurs, qui Tattribuent exclusivement à Ciode mis en liberté et à la neutralisation de l'alcali, à la décomposition de l'eau , à l'oxydation , etc. , qui en sont les conséquences. Certes , c'est un fait bien constaté , que même dans les cas d'intoxication grave avec issue fatale l'on ne retrouve pas dans les urines des sujets empoisonnés (hommes ou animaux) de l'iodoforme inaltéré, comme le vient d'avancer dernièrement Môller, ou des combinaisons organiques iodées, comme le veutHARNACK. On peut dire hardiment que la presque totalité de l'iode, ingéré avec l'iodoforme dans le milieu intérieur , se retrouve dans les urines à l'état d'iodure alcalin. Mais tout ceci ne prouve pas que l'iodoforme , cette substance volatile , ne puisse pas agir comme tel, e. a. sur le système nerveux , avant d'avoir perdu son iode. Nous savons que l'iodure d'éthylène est à même de provoquer chez des animaux les symptômes del'épilepsie corticale (Pellacani), et dès lors l'analogie nous défend de contester à l'iodoforme lui-même sa part dan^la production de l'intoxication iodoforraique. La dose à laquelle on l'emploie aussi bien que le lieu d'application, en tant qu'ils influencent la

lODOFOIlXE ; PnOPRIETES PH\*SI<iri5i ; INTOXICATION,

rlécompositioD et la résorption, et naturellement encore le degré de résistance de rindi\-idn , voilà autant de facteurs , qui font que dans tel cas l'iodofonne est un poison, tandisque dans tel autre il agit en remède.

Voulez-vous prévenir Vlntoxiculion iodoformique , n'en employez jamais une pins grande quantité que de besoin. Voulez-vous reconnaître l'empoisonnement, portez votre attention sur l'accélération cardiaque , les nausées . etc. . . et surtout sur les symptômes de l'appareil nerveux central, sur les fonctions psychiques, dont les troubles se manifestant chez l'homme soit sous forme de délire avec ballucinations, soit de manie furibonde, ou inversement sous forme de somnolence (Eerkes), de coma , tandisque chez les animaux on ne voit jamais apparaître des phénomènes d'excitation et que les symptômes de dépression forment la r^Ie générale. On a signalé comme affections necondaires itiies à V empoisonnement par riodofonnts tout* une série de troubles et, entre autres, l'agrypnîe, la neurasthénie, la chorée. H faut encore enregistrer ici les observations intéressantes pubhées par de Vos. Cet auteur vit chez trois malades dans le cours du traitement par l'iodoforme se déclarer de la papillo-rétinite et des hémorrhagies rétiniennes. Au lieu de rappeler les troubles trophiques constatées dans l'oeil à la suite de l'nsage de naphtaline, ces symptômes en imposent plutôt pour des phénomènes d'embolie. D'ailleurs les animaux présentent assez souvent des hémorrhagies et des embolies dans difFérents organes après l'injection d'iode dans le sang (Bohm).

Nous ne pouvons pas passer ici sous silence la dermaiile iodoformique, qui n'est pas, il est vrai, nn symptôme d'empoisonnement très grave , mais qui n'en constitue pas moins une affection pleine d'ennuîs pour le patient. Cette dermatite se déclare sur le pourtour de l'endroit où l'on applique l'iodoforme (Hahn). Elle peut atteindre aussi le médecin qui se sert d'ioiioforme ou qui plonge ses mains à plusieurs reprises dans l'huile iodoformée (Fùrst, Krevkt, Hahs, Matschke).

La facilité avec laquelle se déclare l'intoxication iodoformique chez les vieillards est très remarquable, Ce phénomène, qui est évidemment en rapport avec la complexion spéciale de leur organisme, ne peut être attribué, à mon avis, ni à une décomposition plus intense ni à une augmentation de la résorption dans l'organisme du vieillard. Il doit reposer sur une diminution de l'élimination de la combinaison iodée par la voie rénale. Celle-ci est d'une part la suite des processus involutifs; d'autre part elle est causée par l'intoxication iodoformique, qui conduit si souvent à la néphrite (présence dans l'urine de sang, d'albumine, de cylindres: Rummo), car nous savons que ides néphrites même fugaces diminuent d'une façon très marquée

300 XXV. DÉSINFECTANTS, DÉSODORISANTS.

rélimination des combinaisons iodées par l'urine (Klebs). Le tableau clinique de Tcmpoisonnement chez l'homme se caractérisant à difi!^ rtuitoH reprises par de Tanurie ou du moins par de l'oligurie, il est tout naturel d'attribuer Tidiosyncrasie du vieillard vis-à-vis de Piodoforme à une sensibilité plus grande ou à une activité moindre des reins.

Si vous avez îl combattre une intoxication iodoformique ^ ajez Avemi tout soin de ne plus laisser s^absorher de Viode ou de Viodaforme. Lavez largement les plaies, éloignez, si possible, tout l'iode et riodofomie de l'endroit où vous Pavez appliqué et cessez tout emploi du remède. Instituez à côté de cela une large diurè9e , pour que la combinaison iodée soit éloignée de l'organisme le plus tôt |H\Hsiblo, entretenez une bonne défécation pour que la circulation grtî*tn>-Siilivaire retienne le moins d'iode possible dans l'organisme. Administrez en sus des alcalins, surtout du bicarbonate de soude, {Uinv que Pioiie mis en liberté agit comme acide et pourrait enlever l*rtloHlo8oenoe aux tissus et au sang. Le bicarbonate de soude est en outre un exoellont diurétique et cette propriété seule permet déjà d'expliquer son induenco favorable dans l'empoisonnement par riinloforme , de sorte que je craindrais de me servir, comme l'a fait RKHKiNa. do Tavantage des alcalins comme d'un argument en faveur de la théi^rie de la diminution de l'alcalescence. Mais quelle que s\>it rhyjM>th^?e à laquelle on se rallie, l'usage interne dubioarKnxate de soude posa^ède, à n'en pas douter, une très haute valeur pratique.

Kmploi tkMtpeuHque. L^iodoforme joue un très grand rôle dans le traitement antiseptique des plaies, c.-à-d. non seulement dans le j>ansement des solutions de continuité que fait l'opérateur, mais aussi via us le traitement de toutes Us btes-^ures ei miches extérieurs, liràce à rexi>êrience thérapeutique, acquise relativement à laotiou éloignée des combinaisons io^lées en général, riodoforme e^t tenu le plus eu houueor dans les processus olcératifs, qui dé^H^uvleut de la s^^hUis ou sont en rapport avec la tuberculose. D ne IVst j>as moins dans le traitement de toute» les plaies qui meuavvut de devenir putrides ou le sont déjà. Et quel que soit reudrv>it externe du v.vr^>s . quelle que que soit la muqueuse , située extêrieuremeut » où se trouvent les plaies, les ulcère», le lieu d*înfev*tiou» que la partie affectée appartienne au terrain du cfttmryMM , du iffénéivloifisUi^ de VtMXOucheur^ de ^^ophta/mo/ogiste^ du huymyiUh Ifiiste . de V^iur*ste, vlu rkinolo^fiste ^ du Jermato/ot^iste ou enfin du i4fntù^ttf. {.Kirtout où des plaies et «les sur&ees lésées danandent i ^tre v.vuvertes en m<?me temps qu'à être désinfectées, dans ces cas .'nsiuie foeeffme de rUhioMr*ne est indiqué ' L Je ne m'

*> l>iitts les h«>pit)iu.\ •!« Psri> -m unlii(« lu l^ janvier ^a f jiûlkt

IODOFORME; emploi THERAPEUTIQUE.

pas maintenant sur son usage interne, car plus tard, quand nous traiterons deg iodurea alcalins , il noua faudra scruter la difîerence entre l'action éloignée de ces derniers et celle de l'iodoforme, et ce sera alors le moment de traiter plus spécialement de l'effet thérapeutique de l'iodoforme, administré à l'intérieur comme antiseptique intestinal, ou dans les cas de syphilis, de tuberculose, de diabète, etc. . . Mais il nous faut encore signaler ici d'autres indications de l'application extérieure que celles où l'iodoforme est appliqué directement, soit comme tel, soit fixé sur de l'ouate (ouate iodoformée) ou sur de la gaze (gaze iodoformée), soit enfin comme onguent {incorporé dans de la vaseline, par ex. dans les brûlures). Je vous citerai en première ligne les injections souB-cutanées d'iodoforrae dans le traitement de la syphilis, qui aujourd'hui ne sont plus guère employées (Mzarek, Neumann), l'injection intravésicale {FreyI, l'inhahlion de l'iodoforme. mêlé â l'huile d'eucalyptus, à l'huile de giroffles et à la térébenthine, dans la phtisie laryngée; l'application d'iodoforme sous forme de lavement (Culbertson) contre la dysenterie, etc.,., indication qui n'est pas tout à fait rationnelle, et surtout les injections intrapnrenrhymateme» dans le traitement des ahcès froids, des arthrites tuberculeuxes , s'accompagnant ou non de carie (Verneuil, Billroth, v. Bruns, de Vos), des ganglions lymphatiques tuberculeux, d'fxmdats pleurétiquesséTeUï d'origine tuberculeuse {Schulze), du goîire parenchymateux {MosBTta- MooRHOFF, Gahré), etc. , etc. . .

Modes d'administration et doses. Le premier desideratum est naturellement que l'iodoforme qu'on emploie soit pur et ne soit pas falsifié au moyen de l'acide picrique ou d'autres substances jaunes. Vu l'insolubilité presqu'absolne de l'iodoforme dans l'eau, on peut regarder comme une première garantie de pureté qu'il no cède aucune couleur à l'eau avec laquelle on l'agite, puis comme une seconde celle qu'exige, à la suite de Agbma (G. Bouma), notre pharmacopée, à savoir qu'il ne donne même après 24 heures tout au plus qu'un faible précipité grisâtre, mais jamais un précipité noir, en présence du nitrate d'argent. Quant aux préparations de l'iodotorme, chacun sait que la substance elle même, la poudre jaunecitron se prête comme telle à un usage immédiat, et que les ouates ioiloforméea et la gaze iodoformée, inscrites dans notre Pharmacopée, peuvent être directement délivrées par le pharmacien (les ouates renferment 5"/, d'iodoforme et pour leur préparation, de même que pour celle de la gaze titrant la même quantité d'iodoforme, on r 4 profit la f ' dernier dans l'éther). Pour 1 io "iodoforme à la Taseli collodion indo- Ù/mn 4 de nouveau

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une solution de 1 : 10. S'il faut faire une injection intraparenchymateuse ou sous-cutanée d'iodoforme, on recourt à la glycérine, dans laquelle l'iodoforme se dissout, ou à de Vhuile (T olives pure, stérilisée par la chaleur, et agitée à une température de 30" C. avec de riodoforme en proportion de 1 : 10. L'huile dissout environ 3®/o d'iodoforme et le reste s'émulsionne avec l'huile à l'état de très fine division (de Vos). On peut utiliser l'alcool et l'éther comme dissolvants, notamment une solution alcoolique de camphre. Toutes ces solutions se colorent rapidement en jaune-brun, preuve que de l'iode a été mis en liberté. Selon Potntet, on peut prévenir ce changement de couleur en ajoutant à la solution de la tournure de cuivre, qui fixe l'iode libéré. La dernière édition de la Pharmacopée italienne (1892) mentionne des crayons dHodoforme (csLudelette de iodoformio), destinés à être introduits dans les trajets fistuleux. Ils sont faits au moyen de gélatine , de glycérine et d'eau, et renferment à peu près le tiers de leur poids d'iodoforme. Pour émulsionner Viodofortne destiné à être administré en lavement et en gargarisme on emploie des jaunes d'oeuf (vitellum ovi) et pour permettre aux phtisiques Viîihalation d'iodoforme^ une méthode qui doit être désapprouvée parce que l'iode mis en liberté développe des effets par trop irritants , on a même fabriqué des cigarettes iodoforniées ^ qui, à côté d'iodoforme, renferment des feuilles de belladone.

Je puis être bref en vous parlant des doses auxquelles on emploie riodoforme en usage externe. Qu'on n'emploie jamais plus que de besoin , voilà la leçon maîtresse , qui vous guidera dans l'application externe de l'iodoforme — et n'oubliez jamais que pour plus d'une raison l'iodoforme peut devenir un poison. Mais si vous me demandiez des chiffres, je serais beaucoup embarrassé. Je pourrais peut-être vous satisfaire en vous citant le chiffre de 25 grammes comme celui que vous ne pourrez jamais dépasser dans vos procédés d'application externe, mais je préfère de vous voir oublier même ce chiffre que d'évoquer en vous l'idée qu'avec des quantités inférieures à celle-là il n'y a pas moyen de faire du mal.

Le mauvais côté de Vapplication de Viodoforme c'est son odeur désagréable j qui s'attache si longtemps aux mains du chirurgien, aux objets et au corps du malade. Quiconque, en parcourant la littérature médicale , aura constaté combien de petits moyens nouveaux l'on préconise chaque année pour aller à rencontre de cette odeur, arrivera avec moi à la conclusion que le véritable moyen n'est pas encore trouvé. Des substances aromatiques agréables: la coumanne et la fève de tonka , là teinture de musc , l'essence de roses , V essence de menthe poivrée^ le menthol^ V essence d'eucalyptus, V essence de lavande; des substances moins aromatiques mais à odeur rafraîchissante: le terpinol y la teinture d'evodia fraxinifolia; des sub-

iodoformb; application extbrnb; iodoformine. 393

stances peu ou pas odorantes: phénol, gaïacol, créoline, ont tour à tour été recommandées avec insistance dans ce but. On ajoute ces substances en faible quantité à Tiodcforme, avant d'employer celui-ci ou — s'il s'agit d'essences — on asperge les habits du malade et les objets qui l'entourent de quelques gouttes de ces dernières.

n paraît que pour faire disparaître l'odeur d'iodoforme qui s'est attachée aux mains, on se trouve très bien de les laver dans la farine de lin (moyen que l'on recommande aussi pour faire disparaître l'odeur de la créosote et du gaïacol), ou, comme on l'a encore prétendu, de les laver au savon renfermant les sels de SalsArunn.

Terminons ce chapitre de l'application thérapeutique de l'iodoforme en disant qu'on a combiné ce moyen tant choyé et tant utilisé avec d'autres substances, d'autres médicaments, et que, si le coeur vous en dit, vous pouvez recourir pour les applications externes à l'emploi de l'iodoforme bituminé (obtenu en mélangeant et en imprégnant l'iodoforme avec du goudron), de l'iodcforme créoHné (mélange d'iodoforme et de 1— 2°/^ de créoline), etc.

Tout dernièrement le doct. Eichengrûn a préparé et recommandé une poudre très fine et blanche, qui jaunit à la lumière, et qui donne de Fiodoforme, quand on la traite par les alcalis ou par les acides. Il lui a donné le nom dHodoformine. Cette substance, quoique contenant 75®/^ d'iodoforme pur, serait absolument inodore , même quand on l'applique sur des plaies, et ne donnerait jamais lieu à une irritation, comme c'est parfois le cas avec l'iodoforme.

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