‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 12 sur 130 · GROUPES CHIM. HOMOLOGUES. POIDS ATOMIQUE ET EFFET PHYSIOLOG · texte numérisé non relu

GROUPES CHIM. HOMOLOGUES. POIDS ATOMIQUE ET EFFET PHYSIOLOG

nitrique. C'est (î'autaut plus apparent que des composés de différents alcalis etc... appartenant à un même groupe chimique, avec le même acide, possèdent des propriétés physiques identiques. Nous reviendrons de plus près sur cette question quand nous traiterons de l'action physiologique dans ses rapports avec la structure physique.

Oii a soutenu qu'A tous les membres d'une seule et même famille chimique^ par exemple aux substances du groupe des alcalis, des terres alcalines, des corps halogènes, revenait une action de même naluff. En outre l'arsenic, l'antimoine, le phosphore et enfin différents groupes de métaux lourds montrent une concordance manifeste dans leur action physiologique. Cette affirmation renferme un grand fonds de vérité; car l'expérience nousaappris que l'organisme animal réagit d'une manière approximativement identique vis-il-vis des différents éléments constituants d'un seul et même groupe de substances chimiques bien caractérisée», pour autant notamment que ce groupe renferme des substances vraiment actives.

Mais on est allé plu» loin et on a formulé l'hypothèse que dans un même groupe l'intensité de l'action physiologique est dépendante du poids atomique des éléments. L'anglais Bt.ake s'exprima dans ce sens déjà en 1841, et en 1867 le docteur Rabctkau établit l'hypothèse que dans un seul et même groupe de corps anorganiques l'énergie physiologique , l'intensité de l'activité toxique est en rapport direct avec le poid» atomique et en rapport inverse de la chaleur spécifique. Blake appuya surtout son hypothèse sur des considérations générales, tandis que Rabuteau crut posséder des faits capables à tel point de soutenir la justesse de ses vues, qu'il osa parler d'une „loi atomique". Le premier fait, appelé à son secours, était emprunté à la découverte remarquable établissant que les sels de potassium ont une action plus intense et une toxicité plus grande que les sels de sodium, alors que les poids atomiques du potassium et du sodium sont entre eux comme 39 est à 23. Il y ajouta des faits se rapportant à des sels de calcium et de baryum d'un côté, de sélénium et de tellure de l'autre côté. Il regarda les sels de calcium comme quasi dépourvus de toxicité, les sels de baryum comme très toxiques; or leurs poids atomiques sont dans le rapport de 40 à 137. Le soufre est apparemment inoffensif, le sélénium est toxique, le tellure éminemment toxique et leurs poids atomiques sont 32, 74,5 et 128,28. De ces faits isolés il conclut à l'hypothèse que l'intensité de l'action physiologique de tous les métalloïdes et métaux s'aceroit en rapport direct avec leur poids atomique.

C'étaient donc des faits grossiers que Rabuteau ava'* Personne jusqu'ici n*a démontré que l'action i jaeà» de iHttussium et celle des sels de sodium sont

métaux appartiennent , sous le rapport physiologique , à un groupe unique. Il est complètement inexact que les sels de calcium ne sont pas ou presque pas toxiques. Si d'autre part on s'adresse à un groupe qui renferme des substances à action physiologique homologue, qui constitue en même temps un groupe nettement caractérisé et étroitement circonscrit au point de vue chimique, comme c'est le cas pour le groupe du phosphore , de l'arsenic et de l'antimoine (poids atomiques respectifs 31, 75, 128), la fausseté de l'hypothèse se démontre aussitôt on ne peut plus clairement. En effet', dans ce groupe le corps qui possède le plus faible poids atomique , le phosphore , est en même temps le plus toxique. Enfin les faits cités par Rabuteau étaient insuffisants, parce qu'il n'avait pas tenu compte, dans la détermination de la toxicité, du poids de l'animal, c'est-à-dire qu'il ne fixa pas exactement la quantité de substance nécessaire pour tuer un kilo du poids de l'animal. Des expériences ultérieures ont conduit à une interprétation des faits tout à fait autre, disons même diamétralement opposée. Cela est surtout vrai depuis que Husemann a mis au jour la toxicité du lithium , ce corps à poids atomique si faible , et qu'il a démontré ainsi une fois de plus l'inconsistance de l'hypothèse atomique, même pour ce qui regarde les alcalis. C'est surtout à Ch. Richet, que nous devons des faits exacts et comparables, se rapportant à cette question. Il détermina, par une série d'expériences sur les divers animaux , la toxicité relative des différents métaux alcalins , c'est-à-dire la quantité des divers chlorures de lithium , de potassium , de rubidium , administrés par la même voie (injection souscutanée), nécessaires pour déterminer la mort d'un kilogramme d'animal. Le résultat de ses expériences est en opposition directe avec l'hypothèse de Rabuteau; l'intensité de l'action physiologique ou toxique parut la plus développée pour les substances à poids atomique le plus faible. De sa longue série d'expériences instituées sur des limaçons , écrevisses , poissons , pigeons , cobayes et lapins , et dans lesquelles il tint compte de toutes les influences extérieures capables de modifier le résultat final, il put déduire le tableau suivant , où , à côté de la dose minimale nécessaire pour tuer un kilogramme d'animal , est cité le poids atomique de l'alcali toxique.

Tableau I.

Minimam de dose mortelle en milligrammes.

Poids atomique.

Ka.

Rb.

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