‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 14 sur 130 · DERIVES DS SCBSTITUTION CIII.ORES. ALCALOÏDES NATURELS · texte numérisé non relu

DERIVES DS SCBSTITUTION CIII.ORES. ALCALOÏDES NATURELS

^^l}éridme et acide jApérique. Le premier de ces produits de dédoublement est totalement incapable de cristallisation et doit être considéré comme étant l'hexahydropyridine C, H,, N ^ CH.

Ig' p„' NH, qui, comme l'indique le schéma ci-joint, se >duit par réduction de la pyridine. La pipéridine représente H H H donc la pyridine sur laquelle

6 ^c sont fixés G atomes de H;

X^--. x \ c'est une base ammoniacale

''./ "h^^ ?,Ncr \c,'5 liquide, entièrement diflFé-

rente par son odeur et sa saveur de la pipérine. Nous adoptons provisoirement la formule constitutive de cet alcaloïde naturel, telle que la fixa BucHHEiM, paree- 1 faits trouvés par lui. Si dans la pipéridine , dont la formule , donnée par Buchheim, peut s'écrire

^ tu

la pipérine '^(q jJ°q

D'ailleurs chaque fois que l'atome d'hydrogène de la pîpéridme est remplacé par un radical acide , l'on obtient des substances fortement irritantes, dont l'action sur l'organisme est identique à celle de la pipérine. Dans les divers poivres, à côté de la pipérine, existe le chavicine, qu'on peut concevoir comme la pipéridine où l'atome d'hydrogène est remplacé par le radical de l'acide chavicinique. C'est ainsi encore que la pyréthrhie , coanue pour son action irritante et retirée de la racine de pyrèthre , paraît 6tre une pipéridine oii la place de l'atome d'hydrogène est occupée cette fois par le radical d'un autre acide, l'acide pyréthrinique.

Un alcaloïde plus important en thérapeutique est Tairo^jinfi , l'alcaloïde de la belladone, une substance que vous avez déjà appris à connaître en physiologie. Par son influence sur la pupille, les sécrétions , l'activité cardiaque , elle met le physiologiste dans la possibilité d'étudier, dans leurs détails, les processus de la dilatation pupillaire. des sécrétions et des mouvements du cœur. Selon les observations de Buchhkim, elle est constituée de tropine et d'acide tropique , ou ce qui revient au même , elle est l'ester tropique de la tropine. La formule empirique de la tropine est plus complexe que celle 1C,H,,0

, l'on remplace le H par le radical pipérique , on obtient substance cristalline très irritante.

de la pipéridine, notamment N

Si l'on remplace le H

l'acide tropique (C, H,, 0, ^= acîde atropique -

+ HjO) OU par son radical (C, H, 0,) *) , l'on obtient l'atropine

iC H ^ ^* . Si de nouveau Ton remplace le H de la tropinepar ^9 ^9 ^S

d'autres acides, il se produit toujours des substances à action homologue, c'est-à-dire produisant la dilatation pupillaire, alors que la tropine elle même est inactive à ce point de vue. Buchheim regarde la belladonine, qui se trouverait à côté de l'atropine dans la belladone , comme une tropine où l'atome de H serait remplacé par le radical de l'acide belladonique. Il donne encore à la daturine provenant du datura stramonium , à l'hyoscyamine provenant de l'hyoscyamus , une structure homologue'). Il introduisit artificiellement dans la molécule de l'atropine le radical de l'acide benzoïque et produisit ainsi la henzoyltropine. Il montra que cette tropéine, de provenance artificielle, bénéficie de toutes les propriétés physiologiques de l'atropine. La prédiction qu'en continuant l'expérimentation dans cette voie on parviendrait à produire des alcaloïdes artificiels (tropéines) , qui pour certains usages thérapeutiques posséderaient des avantages sur l'atropine naturelle , se trouva confirmée plus tard d'une manière éclatante par les expériences magistralejs de Ladenburg. Déjà aujourd'hui ime place honorable, à côté de l'atropine naturelle , est réservée dans la pratique ophtalmiatrique à la tropine oxytoluylique (tropine phénylglycolylique)

N^^p^TT*'*^. , la célèbre homatropine, produite artificiellement par

Ladenburg.

Sans vouloir épuiser le sujet, constatons encore, en passant , les faits qui se rapportent aux trois alcaloïdes principaux de l'opium : la morphine, la codéine et la thébaine, dont les deux dernières doivent être considérées comme des dérivés méthyliques et vinyliques de la morphine, et aux quinines artificielles découvertes par Grimaux, dont nous connaissons déjà l'éthyl-, la propyl- , et l'amylcupréine (chinéthyline, chmipropyline , chinamyline). Tous ces alcaloïdes ont le caractère chimique des esters, et quoique ayant une action homologue dans un groupe défini , leur action est d'autant plus intense, qu'elles contiennent plus de CH,.

') L'acide tropique = l'acide isophénylhydracrylique

C Hf. H.

H. Çj Hj.

JOOH.

') Ladenburg a démontré plus tard que la structure chimique de l'hyoscyamine est entièrement la même que celle de l'atropine , mais qu'en fait d'activité physiologique elle se montre plus faihle que l'atropine, d'où son nom „d'atropine faible". La belladonine paraît également être un isomère de l'atropine.

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