CINQUIÈME CONFÉRENCE
influence <1e la strnctnre chlmlqne de>< méâicanientâ snr leur effet physiologique.
( Suite J
ModiGcation de l'effet pbjsiologiqae des médjcamBnts par Is variation de Icnr stractare cbimique. Imporlance de ces faits poar t'eiplitation de l'effet physiologîqDe. Dérivés mithyliqaes et éthyliques de la pipéridine et de la tropine. I l'atropine et de la cocaïne, t'onibinaiHoos tétraliydroj^nées.
Observations de Brown et FRAStR, Jolïet et Cahocrs. — Choline et mnsn apomorpbine. Combinaison» éthnr-Bulfuriqnes. — Isoméries (combiDaisons orthu, meta et para) et polymcriM (paratdéhyde, enlfones). EtAte allotropiques (sabstances de même nature amorphes et criatalliaées etc.) , I{«lation du gronpement atomique avec l'effet physiologique. Importance delà place occupée par le radical hydroxylique. Hypothèse do Loëw. Activité physiologique des groupemeota chimiques instables.
8î , Messienrs , comme nous l'avons vu dans notre dernière s le parallélisme eutre l'homologie de structure chimique et l'homologie d'action physiologique est plus que l'effet d'une simple coïncidence, s'il existe au contraire entre ces deux propriétés une relation de causalité, iV faut qu'un changement dans la structure chimique d'une substance soit capable de modifier aussitôt l'action primitive, de la diminuer ou même de ]'annihi]er. En provoquant ainsi des variations successives dans la constitution primitive et en étudiant les modifications que subit de ce chef l'action physiologique primordiale , il est permis d'espérer qu'on parviendra à s'orienter sur le rôle des diverses molécules constituantes de la substance primitive dans la production de l'action physiologique initiale. En d'autres termes: on pourra arriver de cette façon à établir quelle action physiologique déterminée revient à une molécule déterminée dans une substance donnée, dont on connaît la structure chimique. La prévision qu'un jour il sera possible de déduire d'une série de pareils faits la cause réelle de l'action physiologique et toxicologique ne manque pas d'attrait. Ce fait explique pourquoi
maint travail , à peine élaboré, est sans cesse remis sur le métier avec l'espoir d'atteindre le but désiré. Mais aussi longtemps que nous ne connaîtrons pas mieux qu'aujourd'hui la structure chimique du protoplasme en général et des divers éléments cellulaires en particulier , nous n'atteindrons pas notre idéal , quoique nous nous en rapprochions de quelques pas. Nous n'avons pas besoin de vous rappeler que l'action physiologique d'un médicament n'est pas un processus simple mais un processus compliqué. On doit considérer ce dernier comme une réaction dans laquelle la cellule vivante joue le rôle capital.
Je finis cette courte digression pour fixer votre attention sur une série de faits qui vous montreront que des modifications de la structure chimique d'un médicament entraînent des changements de l'action physiologique primitive. Les faits, que je veux avant tout faire ressortir, se rapportent encore une fois à l'atropine et à la pipérine et c'est encore Buchheim qui les a fait connaître le premier. Dans ces composés l'action caractéristique se perd aussitôt que l'acide cesse de faire partie intégrante de la molécule et qu'un radical alcoolique est introduit dans la substance mère. La méthyl-, l'éthyl- ou l'amylpipéridine perdent l'action de la pipérine; elles se rapprochent de nouveau dans leurs propriétés physiologiques de la pipéridine primitive , dont l'action , quoique moins intense , est celle de la pyridine (Heintz). De même les dérivés éthyliques, propyliques et méthyliques de la tropine , aussi bien que la tropine elle-même, ne possèdent plus l'une des propriétés capitales de l'atropine : l'influence mydriatique. Jadis Buchheim avait émis l'opinion , que l'action physiologique était due au remplacement de H par le radical acide. Mais plus tard les observations détaillées de Ladenburg montrèrent que la structure de l'atropine est autre que ne se l'était représentée Buchheim. Il fit connaître la tropine comme un dérivé de la tétrahydropyridine où le H fixé sur N est remplacé par le groupement méthylique et un des atomes de H , combinés au carbone , par le groupement oxyéthylique.
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