‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 16 sur 130 · N CE · texte numérisé non relu

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Dans la chaîne latérale se trouve donc un groupement hydroxyl-

VÉS MÉTHYLIQUES ETC. DE Pll'ÉlUDINK , TROPINE, ECGONINE. 57

alcoolique, capable de former avec des acides des éthere composés ou (iea soi-disant estera. L'atropine est un de ces esters et il faut la considérer comme l'ester tropique de la tropine. Aussitôt que cette molécule hydroxylalcoolique est combinée à un acide, le composé nouveau semble avoir acquis l'action dilatatrice de la pupille. Les tropines étbylique, méthylique ou propylique, ne représentent pas de pareils esters. Aussi tous ces dérivés , où la groupement hydroxylalcoolique de la chaîne latérale n'a pas été modifié et où un atome d'hydrogène à été remplacé à un autre endroit de ta molécule par un radical alcoolique, tous ces dérivés sont dépourvus de l'influence mydriatique.

Il semble séduisant d'ajouter à ces faits concernant l'action mydriatique des tropéines, encore une paire d'exemples, qui se rapportent à d'autres substances. La rocdine (extraite de l'erythroxylon coca) appartient, tout comme l'atropine, aux dérivés de la tétrahydropyridine. Elle est encore, tout comme l'atropine, un ester, notamment l'ester benzoïque de la méthylecgonine et elle constitue également un puisaaut mydriatique ').

A côté de ces mydriatiqueS appartenant aux composés tétrahydrogénés de la pi/i-iditte il faut ranger le dérivé tHrahydrotiéné de

Inaphtkylamine ') la tétrahydro-|5-naplithylamine, qui semble aussi

HH

' C H (Cj Ht 0) C Hi. C O 0. C H;

= ester henzoyle — mé-

tlijloxypropioniiua de la

inéthyltétrahy dropy ri ■

dîne. (Coraïne.)

) On peut ajouter, pour mieux faire saisir co rapport entre la constitution chi-

iqne et l'actioa physiologique, ce fait que, d'aprÈB les recherclies de Bambehoer

FiLEiiNE, l'action m^'driatique D'appartient qu'aux tét rahydronaplitb y lamines ,

le N H. figure en position ,/ et où les qoatre atomes additionnels de H se troo-

[ies deux comltinoisons tétrahydro-//-

ppelée alicyclique):

capable d'exercer une influence mydiiatique. Ne semble-t-il donc pas que Taction de dilatation pupillaire est intimement liée au groupe tétrahydrogéné ? Voilà une question qu'on se pose involontairement. Mais si vous vous représentez bien que le processus intime, qui détermine la mydriase, n'est pas et ne doit pas nécessairement être identique dans tous ces cas; si vous songez à ce fait qu'une substance comme le chloroforme, qui n'a rien de commun avec des esters ou des composés tétrahydrogénés et qui ne renferme pas trace d'azote, augmente aussi le diamètre pupillaire et peut même amener une dilatation maximale , vous concevrez qui cette question n'est pas encore mûre pour être résolue et vous estimerez comme prématurée et téméraire toute tentative de réponse définitive.

Si l'action mydriatique du groupe des tropéines dépend de la présence d'esters dans la chaîne latérale, l'action anesthésique locale de la cocaine tient à son tour à la présence d'esters dans la chaîne latérale. On a, dans ces derniers temps, en partant de l'ecgonine, construit des homococaines synthétiques, qui sont vis-à-vis de la cocaine ce qu'est l'homatropine vis-à-vis de l'atropine. Les recherches de Stockman et Poulsson aboutirent au résultat unanime que l'action anesthésique locale se perd avec la disparition du radical alcoolique éthérisant; mais qu'elle se maintient intacte dans l'homométhyl-, homoéthyl-, homopropylcocaine (les esters méthylique , éthylique , propylique du benzoyloxyacétate de cocayle), et dans la cocaéthyline (l'ester éthylique du benzoyloxypropionate de cocayle).

A côté de cette série de faits, dont il ressort qu'une des propriétés d'un médicament, soit l'action mydriatique, soit l'action anesthésique locale , peut se perdre par suite de modifications dans sa constitution chimique '), il y en a une autre qui nous apprend comment l'action primitive de certains alcaloides ^ par V addition de simples molécules , se trouve remplacée par un mode d^ action différent Cette dernière série de faits est, historiquement parlant, la première dont les auteurs modernes ont déduit la relation intime qui existe entre la constitution chimique et l'effet physiologique. C'est la découverte de ces faits qui a illustré ajuste titre les noms de Brown, le chimiste, et de Fraser, le pharmacodynamiste d'Edimbourg. Ces auteurs démontrèrent notamment, fait ultérieurement confirmé par Jolyet et Cahours, que la plupart des alcaloïdes manifestent une action curariforme, dès qu'on remplace un atome d'hydrogène par le radical éthylique et qu'au moyen

') La tropine, la méthyl, l'éthyltropine par ex. ont un effet sur le cœur, les glandes etc. . . semblable à celui de Tatropine; les dérivés du cocayle non éthérifiés produisent des convulsions tout comme la cocaine.

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