‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 17 sur 130 · CHANGEMENTS PAR ADDITION, IMPORTANCE DU RADICAL OH · texte numérisé non relu

CHANGEMENTS PAR ADDITION, IMPORTANCE DU RADICAL OH

■ ce composé nouveau l'on forme des combinaisons sulfuriques

iodhydriques. La strychnine (qui dérive du strychnos nux

lomica), changée de cette façon en sulfate d'éthylstrychnine, perd

ton action tétanisante et acquiert des propriétés ressemblant à

elles du curare. Ce fait provoqua au début Uétonnement général,

ilujourd'hui il n'a plus rien d'extraordinaire, car nous savons

pe le curare a des propriétés de la strychnine et qu'inversement,

l&DS des circonstances déterminées, la strychnine développe un

^et curarique. La grenouille montre, notamment nu début de

^empoisonnement curarique et d'une façon régulière, des convulsions

iflexes manifestes , tandis que la strychnine par de fortes doses

«■alyse, è l'égal du curare, les terminaisons des nerfs moteurs.

bnséquemment la variation d'action susdite n'est pas liée à une

todification qualitntiiw totale , mais seulement à une exagération

tunf proimfté déjà existant f. D'ailleurs il existe un nombre suffi-

mment respectable de substances connues, qui développent, à

ïaes plus ou moins fortes, une action curarique, sans que le

idieal méthylique ou éthylique se soit trouvé immiscé dans la

lombinaison. n n'en reste pas moins un fait remarquable que si

la morphine, l'atropine, la vératrine , la delphinine, la

ï[ainine, la nicotine etc.. on introduit un radical méthylique,

l'on voit toutes ces combinaisons manifester, à l'égal de la mé-

thylstrychnine , une action curarique et que par là même, malgré

i grande différence de l'action physiologique primitive, tous ces

jpmposés acquièrent des propriétés homologues.

, Appelons maintenant votre attention sur quelques faits qui se

pttacbent à ce que nous avons dît sur les tropéines. De même

me chez ces composés l'action mydriatique dépenil, jusqu'à un

artaiu degré, de la fixation du radical alcoolique hydroxylique sur

1 acide, ainsi aussi pour d'autres combinaisons le radical bydroxy-

ique exerce une influence éminemment significative sur l'action

âiy Biologique. L'on peut ain.si voir des substances peu actives devi'iiir

s poisons énergiques par la substitution du radical hydroxylique à un

me d'hydrogène. La choline ou le triinéthyloxyéthylammonium-

[ydroxyde = C. H, /--.tV ' , iiQ constituant normal bien

nnu de l'organisme animal, ne manifeste qu'à très fortes doses me action sur le coeur , la pupille , les glandes etc. . . ; mais par oxydation on peut en faire dériver, tout comme de son isomère, l'amanitine (iaocholine) = CH, CH (OH) N (CH,), OH (?), la muscarine

t NJCH, CH (OH). , le poison bien connu de l'amanitamuscaria. (OH I Dans d'autres conditions, par l^ notistradion d'un radical hydrcrt/-

lique , se produit une modification manifeste dans V action primitive. Ainsi de la morphine et de la codéine, par ablation de OH, se produisent les corps connus sous le nom d'apomorpliine et d'apocodéine. A première vue l'action narcotique primitive semble dans ces composés remplacée par une action émétique , mais , à un examen plus détaillé, on ne peut manquer de reconnaître pour les deux genres de corps des traits de famille. Ainsi la substance primitive, la morphine, peut déjà provoquer le vomissement; cet effet est devenu capital pour Tapomorphine. Par contre l'action narcotique et toxique de la morphine s'est affaiblie, tout en n'ayant pas disparu dans son dérivé, l'apomorphine. On peut donc une fois de plus constater ici non l'abolition totale des propriétés, mais seulement l'exagération ou l'affaiblissement respectifs d'une action primitivement existante. Les recherches les plus récentes de Stockmann font même prévoir que la constitution chimique de l'apomorphine est plus compliquée qu'on ne l'avait admis jusqu'ici.

Permettez-moi de joindre aussitôt à cette série de faits une seconde série, qui fera ressortir non moins manifestement l'importance du radical hydroxylique vis-à-vis de l'action physiologique. Vous connaissez tous ce corps qui nait dans le tractus intestinal par décomposition de l'albumine et qui, déjà à faibles doses, se montre éminemment toxique: le phénol G, H, OH. En cas d'alimentation riche en albumine notre corps pourrait journellement en subir les influences toxiques , si ce composé ne se transformait en un ester sulfurique. Cet ester sulfurique se montre, sinon totalement indifférent, du moins toxique seulement à très fortes doses et a comme formule Cg H^ SO, H. Ce qui est vrai pour le phénol et son acide sulfo-conjugué l'est aussi pour la résorcine (métadioxybenzol : C^ H^ (OH), 1:3), pour la pyrocatéchine (orthodioxybenzol: C^ H^ (OH). 1:2), l'hydroquinone (paradioxy benzol : C, H^ (OH), 1 : 4), et pour les esters sulfuriques qui en dérivent. Les esters sulfuriques paraissent beaucoup moins toxiques que les substances primitives. L'action parait donc, dès que le H de l'OH est remplacé par SO, H , diminuer notablement en intensité.

Chez certains alcaloïdes le radical OH parait jouer un rôle identique. D'après les recherches de Stockmann, le fait avancé par Stolnikoff que l'ester sulfurique de la morphine [0,^ Hj^ NO, (SO, H)] est presque totalement dépourvu de l'action narcotique de la morphine 0,^ H,, NO, OH dépasserait la réalité, mais il n'en trouva pas moins également une diminution sensible de l'influence narcotisante à la suite du remplacement du radical hydroxylique.

L'importance du radical OH vis-à-vis de l'action physiologique

IMPORTANCE Dd RARIPAI. HYDRUXYLItiltE.

n vouH portez votre attention que des combinaisons isomères dépend de la place occupée

ressort encore avec plus d'évidence sur la différence de Veffet fihysioloi dont la différence de constitution par OH.

COOH Vous savez que l'acide oxybenzoïque ou sali-

], cylique dérive du benzol , en substituant à un

atome de H le radical OH et eu y introduisant ^ COH COOH. Dans cet acide salicylique , que nous pouvons également représenter par la formule

CH

C, HJ '„ ..J" , certaines propriétés physiologi-

* OH{m)

iho-oiybeozoïq u«

l'action antiseptique et l'influence sur le système nerveux , paraissent se rattacher au groupement III (OH). Quelque soit le groupe , I , II ou III. dans lequel on remplace un atome de H par un radical alcoolique {métliyliqiie, éthylique), cela n'iuflue nullement sur le nombre des éléments ni sur la formule empirique du nouveau dérivé. Supposons que la substitution se fasse par CH, , ou obtient toujours une substance à formule empirique C, H, 0,. Si cette substance s'est formée par la substitution au moyen de CHg d'un atome H dans le groupement I, nous aurons affaire à l'homologue immédiatement supérieur de l'acide salicylique, l'acide cré-

sotiuique C^ Hj) ,ttiJ i l^i '^ *1^ propriétés physiologiques to-

CH, r ^^^' (i)

talement identiques à celles de l'acide salicylique. Dérive-t-elle de la substitution dans le radical hydroxylalcoolique du groupement II, d'im H par CH,, noua obtenons l'ester môthylique de

de Wintergreen

„ ., ,. ,. ., „iC00CHjII) ., 1 acide salicylique '-'i tlJ/^ir ,Trr, > '■

lOH (III)

(Gualtheria procumbena), qui , par ses propriétés , son influence sur le système nerveux, se rapproche de l'acide salicylique. Dérive-t-elle enfin de la substitution dans le radical hydroxylique du groupement

ni de H par CH , noua obtenons C, H/ /tit!' l'*cide mé-

thylsalicylique , un acide quasi entièrement indifférent au point de vue physiologique. Eu d'autres termes , aussi longtemps que nous laissons dans la combinaison en question le radical hydroxylique en paix, l'action physiologique se conserve; aussitôt que nous touchona au ratîical OH, nous affaiblissons l'action.

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02 V. STRUCTURE CHIMIQUE ET BFPET PHYSIOLOGIQUE DU MéDICAMENT.

COOH

COOCH,

COOH

im;

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