STRUCTURE D ORGANES ET EFFET PHYSIOLOGIQUE
encore entourée aujourd'hui de bien d'obscurités ; il n'existe mêine^ sur la corapositioQ chimique du protoplasme, que quelques vagues hypothèses. Sans décider, à l'heure qu'il est, si un jour la chimie physiologique parviendra à nous faire connaître, dans tous ses détails, le groupement atomique dn protoplasme vivant, nous savons, que notre connaissance actuelle se réduit à celle delà constitution de quelques rares débris , qui en ont fait partie. Nous savons que, pour avoir quelques notions de la composition chimique des tissus vivants, il nous faut au préalable détruirela vie. Nous avons conscience que, malgré toutes les expériences et toutes les découvertes , la chimie n'a pas réussi encore à nous donner une conception valable de la constitution de l'albumine morte. Vous ne serez donc pas étonnés de ce que je ne puisse pas utiliser des comparaisons chimiques et des formules rationnelles pour vous faire saisir eu détail Vimpoiiaiice de la constitution chimique de certains organes ou groupes d'organes au point de vue de l'action du médicament. Nous nous bornerons à énumérer quelques exemples qui prouvent que, sous l'influence de substances entièrement hétérogènes , il se produit dans un seul et même organe ou groupe d'oi^anes des modifications dont le résultat final est absolument identique. Le raisonnement nous conduit alors logiquement à la conclusion que l'orgauisation chimique seule, eiieore ignoi'ée, de l'organe est capable d'expliquer l'identité des résoltats obtenus sous l'influence de conditions chimiques extérieures de nature différente. Quand nous voyons l'urée , sous l'influence de l'acide sulfurique , par l'ébullitiou avec les alcalis, par l'intervention d'un ferment non figuré, produire chaque fois de l'ammoniaque, nous pouvons conclure de ce fait que le développement d'ammoniaque — ou cette activité formatrice de l'ammoniaque, comme on pourrait l'appeler — est déterminé par la constitution chimique de l'urée.
Je me permets, pour vous donner un premier exemple de l'action physiologique identique de substances hétérogènes, d'appeler votre attention sur ce fait que les acides forts , les bases fortes et les solutions concentrées de sels métalliques, bien qu'étant des substances, dont la constitution chimique présente des différences immenses, agissent uniformément sur les tissus vivants, en se montrant cauntiques. La décomposition de l'albumine, qui entre dans la composition de tous les tissus et qui est attiiquée par ces substances diflërentes, est la cause de ce résultat identique produit par des composés chimiques de nature diverse Cet exemple n'est pas tout à fait probant, parcequ'à côté de la constitution chimique du lissu vivant, avec lequel le caustique est rais eu rapport, il y a la structure physique qui subit de ce même chef des changements importun t<i.
ACTION IDENTIQUE DE SUBSTAXCKS HETEROGENES.
Tous les caustiques en effet enlèvent l'eau aux tissus vivants et mettent ainsi dans des conditions physico-chimiques incomtiblea avec la vie.
Un second fait, appartenant au même ordre do phénomènes F et qui a une valeur démonstrative plus grande, parce qu'il a trait D'à un élément histotogique et physiologique déterminé, consiste dans jPeffet entièrement identique produit sur les globules rouges du sang r l'inhalation de l'hydrogène arsénié, de l'injection hypodermique ! glycériue, de l'injection intraveineuse des acides biliaires, de Pj'eau distillé* etc. Toutes ces substances sont encore une fois très ^différentes au point de vue chimique. Pourtant, sous l'influence tous ces agents , les hématies meurent et perdent leur hémoglobine. La cause de cette action identique de corps aussi différents "ioit ici également résider, entre autres, dans la structure chimique ! la grande molécule qui réunit dans le globule rouge la lécithine \ l'hémoglobine, et probablement encore à d'autres substances.
Vous pourriez de nouveau récuser la valeur de ces exemples,
tarcequ'il ne s'agit pas, dans l'espèce, d'une vraie modification
tde la fonction, mais bien de la suppression totale; or la mort et
■]a destruction des tissus peuvent difficilement entrer en ligne de
K>mpte comme une action médicatriee. Nous voulons donc vous
t pciiiftrquer aussitôt que proviBoi rement il faut recourir, pour
OEpIiquer l'identité d'artion smlagogue du mercure, de la pilocarpine
(appartenant au groupe de la pyridine) et de la muscari»)!, à
l'organisation chimique de la glande salivaire; pour expliquer
l'identité de l'action diurétique du nitrate de potasse, de la caféine
Lot de l'apiol à la structure chimiqiie propre des épithéliuois spéci-
rques des canalicules urinifères ; comme pour expliquer le fait que des
mbstances chimiques aussi éloignées les unes des autres que les huiles
essentielles, les arides résini'ux, les alcaloïdes, les sels ijiortfanîtjves et
organiques, sont tous capables de provoquer do l'byperéraie et une
fsible inflammation de nature passagère, il faut admettre l'orga-
siaaiîon chimique spéciale des tissus vivants avec lesquels ces
ffbstances entrent en contact.
Après avoir mis en relief l'importance de la structure chimique du médicament et de l'organe au point de vue de la production de l'effet physiologique, il uous faut faire ressortir l'importance de la structure physique de ces deux mêmes facteurs au même point de vue. Considérons avant tout la nature physique du médicament et rappelons nous les belles recherches de de Vries ,
Ide VAN T HoFP et de tant d'autres, qui nous ont appris que des propriétés physiques de )a plus grande importance: la tempé- «are de fusion, la température de congélation, la pression osiDotiquo, la conductibilité électrique, sont sous !a dépendance di-