‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 20 sur 130 · VI. STRUCTURE D^ORGANES ET EFFET PHYSIOLOGIQUB · texte numérisé non relu

VI. STRUCTURE D^ORGANES ET EFFET PHYSIOLOGIQUB

recte du poids moléculaire des substances. Ainsi Von sait déjà depuis longtemps que les propriétés osmoHques des médicaments sont très importantes au point de vue de la rapidité avec laquelle se produit leur action , comme Pont très bien entrevu le célèbre physicien français Poisseuille et le non moins célèbre chimiste allemand Liebig. Le premier attribuait l'action déprimante de l'alcool sur le cerveau à la grande rapidité , avec laquelle il se meut dans des tubes capillaires. Liebig de son côté mettait entièrement sur le compte de leurs caractères de diffusibilité l'action nettement purgative de toute une catégorie de soi-disant sels neutres. Mais ce qu'ils n'avaient pas pu prévoir s'est réalisé de nos jours et tous ces phénomènes osmotiques rentrent dans le cadre des phénomènes physico-chimiques. Nous savons aujourd'hui que l'énergie chimique des solutions aqueuses des sels neutres est des plus importantes , qu'elle s'accroit avec leur dilution , et que dans toute solution les molécules tendent à s'éloigner les unes des autres, comme s'il s'agissait d'un gaz. Nous savons encore que du moment, où nous avons à faire à des électrolytes , le mouvement moléculaire , l'énergie chimique s'accroit encore.

Cette conception physico-chimique des solutions, qui nous fait considérer la pression osmotique etc. comme une fonction du poids moléculaire de la substance en solution, nous fait comprendre l'importance capitale d'une des propriétés physiques des médicaments au point de vue de leur action physiologique. Nous voulons parler de l'état d'aggrégation du médicament employé. L'état solide en effet est tout à fait impropre à faire naître de l'énergie chimique , à provoquer une réaction entre la cellule vivante et la substance chimique employée. Nous pouvons donc appliquer à la pharmacodynamie comme à la chimie le précepte: Corpora non ayant ttisi solufa. Ce n'est pas à dire que l'application d'une matière solide, mise en contact avec l'une ou l'autre partie de l'organisme animal, doive toujours passer inaperçue. Le tissu vivant peut dans ce cas montrer parfaitement de la réaction , mais il ne s'agit alors que d'une simple action mécanique , c'est-à-dire d'une action à laquelle la constitution chimique de la matière solide reste totalement indifférente.

Pour éviter tout malentendu , nous devons vous faire remarquer le pouvoir propre à r organisme vivant de faire passer à Vétat de dissolution des substances absolument insolubles^ qui en dehors du corps résistent souvent aux réactifs chimiques les plus énergiques. Vous aurez l'occasion de rencontrer plus d'un exemple qui vous montrera que des substances solides et totalement insolubles sont capables de développer une action thérapeutique ou toxique; qu'après être modifiées et transformées par l'organisme vivant elles parviennent à s'introduire dans le sang et les tissus , et qu'elles peuvent devenir

dif

«t'CT. PHïSIQCE ET PHYSICO-CHIMIQUE. ACTION DKS MÉDICAMENTS. 73

les remèdes très actifs. Ne croyez pas pourtant qu'il s'agit là pouvoir exceptionnel, spécifique de l'organisme vivant. Les belles iriences de Naeget-i nous ont appris qu'il n'y a pas d'insolubilité tbsolue , que du moment oii la substance , regardée comme insoluble , trouve pendant quelque temps dans une très grande masse d'eau, le partie minime de cette substance entre en solution. Tout organisme vivant représente une très grande masse d'eau et , la chaleur animale et les produits de sécrétion des cellules y aidant, le phénomène de l'action physiologique des substances insolubles s'exilîque parfaitement, sans faire intervenir l'action soi-disant vitale cellules.

Quant i l'autre face du problème, la structure physique des 'tissus . nous comptons parmi les premières conditions de la vitalité cellules leur imbihithn nquettse appropriée et suffisante, leur ■jiennMbiliié ou imp'-rmMiilih' pour les matières dissoutes. En mettant la cellule en contact avec certaines substances irritantes ou ;tLVec des caustiques , nous provoquons des phénomènes , que dk Vries -nommés pliismoljf titptes , c.-à-d. des changements dans la structure ihysique des tissus, marchant de pair avec des modifications chi- 'miques. Hamburger nous apprit récemment à connaître la perméabilité particulière du globule rouge du sang. Il résulte de aes recherchea minutieuses que l'action déabémoglobinisante de différents médicaments provoque en' même temps des modiiications dans la structure physique du globule.

Après tout ce qui a été dit, posons la question: En quoi conlîste en fin de compte la réaction entre le médicament et l'élément ■ganique? Comment se manifeste cette réaction, cet échange 'actions? Comment se manifeste l'action d'un mMicamenl? D'une façon constante et simple par le changement dp la fonrtton pkyxiotogiqu^ de l'un ou de l'autre organe ou élément organique, que ce soit une cellule primitive, une cellule ganglionnaire, une cellule glandulaire ou quelqu'autre élément physiologique, mis en contact intime vecla substance chimique. La modification de fonction n'est jamais, par sa nature môme, une modification qualitative. L'élément iologique ou physiologique, une fois constitué, ne change plus î peut donc plus revêtir de fonction physiologique nouvelle, inhérente à sa structure spécifique. La fonction est exclusivement modifiée dans le srtis çHffn/t/rt///"; elle parait exagérée OU affaiblie ( l'influence de l'agent chimique. Ou pourrait encore dire: que échanges organiques, propres à. l'organe ou à l'élément organique, augmentent ou diminuent d'intensité sous l'influence du médicament.

Ces modifications quantitatives de la fonction ohvainloiïique ismt d'ailleurs en général plus ou moins n

Page 1