VI. EFFET PHYSIOLOGIQUE ET EFFET THERAPEUTIQUE
non moins importante. Elle se rapporte à l'identité ou la non identité d'action d'une même substance chimique ou médicament chez l'homme bien portant et chez l'homme malade. On pourrait la formuler comme suit: U action d'un médicament est'?lle la même chez V individu bien portant et chez Pindicidu malade?
Cette question nous ramène sur le terrain plus pratique de la thérapeutique. A sa solution se lie intimement la réponse à cette autre question: les éléments organiques se trouvent-ils à l'état pathologique dans les mêmes conditions qu'à l'état physiologique ? Il nous faut sans aucun doute donner à cette question une réponse négative. Les éléments organiques se trouvent en efiTet à l'état pathologique sous d'autres conditions qu'à l'état physiologique. On comprend donc qu'il sera impossible de prédire l'action chez le malade d'une substance chimique en se basant uniquenfent sur son action chez l'homme ou l'animal entièrement normaux, à moins de connaître les conditions modifiées dans tous leurs détails. Il n'y a qu'un principe, qui puisse nous servir de guide, c'est que chez le malade les organes ou groupes d organes ^ qui réagiront à Végard de la substance chimique introduite^ ne seront pas autres que ceux qui sous cette influence subissent aussi chez l'homme sain des modifications fonctionnelles. La connaissance des organes qui montrent à l'état normal une réaction vis-à-vis d'une substance chimique déterminée et de la manière dont se manifeste cette -réaction con-
stituent donc le premier principe naturel de la pharmacothérapie , comme l'avait déjà reconnu si justement Hahnemann, l'homme tant de fois bafoué. Mais ce principe lui-même ne semble pas entièrement juste , si l'on s'en rapporte seulement à une appréciation superficielle des résultats thérapeutiques, obtenus en clinique par l'îidministration de certains remèdes. Et en effet, Ton voit se produire plus d'une fois chez le malade, après l'introduction d'un médicament quelconque , une modification fonctionnelle des organes et des éléments organiques qui , lors de l'expérimentation chez l'homme et l'animal normal , s'étaient montrés tout a fait indiflérents vis-à-vis de ce même médicament. Mais si l'on analyse ces faits avec rigueur, on voit que la difi^érence apparente d'action chez le malade et chez l'homme normal ne parvient pas à ébranler la justesse du principe énoncé plus haut. En effet, ce n'est que grâce à la dépendance réciproque étroite des organes et à l'altération fonctionnelle de l'organe sensible vis-à-vis du médicament administré, tant à l'état pathologique qu'à l'état physiologique, que Ton voit se produire chez le malade d'une manière indirecte des modifications fonctionnelles des organes insensibles à son action.
Il faut en outre attacher une grande importance au changement des conditions où se trouvent les organes à l'état pathologique. Ce sont