‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 29 sur 130 · INTENSITE DE L EFFET MEDICAMENTEUX · texte numérisé non relu

INTENSITE DE L EFFET MEDICAMENTEUX

faut

oublie

ler pourtant que rorfi;ani3me vivant n'est pas un réservoir pur et simple. Il imprime son cpcliet propre sur la plupart des substances introduites, en d'autres mots, il fait subir aux substances primitives qu'on administre des modifications d'ordre cbimique. Dans l'évaluation donc de la quantité du médicament présent dans le sang à un moment donné et pénétrant dans les tissus éloignés , il faut aussi tenir compte :

c) (Ux modifications que le médicament subit en traversant l'organisme.

Nous fixerons, en premier lieu, les conditions qui règlent la quantité reprise par le Kang , résorbée. Il va sans dire, qu'il faut d'abord tenir compte de la quantité employée; qu'à mesure qu'on administrera une plus grande quantité du médicament il pourra s'en absorber davantage et inversement. Mais en outre les facteurs suivants exercent une influence importante sur l'intensité de la résorption :

1'. le lieu d'application;

2". l'état d'aggrégaiion du médicament; ses propriétés osmotiqurs (diffusibilité).

f.e lieu d'application du mfdicament, considéré au point de vue q'ui intéresse le médecin praticien, c'est-à-dire dans ses rapports avec l'intensité de la résorption, de l'intensité d'action générale, présente on intérêt tel qu'il est indispensable, désirable à tous égards, d'entrer ici dans quelques détails.

Le nombre d'endroits de l'organisme vivant, qu'utilise l'art médical pour l'administration des remèdes, est assez considérable. La médecine moderne a essayé à juste titre de trouver sans cesse des places nouvelles qui puissent servir de station de marchandises pour le transport des médicaments vers le sang et les tissus. Ces stations, dont la mise en service est de création relativement récente, ne laissent souvent rien à désirer, quant à la rapidité et à l'exactitude du transport médicamenteux vers l'intérieur de l'organisme. Il n'en est pas moins vrai qu'on continue toujours d'appliquer le nom d'administration interne exclusivement à cet embranchement du réseau, qui semblaitconstituerjadisia voie unique pour l'introduction rapide du médicament à l'intérieur du corps. Encore aujourd'hui l'application, qui consiste à introduire le remède dans l'estomac par la bouche et l'oesophage, continue à valoir comme méthode d'application interne (A.) et tout autre mode d'administration , dont l'on se sert pour remplir le même but , s'appelle méthode d'application externe (B.). Ces dénominations trouvent leur origine dans la conception erronée que c'est par la voie gastrique, que les médicaments pénétrent le plus rapidement et le

" sus dans l'intérieur de l'organisme , dans le sang et le milieu

^niiet

88 VII. INFLUENCE DU LIEU d' APPLICATION SUR LA RKSOBPTIOSj

intérieur. Mais la eonaervatioii de ces noms De s'appuie pas seulement sur la tradition, dont tout le monde connaît un peu l'autorité dans la science médicale; elle se base encore, avec une apparence de légitimité, sur ce fait que, dans la grande majorité des cas, c'est l'estomac qui sert de porte d'entrée aux remèdes prescrits par le médecin. Il faut cependant regretter que tant de pharmacopées, — comme anssi la nfitre — consacrent encore, en l'honneur exclusif de la tradition, cette conception erronée par leur conduite vis-à-vis des doses maximales. Elles donnent bien les doses maximales pour l'application interne, mais Désignaient nullement celles qui ont trait à l'application externe. C'est comme si par cette dernière voie on ne courrait aucun risque , comme si la rapidité et la sûreté avec laquelle les médicaments héroïques et les poisons pénètrent par ces voies soi-disant externes jusque dans le milieu intérieur, étaient si peu stables qu'elles peuvent être impunément négligées par le législateur. Tout en n'étant pas entièrement étranger à la composition et rédaction de notre codex nouveau , nous voulons cependant reconnaître devant vous qu'à notre avis les pharmacopées anglaise, américaine et française, agissent plus rationnellement en ne relevant plus du tout de doses maximales, que les pharmacopées allemandes, suisses, „e tutti quanti", qui, en l'honneur de la tradition, s'obstinent, autant que notre propre pharmacopée, à signaler exclusivement les doses maximales pour usage interne.

Nous n'avons pas besoin de vous rappeler la manière dont se fait la résorption des médicaments dans l'estomac en cas d' usage interne. Ils passent de la muqueuse gastrique et surtout de la muqueuse intestinale par la voie veineuse à travers Iefoie,et ce n'est qu'après avoir traversé cet organe qu'ils arrivent au cœur, dans le sang artériel, et de là dans les divers organes. Il résulte clairement de là que certains médicaments peuvent pour ainsi dire être retenus par le foie; qu'ils ne pénètrent qu'en petite quantité et lentement dans le courant artériel, quoiqu'ils aient été absorbés par tes mu queuses gastrique et intestinale.

I, L'application externe des médicaments (B.) se fait en premier lieu sur différentes muqueuses. La muqueuse la plus utilisée est, sans conteste, celle du rectum, que le médecin choisit en générai pour y provoquer une action locale, mais aussi dans le but de faire naître une action générale. Cette muqueuse en effet est parfaitement capable de résorption. Nous savons, entre autres, avec certitude, que le sucre et la peptone s'y résorbent , quoique moins complètement et moins rapidement que par la muqueuse de l'estomac et de l'intestin grêle. Les expériences de Leubuschkh, de Main et Lemanski et d'autres, nous ont appris en outre quail

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