‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 30 sur 130 · ADMINISTRATION INTERNE ET EXTERNE. MUQUEUSES · texte numérisé non relu

ADMINISTRATION INTERNE ET EXTERNE. MUQUEUSES

litesse avec laquelle plusieurs médicaments solubles passent dans ) sang après l'usage interne est surpassée par celle, observée en appliquant, à même dose et même concentration, sur la muqueuse du rectum. On appelle cette application des médicaments l'administration pev clysma ou enemn: lavement. Ces mots dérivent des mots grecs x}.vî^ia =^ asperger et fcnj/ii ^ entrer Ldu faire entrer. Nous n'avons pas besoin de vous répéter que, ^flans ce mode d'application , le foie peut de nouveau faire valoir ■ •on influence sur le transit du remède dans le sang artériel et que certains médicaments , comme le mercure et d'autres combinaisons métalliques, peuvent s'y trouver longtemps retenues.

On applique encore assez couramment des substances médicamenteuses sur une série d'autres m»jM«Mes, comme celles de ^'ofi7, du nrz et de l'ornlle; mais exclusivement en vue d'un effet direct pBur la muqueuse elle-mCme de ces organes. Toutefois, malgré qu'on ! l'ait pas en vue et qu'on ne la désire pas, on ne peut empêcher raction éloignée dans aucune de ces applications; l'atropine, appliquée Sir la conjonctive comme raydriatique, peut être charriée par voie BDguine jusqu'aux glandes sudoripares et salivaires, et provoquer kinsi tous les phénomènes de l'empoisonnement par l'atropine, bn peut constater quelque chose de semblable pour le.s composés mercure: appliqués -X diverses reprises sur la muqueuse conîonctivale, ils peuvent souvent amener la salivation. La muqueuse nasale se prête beaucoup moins à l'absorption la conjonctive et cependant l'absorption peut s'opérer sur toute son étendue, excepté la région vestibulaire (M. Trêves). On peut en dire autant de la muqueuse du méat auditif. L'histoire de l'empoisonnement du père de Hamlet, telle que nous l'expose 'Shakespeare dans son drame Hamt,et, n'est donc pas une pure usventîon. On peut très bien admettre à priori qu'il est possible me provoquer l'intoxication et la mort par des instillations dans lu*oreille d'un poison énergique, II faut seulement comme condition que le poison agisse il très faible dose (comme par ex. l'acide cyanhydrique); car on ne peut introduire dans le conduit auditif que de très faibles quantités de liquide. Pratiquement on ne choisit donc jamais ces muqueuses dans le but d'obtenir des effets éloignés ou généraux. Quand ils se produisent, c'est un phénomène indépendant de nos inteiilions.

Deux autres muqueuses exigent encore votre attention , comme lieu d'administration raédicamenteuBe , notamment la muqueuse de i'appareil génito-urinnire et celle des voles respiratoires. La première îprésente une muqueuse à plusieurs couches épitbéliales. Pour ttrler d'abord do la muqueuse véskale, nous savons que, dans cerpùnes conditions, elle est capable il'absorber. On a été plusieurs

90 vn. INFLUENCE DU LIEU d'APPLICATION SUR LA RESORPTION.

fois à même d'examiner Pactivité résorbante de cette muqueuse. Ces recherches étaient facilitées par ce fait que , dans certains états pathologiques de la muqueuse vésicale, l'application topique répétée de substances médicamenteuses est de rigueur. Grâce à ces observations et à Texpérimentation, nous savons que la muqueuse d'une vessie normale, pourvue donc de ses nombreuses couches d'épithélium , ne laisse pas passer du tout, ou du moins en très faible proportion, les substances dissoutes. Les recherches les plus, récentes , celles notamment de Boyer et Guinard , démontrent même que la muqueuse intacte est absolument imperméable pour les liquides. Cette imperméabilité se perd du moment que, par suite de l'un ou de l'autre processus morbide, une ou plusieurs couches d'épithélium ont dispara ou sont détruites. L'activité absorbante de la muqueuse vésicale augmente alors presque parallèlement à la restriction du nombre de couches épithéliales , et des quantités plus ou moins fortes de substances dissoutes, introduites dans cette vessie malade, passent dans le sang. Quant aux résultats positifs , obtenus à ce sujet par Ashdown chez les animaux normaux, pourvus d'une muqueuse vésicale parfaitement saine, je ne puis les regarder comme concluants. Ashdown jugeait de l'absorption de la vessie par le passage de la substance dissoute, y injectée, dans l'urine suintant d'une fistule urétérine — évidemment après ligature préalable des uretères entre la vessie et les reins. Car, s'il a tenu compte des faits récemment avancés par Lewin, qui prouvent que le contenu de la vessie peut être expulsé sous une forte pression dans l'uretère, et même dans le bassinet rénal, le mécanisme de ces expériences n'exclut pas la lésion de la muqueuse vésicale par la trop haute pression. En face des assertions d' Ashdown nous mettons en avant une paire d'expériences, instituées dans notre laboratoire sur le chien et le lapin, dans lesquelles la quantité totale d'iodure potassique, injectée dans la vessie sous une faible pression (± 50 centim. cubes d'eau) et y ayant séjourné. durant plus d'une heure'), fut rétrouvée dans le contenu de la vessie. Nous ne pouvons donc admettre la perméabilité de la muqueuse normale de la vessie ; mais nous ne saurions trop vous engager à user de prudence dans Virrigation d'une vessie malade avec des solutions de remèdes énergiques ^ dont Vintroduciian dans le sang s'opère avec facilité.

On connaît peu de choses sur l'absorption qui s'opère au mvwa de la muqueuse de Vurèthre de l'homme et de la femme , VM^NyMÉJ^i^

') Dans Tun des cas on injecta 319 mgr. on retrouva 820 b Dans l'autre cas „ „ 279 „ „ „ 270

La solution comptait 0.6*/e de Kl.

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