HUITIEME CONFERENCE
Influence du lieu d'Application sur la résorption.
B. Application eiterne.
II. Fean l. Mode d'administration Épidermi^DO. Controverses sur le ponvoir d'absorption de la peau intacte. Importiince de l'état d'aggrégstion pour l'abtorption. Absorption par la peau de sabstanciK) gazeuses, liq^nides (expériences de HflFNRH), semi-solides, semi-liquides (onguents, emplâtres) '2. mode d'aijministratioD endermiqne, méthode d'inoculation. III. Tissu celiulaîre sous-cutané. Injections hjpodennïijues (âlexander Wood, Pkavaz). Avantages de ce mode d'administration ; absorption sQre et rapide. Incertitude de l'absence d'effet cumulatif et de rélimiuation plus rapide, lofluenue de» modi Sentions lt>ualeB sor l'effat aatidonloureux. Indication et cuntre-iudicution de l'emploi des injections hypodermiques ; désavantages de eu mode nl'administratiou.
IV. Sang artériel. Injection intraveineuse dans le traitement de la morsure de serpent et du choléra.
Influence de l'état d'aggrégdtion et des propriétés osmotiques sur la quantité
II, C'est un fait banal, Messieurs, que, daua la pratique clinique, les médicaments sont rais assez souvent en contact avec la peau.
On peut distinguer deux modes d'application cutanée: 1. celui où nous portons nos remèdes sur la partie superficielle delà peau, sur l'épiderrae: c'est la méthode épidermique ou perculanéf et 2. celai où la peau même, l'envoloppe cutanée proprement dite avec ses nombreux vaisseaux, ae trouve utilisée : c'est la raéthode «(rfer»i»^Me ou intiacalanée.
La méUiixie épidermique exige avant tout notre attention,
1. On ne saurait donner une réponse générale à la première question , qui se pose ici , celle de savoir si les médicaments , entrant en contact avec la partie la plus externe de la peau , peuvent passer dans le courant sanguin ? Cette reprise par le sang dépend tout entière de l'état d'aggrégation où se trouve le remède épidermiquement administré. S'il est à l'état gazeux, il passe — c'est un foit généralement reçu par les auteurs — sans aucune peine îi.
94 vin. INFLUENCE DU LIEU d' APPLICATION SUR LA RESORPTION.
travers la peau aussi bien qu'a travers les muqueuses , et se distribue au sang. 11 n'y a rien de plus commode que de s'en convaincre par une expérience. Si Ton enveloppe le corps velu du lapin, du chien, dans un sac chargé d'hydrogène sulfuré ou arsénié, si l'on a soin de laisser passer la tête de l'animal hors du sac et que conséquemment le gaz ne puisse pénétrer par la voie pulmonaire, on voit se produire après un temps très court tous les symptômes de l'intoxication.
Mais on ne fait que rarement usage de la méthode épidermique pour l'administration de substances gazeuses. Il est vrai que dans certaines stations balnéaires (Franzensbad p. e.) l'on soumet encore le bas du corps , ou même une autre partie du corps dénudé, à l'influence du gaz anhydride carbonique ; autrefois même on instituait des cures par les fumigations mercurielles ; mais tout cela est et restera une exception. Il faut évidemment mettre sur le même rang que les gaz les substances volatiles mises en contact avec la peau; leur résorption s'opère aussi facilement quand on les administre par la méthode épidermique.
On doit considérer comme plus importante pour la pratique la question de savoir si des médicaments , qui sont mis en contact avec l'épiderme à Vétai liquide ^ sous forme de solution, peuvent passer à travers la peau dans le sang. En cas d'ablutions, d'enveloppements , de bains médicamenteux , on applique sur une partie plus ou moins vaste de la peau, ou même sur toute l'enveloppe cutanée, divers corps chimiques dissous dans l'eau, présentant des températures variables. Or, un des problèmes les plus importants de la balnéothérapie est bien celui de savoir si les sels etc. . . , dissous dans l'eau du bain, peuvent pénétrer jusqu'au milieu intérieur, ou bien si les effets thérapeutiques obtenus par les cures balnéaires sont dus exclusivement à l'irritation locale de la peau.
On n'a pas peu discuté cette question et divers expérimentateurs nous ont fourni un grand nombre d'observations , qui sont loin de mériter toutes une égale confiance. On peut en apparence réaliser très facilement ce genre d'expériences. Il ne s'agit tout simplement que de déterminer si les substances chimiques, dissoutes dans le bain , passent dans la salive , l'urine etc. . . C'est exclusivement de cette façon qu'on parvient à établir que la substance médicamenteuse a été reprise par le sang. Il faut pourtant se méfier d'avance des résultats fournis par ce genre d'expériences, si avant de les instituer on ne s'est pas bien assuré que la peau est partout . bien recouverte de son épiderrae et qu'on a soigneusement écarté toutes les causes capables de donner lieu, en tel ou tel endroit, à une lésion épidermique. En effet si aune place quelconque, quelque minime qu'elle soit, l'épiderme fait défaut, le remède entre en
MODE D ADMINISTRATIO>f EPIDERMIQUE.
" contact avec le réseau de Malpighi. Or personne ne doute que cette partie de la peau ne soit capable de résorber. A l'effet de bien remplir les conditions indiapenaables pour pouvoir fournir une réponse valable à la question posée, il faut écarter les diverses expériences instituées avec des solutions irritantes caustiques et destructrices de l'épiderine. Les observations valables nous imposent alors la réponse uniforme : que la peau humaine , dans son état de conservation parfaite, ne laisse passer aucune substance chimique dissoute. Hufner a démontré ce fait de la façon la plus claire et la plus péremptoîre. Le lithium est uue de ces substances que l'on peut aisément reconnaître , à la dose minime même d'une fraction de milligramme , par la raie claire qu'il montre au spectroscope. HîIfner mit donc la peau des extrémités inférieui-ea , jusqu'à une distance prononcée au delà du genou, en contact avec de l'eau chaude où se trouvaient dissoutes des combinaisons de lithium (bain de pied tithiné) et cela durant une et même deux heures. L'urine, éliminée après l'expérience, ne renferma jamais la moindre trace de lithium.
Si nous voulons donc faire passer un médicament dans le sang , nous ne pourrons jamais nous adresser à l'administration épidermtque de la solution du remède en cause, à moins que la peau n'ait subi quelque part une solution de continuité. Mais dans ce cas il ne s'agit plus d'application épidermique , mais bien d'application endermique.
On applique très souvent sur la peau, non seulement pour la cure des maladies cutanées , mais aussi en vue d'autres buta , des médicaments sous forme d'emplâtres et d'onguents, dans une forme mi-9oIide. Les substances administrées par cette méthode pénètrentelles à travers l'épiderme jusque dans le sang et peut-on également dans ces conditions compter sur une action éloignée? On a institué une longue série d'expériences dans le but de résoudre cette question. On peut admettre à priori que la peau, intacte et pourvue de son épiderme, ne laisse pas plus passer tes substances mi-soiides que les liquides. Mais si l'on considère que dans l'application des onguents l'on frictionne la peau en la graissant, il est aisé de comprendre combien facilement l'épiderme peut être lésé par ces manipulations mécaniques. Il faut y ajouter que les onguents et liniments, aussi bien que certains emplâtres, renferment des substances irritantes capables de porter une action chimique sur l'épiderme. Dans les frictions mercurielles , par ex., il faut autant compter avec la lésion chimique qu'avec la lésion mécanique de la peau. Une fois l'épiderme détruit, la substance entre en contact avec le réseau de Malpighi et môme avec le chorion. Alors ce n'est de nouveau plus l'application épidermique que nous eniDlovons. . la méthode endermique. Il faut enfin