‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 35 sur 130 · NEUVIÈME CONFÉRENCE · texte numérisé non relu

NEUVIÈME CONFÉRENCE

ModiHcfttioDs subies par les iii^dicaïuents daiis l'organisnie.

ModificatioQB que subissant ks médicaments ù l'endroit de leur application. Application externe^ dissolution de médicaments insolnbles dans le tÏBsn conjonctïf sous-cotané, à la surface des muqueuiies, sur la peau. Administration interne; inodificatious »e produisant dans le tube digestif: a) processus do dissolution; action do la salive, du suc gastriq^ue, du suc pancréatique, du «ne inteitinal, de la température; b) processus de dédoublement (esters et gl^cosides); action du ferment pancréatique et des organismes de la putréfaction; c) processus de syntbèse; d'oxydation, de réduction; signification des processus de rMnction;ii)proceBaa»isigBi6i'Btion incomplètement connue (action sur l'émulsine).

Modifications subies par les médicaments dans l'organisme et dont le siège nous est incomplètement connu. Siège probable de ces modîGrations (organes et tissus). Natnre de ces modifications: a) proccssuK d'oxydation, lear rareté (hypophosphites , Euifites); b) processus de réduction, non démontrés d'une façon absolue (chlorates, acide arséuieui); e) processus de dédoublement, rares ponr les médicaments véritables; controverses su sujet de l'hiBtnitynie de SchmjeuenGRG; hydrate de chloral, sel de Schlippe, iodurcs et bromures alcalins; d) processus de synthèse; leur signification, leur localisation, leur nature; combinaison de médicaments introduitsdansrorganismeavecOH,SH,80]H ,1e glycocolle, l'acide glycuronique , NH^, la cystine, l'hydantoïne , CH]. Exemples de chacune de ces synthèses. CombinaisOD de groupements atomiques: presque toujours produits de désassimilation des substances aïotées. Diversité àtm processus de combinaison ch^ les espèces animales différentes. Synthèse artificielle.

Messieurs. Noua venons de voir quels sont les facteurs qui exercent une influence sur la résorption d'un médicament. Mais la quantité, qui s'en trouve à un moment donné daus le sang et qui est charriée par celui-ci vers les divers organes et appareils , v.^pend en outre de la quantité éliminée à chaque instant. Ces feux circonstances sont les seules dont il faille tenir compte les cas où le médicament reste inaltéré et où il n'a pas iubi de transformations chimiques. Mais souvent, dans l'organisme nimal , c'est le contraire qui s'observe et par conséquent il est gique qu'avant d'étudier l'élimination des médicaments, nous m» occupions d'abord des modifications qu'un médicament peut

d'abord l'endroit de l'organisme où ces moi/ifi-

106 IX. MODIFICATION DBS MBDICAMBMTS DANS L'oRGANISMR;.

talions se produisent, on pourra déjà les diviser en deux groupes:

1". les modifications se produ-isant à Vendrait d'application du médicament ^ avant que le médicament n'aît pénétré dans le sang; 2". Us modifications an sujet de la localisation desqtu>lles noua itepon' sédons pas de données précises.

En établissant la distinction de cette manière , nous gardons une prudente réserve. Nous ne décidons pas la question de savoir si le* modifications, que nous rangeons <lftns le second groupe, se passent dans le sang ou bien dans les tissus; nous n'excluons même pas la possibilité de leur production à l'endroit d'application du médicament; nous disons simplement qu'il nous est impossible pour le moment de les localiser avec une certitude suffisante.

1. Le tnade d'administration le plus habituel est bien celui où le médicament, donné par voie buccale, passe de là dans l'estomac et dans les intestins. C'est surtout le long de ce trajet , où se rencontrent en si grand nombre des liquides capables de modifier chimiquement les substances les plus diverses, que les médicaments sont exposés à subir des transformations importantes d'ordre chimique.

Cependant ce serait une erreur de croire que ces modifications chimiques font défaut, lorsqu'il s'agit de l'application externe des médicamenta. Il eat vrai que les procesaus, grâce auxquels ces transformations se produisent, et la nature de ces transformations elles-mêmes sont encore si peu connus. Nous devons recoa--naître notre ignorance à cet égard. Néanmoins ces modificatioai existent et , dans ces dernières années , de nombreuses expérience ont démontré, de la manière la plus précise , que les médicamenté peuvent subir, aussi bien dans le tissu conjonctif sous-cutané qu'« la surface de la peau, de la conjonctive oculaire, etc., des modifia cations par lesquelles des substatices insoli^les sont transformées t substances solubles. C'est ainsi qu'il est prouvé que toute une séri de composés mercuriels insolubles — calomel, thymol au mercure J huile grise — , lorsqu'ils sont injectés dans le tissu conjonctîj sous-cutané , sont transformés pour une partie en combinaisoul mercurielles solubles, De même le calomel , appliqué sous fon de poudre sur la conjonctive oculaire, paraît se transformer < un composé mercuriel soluble. En effet , ai des iodures alcalins^ administrés simultanément par voie interne, s'éliminent à la sur-'îl face de la conjonctive oculaire , il semble pouvoir se former à ce niveau de l'iodure de mercure, qui peut déterminer une irritation violente et même une action caustique. Ici encore nous ignorons la nature du processus intime grâce auquel le calomel se transforme eu un composé mercuriel soluble. Tout ce que nous savons, c'est que nous avons affaire ici à un processus analogue à celui

DISSOLUTION EN CAS D\àPPLICATION INTERNE ET EXTERNE,

d'ac

lécrit par Nakgeli , dans lequel la disaolution de substances regardées comme insolubles est déterminée par la grande masse de liquide, et que les quantités dissoutes à un moment donné sont des quantités relativement minimales. Nous savons en outre que le chlorure sodique contenu dans le mucus, dans les larmes, dans le liquide parenchymateux , ne participe à cette dissolution que pour une part très faible, et que la température du corps n'est pas sans exercer une certaine influence. Dans d'autres cas de ce genre nous possédons quelques renseignements de plus sur la nature intime des processus auxquels nous faisons allusion. Quand , par exemple , après des frictions de la peau avec une combinaison insoluble de mercure, nous voyons se produire des symptômes qui démontrent la présence dans le sang d'un coml>o3é soluble de ce métal, nous ne perdons pas de vue les acides gras sécrétés par les glandes sébacées renfermées dans le peau , et noua supposons que ce pourraient bien être ces acides qui, par leur combinaison avec le métal , ont formé des sels solublea d'acides gras.

Ne vous étonnez pas si les expériences que nous signalons se pportent toutes aux combinaisons du mercure. I! ne faudrait en conclure que d'autres corps, employés en application externe sur la peau, en injection aoua-cutanée , etc., ne puissent donner lieu à des phénomènes analogues. Si les faits relatés dans la pharmacothérapie se rapportent presque uniquement aux combinaisons de mercure, c'est qu'il est bien rare que d'autres corps insolubles soient ainsi employés en application externe , et que d'autres encore (tels que l'iodoforme , l'iodol) , insolubles en apparence , se sont déjà altérés en dehors de l'organisme sous l'influence de certaines conditions (lumière, température). D'ailleurs, en parcourant la toxicologie du plomb, il n'est nullement difficile d'y découvrir certains faits qui se rattachent directement à ceux que nous venons de rapporter. Les observations, publiées par Manocvriez, sont surtout intéressantes à ce point de vue. Après application de combinaisons insolubles de plomb sur la peau, cet auteur put observer l'absorption locale du médicament , qui se manifesta, non pas par uue paralysie généralisée, mais par des phénomènes paralytiques strictement limités à la région d'application. Enfin, les expériences de Paschkis , qui observa chez les animaux les symptômes d'une intoxication arsenicale, après leur avoir injecté sous la peau de l'arsenic métallique, viennent confirmer la manière de voir que nous exprimions plus haut.

Mais les modifications des médicaments, qui offrent pour nous le plus d'intérêt, sont celles qu'ils subissent lors de leuradminis- JatîoD par la voie mlerrie. Notre tube digestif est organisé de ma-

^^^tîû

10& EX. MOMFVULTSaS DES MÈUCAMEStS DA5S l'oBGAXIBMK.

niêre à séparer et à trier les «obsluices qui t sont introduites et à kor faire sul» des transformadons tdles qu'elles puissent 4fre résorlpées doos one forme directement utilisaUe par le sang on les tiâsos. Pas pins qœ les aliments, les médicaments n'échappent à l'action des liquides sécrétés par les glandes du tube digestif, et les direrses modifications qu'ils saUseent dans l'estomac et dans Tintestin peuvent, à notre avis, être groupées en quatre catégories :

a. transformation de composés insoluUes en composés solubles;

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