‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 44 sur 130 · X. ELIMINATION DiW MEDICAM1ÎNT · texte numérisé non relu

X. ELIMINATION DiW MEDICAM1ÎNT

certains alcaloïdes, tels que la pilocarpine, pour lea com] mercuriela , etc. , en un, mot pour toutes lea substances à l'égard desquelles les glandes salivaîres montrent une grande affinité,

A côté de la circulation gastro-hépatique et gastro-salivaire , il en existe une troisième que je voudrais appeler circulation hématogastrique ou hémato-enlérique. Les preuves que les glandes stomacales et intestinales se caractérisent également par une affinité spécifique pour certaines substances deviennent plus nombreuses de jour en jour. Cette affinité ne se manifeste pas seulement pour certains composés métalliques, tels que les sels de mercure et d'antimoine , mais aussi pour les sels de chaux et pour un certain nombre de sels d'alcaloïdes très solublea , tels que les sels de morphine et d'apomorpliine , et enfin pour d'autres composés organiques {santonate de soude, etc.). Quand ces diverses substances circulent dans le sang, elles sont déversées dans le tube digestif par la sécrétion des glandes stomacales et intestinales ; et quoiqu'elles soient en partie éliminées par les fèces , une autre partie en est reprise par le sang , pour être déversée plus tard de nouveau dans le tube digestif, et reparcourir pour une certaine part le même cycle.

Nous pouvons en conclure que la différence existant entre les médicaments organodépositoires et organodécurBeura n'est qu'une différence quantitative. Elle ne dépend de la nature des médicaments que pour autant que leur affinité pour certains organes détermine ou leur élimination plus ou moins rapide, ou leur séjour plus ou moins prolongé dans l'organisme-

Parmi les organes où les niMicammts se déposent , il faut signaler en toute première ligne le foie, qui présente des conditions extrêmement favorables à l'accumulation des médicaments, grâce à ses dimensions considérables , à la grande richesse de son réseau vasculaire et à ses propriétés d'emmagaainement toutes spéciales. Les recherches physiologiques ont d'ailleurs démontré cette accumulation depuis bien longtemps en ce qui concerne le glycogène. Parmi les autres organes où l'examen poat morte m permet de retrouver les médicaments organodépositoires, tels que les sels métalliques, etc., il faut encore signaler les reins, les muscles, les os, le système nerveux central. Le pouvoiraccumulateur que possèdent ces organes vis-à-vis des médicaments en question dépend-il de ce qu'ils sont le siège d'échanges organiques relativement plus actifs, ou bien se trouve-Hl en rapport avec des propriétés physiologiques spéciales? C'est là un point sur lequel je désire ne pas me prononcer mais qui n'en a pas moins une importance capitale, depuis que nous savons que non seulement des com binaisons métalliques, mais même des substances volatiles ,

CIRCCLATIONS SPECIALES. ORGAXR.'* DE DÉPÔT ET D'ÉLIMINATIO!*, 131

l'&lcool , peuvent être retenues par la foie et le cerveau (Giof-

FREDi).

Au nombre des organes 'jiti éliminent les substances circulant dans le sang, il faut signaler en toute première ligne les reins. C'est la grande voie par laquelle s'éliminent de préférence toutes les substances étrangères que renferme le sang. Mais si les relus constituent la voie principale, ils ne constituent certsinemeut pas la voie unique. II faut citer en second lieu là peau etles poumons , les deux grandes voies collatérales qui rendent des services si précieux au point de vue de l'élimination des produits ultimes de la dosassirailation. Même \à où il s'agit de l'élimination de substances volatiles le poumon ne semble jouer qu'un rôle secondaire (Binet). Comme organe éliminateur la peau est de beaucoup plus importante, et les recherches récentes d'HmscHMANN ont prouvé qu'après l'administration interne de salophène, de salicylate de soude, d'antipyrine, l'on peut trouver ces substances éliminées par la peau à l'état cristallisé. En outre , un certain nombre de glandes prennent une part qui n'est certes pas négligeable. Le foie, les glandes satieaires, les glandes mammaires jouissent de la propriété d'éliminer certaines substances avec le produit de leur sécrétion (bile , salive , luit). Ils enlèvent ainsi momentanément au sang des matières étrangères qui s'y trouvent renfermées. Seulement comme le produit de sécrétion de ces glandes — à part celui de la glande mammaire qui ne joue ici qu'un rôle tout à fait secondaire — n'est pas excrété directement à l'extérieur, l'élimination qui s'effectue par les voies que nous venons de nommer eu dernier lieu n'est que momentanée et non définitive. Dans ces conditions — comme nous l'avons vu tout-à-l'heure en parlant de la circulation gastro-hépatique et gastro-salivaire — il se peut fort bieu, et les choses se passent réellement ainsi, que les substances sécrétées soient de nouveau reprises par le courant sanguin.

Je considère également les muqueuses stomacale et intestinale , dans toutf leur étendue, comme un véritable appareil d'excrétion. Nous sommes trop habitués à considérer exclusivement cette muqueuse comme étant la voie par laquelle les diverses substances ingérées passent dans le sang, et nous n'oublions que trop souvent qu'un certain nombre d'entre elles passent de nouveau dans le tube digestif par les sécrétions qui s'y déversent , ilu moment qu'elles se trouvent accnmulées en quantité considérable dans le sang. Nous savons aujourd'hui que non seulement l'urée , mais encore les peptones peuvent quitter le courant sanguin et être déversées dans lo contenu intestinal. Il est démontré qu'un grand nombre de médica-

mts, dont l'élimination par les reins avait seule jn

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