DOUZIEME CONFERE
loflaence il« l'état iiKlividuel et temporaire de l'organisme
sur l'action des médicameats.
(Inimnnité.)
Immnnitè coagénitale. Ses cani>eB. Immunité des lapins pour ]a belladone, des roD^eurs pour la digitaline; des mammiférea pour le corare, administré àrintèrienr. Immunité seqaise.
1. TmninnKé dne li àea ci rmc stances particnliËres. Résorption ralentie; influence de l'asphyxie (expérience de Claude Bernard), ne dépendant pax uniquement d'un ralentissement de la résorption. Elimination plus rapide.
2. Immunité par accoutumance. Mithridatieme, Phénomènea caractérisant l'ac- Mutamante sux poisons ; a. disparition de cort-ains effets par suite d'usage prolongé ; b. pergistance de certains autres; g. immunité ne se manifestant que pour certaines doses et pour certains organes; altérations fonctionnelles et anatomopsthologiques des organes ; d. impossiliilité de se passer pour un certain temps dn poison auquel on s'est habitue. Explication fournie par les processus intimes s'accoroplissant dans le protoplasme. Amibes d'eau douce et d'ean salée. Différenciation des organes.
Action cumulative. Expériences avec la digitaline et l' h ellébore! ne. Phénoniènes observés: effet toxique ou morte] do la répétition de doses petites, inoffensives par elles-mêmes; action consécntive; accoutumance de certains organes ani poisons dont l'action s'accumule. Caase à rechercher non dans la nature du poison, mais dans l'organe; addition de l'excitation.
3. Immunité résultant de la présence dans l'organisme d'an poison à action opposée. Tolérance des individus alcooliques ponr l'opinm. Intoxication préventive dans le but d'obtenir l'immunité. Expériences do Brunton. Vaccins chimiques.
Messieurs. A l'idiosyncrasie on peut opposer l'immunité ; à l'hypersensibilité relative, l'invulnérabilité relative pour les médicaments. De même que l'idiosyncrasie, l'immunité peut être cotijéiitale on acquife.
La première forme d'immunité — celle de l'immunité dite congénitale ou naturelle — se rencontre aussi bien chez les diverses espèces animales que chez des individus appartenant à la même espèce. BoRDiER consacre quelques pages de sa ^Pnthologie comparée" à des faits de ce genre, et nous nous bornerons à en signaler ici
154 Xn. COMPLEXION DE l'oRGANISME et action MEDICAMENTEUSE.
quelques-uns. Ainsi, les poules sont très peu sensibles aux alcaloïdes de Topium; les herbivores supportent sans inconvénient des quantités considérables d'atropine et d'opium; le hérisson n'est pas influencé par la cantharidine , et la morsure du serpent est sans action sur lui, même quand le poison lui est inoculé sur le langue. Dans le tableau de la toxicité comparée de la digitaline sur quelques espèces animales, dressé d'après des méthodes irréprochables par le docteur Scofone , le rat , le crapaud , la couleuvre, se présentent comme des animaux qui sont presque insensibles à ce glucoside, pour lequel la perche, le pigeon, le chat, montrent une sensibilité extrême. Cette immunité congénitale vis-à-vis de certains médicaments peut s'observer même chez l'homme. Ainsi, certaines personnes sont entièrement insensibles à l'action de l'opium, tandis que d'autres , au contraire , présentent pour ce médicament une sensibilité extraordinaire. Je me rappelle à ce sujet un fait que j'eus l'occasion d'observer à la clinique du professeur Suringar. Il s'agissait d'un pharmacien , qui avait vainement tenté de s'empoisonner par l'absorption d'une dose de morphine très considérable (l^/j gramme en une prise).
Pour r explication de cette immunité congénitale^ nous pouvons faire valoir des considérations identiques à celles qui ont été exposées à propos des idiosyncrasies congénitales. Ici encore on peut invoquer une insoisibilité spéciale de certains organes ou appareils , des relations particulières existant entre la résorption et V excrétion, relations qui ont pour effet de réduire , dans de très fortes proportions, la quantité du médicament qui circule dans le „ milieu intérieur"; enfin des processus de désassimilation caractéristiques et d'une nature toute spéciale , grâce auxquels les poisons ingérés sont très rapidement transformés en produits synthétiques moins toxiques. Dragendorpp et Scofone sont les seul auteurs qui , à notre connaissance , aient institué des recherches expérimentales sur ce sujet. Le premier s'est spécialement occupé de rechercher les causes de Vimmunité ctes lapins vis-à-vis de la belladone et de V atropine ; le second a examiné expérimentalement les diverses alternatives, qui pourraient expliquer la diversité de la sensibilité dss animaux vis-à-vis de la digitaline. A propos de l'immunité des lapins vis-à-vis de l'atropine, il faut remarquer que les processus de résorption et d'excrétion sont très actifs chez ces animaux et qu'ils s'accomplissent tous les deux à peu près avec la même intensité. On ne peut donc imputer l'immunité à la présence d'une trop petite quantité du p^oison dans le ^milieu intérieur"; en effet, l'analyse chimique démontre que les muscles des lapins, qui ont pris de la belladone, renferment des quantités relativement considérables d'atropine, et que leur chair , ingérée par l'homme ou par le chien , donne lieu à des