‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 53 sur 130 · IMMUNITÉ ACQUISE. RALENTISSEMENT DE LA RÉSORPTION · texte numérisé non relu

IMMUNITÉ ACQUISE. RALENTISSEMENT DE LA RÉSORPTION

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strychnine dans leur estomac, sans présenter des accidenta de ce chef; mata, du moment que la ligature est défaite et que par conséquent la résorption peut reprendre son cours normal , les symptômes de l'intoxication se déclarent.

Clacdk Bernard, pour rendre compte de l'immunité due au ra- Uiilissemenl de la résorption, invoque l'expérience suivante: on administre à deux pigeons la môme dose de strychnine (par poids d'animal) en injection sous la peau ; l'un d'eux a été maintenu pendant 2 à 2'/, heures sous une cloche fermée; l'autre est absolument normal. Chez le pigeon soumis à l'asphyxie , l'action de la strychnine se manifeste beaucoup plus tard et avec beaucoup moins d'intensité que chez l'animal normal. La justesse des résultats obtenus par le grand physiologiste français ne peut âtre mise en doute; mais il n'en est pas de même de l'interprétation qu'il leur donne. En effet, si le ralentissement de la résorption qu'on observe chea l'animal sous l'intluence de l'asphyxie était la cause unique ou principale de l'immunité temporaire relative qu'on observe dans ces circonstances, celle-ci devrait se manifester chez l'animal placé dans ces conditions pour tous les effets du poison en question, et pour toua les autres poisons. Or , nous savons déjà que l'animal en état d'asphyxie présente pour l'apomorphine (p. 151), au heu de cette immunité, une sensibilité exagérée et, dans une série de recherches laborieuses, mon assistant, le Dr. Zeehitizen, vient de prouver que ce ne sont que quelques effets du poison qui disparaissent par l'asphyxie , tan Jis que d'autres persistent. La conclusion suivante à tirer de ces faits s'impose: VinsensibiWé relative du pigeon asphyxif à Vaclion de la strychnine ne doit pas être attribuée à un ralentissement de la résorption, mais encore à une diminution de l'excitabihté , à une insensibilité relative des cellules gangiioanaires dont le trouble fonctionnel est déterminé par l'action de la strychnine. Cette insensibilité à sou tour résulte de l'abaissement de la température , de la richesse du sang en acide carbonique etc. De plus , je ne suis pas éloigné de croire que l'immunité relative des cho lériques (au stade d'asphyxie) vis-à-vis de la strychnine et de l'alcool est paiement due, pour une certaine part, à une sensibilité moindre de leur système nerveux central (cerveau et moelle épinièro) qui résulte de l'abaissement de la température et de l'altération de leur sang. Il ne serait pas difficile de citer un plus grand nombre d'exemples, puisés dans la pratique, pour démontrer que la diminution de la sensibilité de certains organes ou appareils, accompagnant certains états morbides, est très souvent la cause de l'immunité relative présentée par les malades vis-à-vis de certains médicaments. Par contre, il me serait difficile de vous donner beaucoup 'exemples démontrant d'une manière évidente qu'une éUmination

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plUB abondante. , plus rapide, peut déterminer l'immunité temporaire, acquise. Car le fait, par exemple, qu'au cours d'abondantes diarrhées, de fortes doses de certains médicaments sont facilement supportées ne résulte pas uniquement de la rapidité de l'élimination, mais encore du défaut ou au moins de la diminution de la résorption. Dans ces conditions , le médicament n'arrive qu'en quantités infinitésimales dans le , milieu intérieur" ou même n'y pénètre pas du tout, Certainement, il est hors de doute qu'en augmentant la diurèse, soit par l'administration de diurétiques, aoit par l'injection dans ie sang d'une solution physiologique de clilorure de sodium, on peut débarrasser le „milieu intérieur" de substances qui y sont accumulées, et qu'ainsi on peut faire disparaître les symptômes d'empoisonnement déterminés par leur présence (Sanquirico, p. 133); mais ces tentatives thérapeutiques instituées pour amener le rétablissement sont évidemment tout autre chose que la no u -apparition de symptômes d'empoisonnement à la suite d'une excrétion plus rapide survenant spontanément.

2". ImmunUf par accoutumance. En vertu de lu loi de l'accoutumance , l'organisme humain réussit admirablement â s'accommoder aux conditions internes et externes dans lesquelles il se trouve. C'est une loi physiologique, exposée magistralement et éloquemment par DoNDERS dans son „Harinonie de la vie animale", une loi qui doit toujours vous être présente à l'esprit: que tout individu vivant, soumis à des conditions extérieures modifiées, peut se conformer entièrement au changement de milieu, pourvu que le passage du premier milieu dans le second s'effectue lentement et progessivement C'est eu vertu de cette propriété que ^'organisme parvient à s'habituer aux poisons et aux médicaments et devient ainsi, grâce à l'accoutumance, insensible ou tout au moins peu sensible â ces poisons, c'est-à-dire qu'il acquiert l'immunité. Déjà les anciens historiens nous apprennent que Miïhridate s'iiabitua à prendre successivement toute une série de poisons, jusqu'à ce qu'enfin il fut deveuu insensible à leur action (Cornélius Nkpos). C'est de là que vient le terme de mithridafisme ^ sous lequel nos collègues français et anglais désignent parfois l'immunité pour les poisons acquise par l'accoutumance.

Voyons quels signes caractérisent cette immunité par accoutumance progressive de l'organisme au médicament, grice à laquelle des doses, qui dans les conditions ordinaires mettraient la vie eu danger, peuvent être ingérées sans qu'il en résulte d'inconvônîenta. L'incompatibilité apparente des phénomènes observés, la disparition totale de certains etfets à côté de la persistance de certains autres , l'état morbide créé par l'emploi prolongé de certains médicaments à côté du fait que ces derniers eux-mêmes sont

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