XV. 0RD0*™ANCES et art de PRESCRIRB
Dans lea anciennes ordonnances on avait d'abord l'élém^ principal, la base; puis le raédioament adjuvant, agissant dans le infime sens que la base. Quand on craignait d'obtenir une action trop énergique des deux médicaments ainsi associés, on ajoutait un médicament antagonistique, le corrccfi/, (corrigenaactionis, corrigeus viriura) pour que l'organisme fût en état de résister au double assaut de la base et de l'adjuvant. Maintenant il s'agissait de donner à ces médicaments ainsi associés une forme déterminée (potion, pilules, poudres) et dans ce but on avait recours à uue substance indifférente, appelée véhicule ou excipient, dans laquelle les médicaments précités étaient dissous ou avec laquelle ils étaient mélangés. Enfin, on ajoutait encore une ou plusieurs substances, les correctifs <iu goût et de la couleur, dans le but do rendre la saveur, l'odeur et l'aspect aussi agi-éablea que possible.
Actuellement nous avons renoncé à un grand nombre d'ingrédients inutiles , et en général nous n'avons plus à considérer que: a. le principe actif, la base, à laquelle on ajoute dans certaines circonstances spéciales que je vous indiquerai plus tard, soit un adjuvant, soit un antagoniste; b. le véhicule et c. une substance destinée à masquer le goût. Cette dernière s'ajoute en vertu du précepte „jucunde".
Dans la plupart dea pays civilisés, et «n particulier aussi dans notre pays , on se sert du système métrique ou décimal pour désigner les quantités des médicaments qui doivent être délivrées. Les divisions du gramme doivent être indiquées sur l'ordonnance en milligrammes. C'est là un principe dont on a tenu compte pour la désignation des doses et des préparations dans notre nouvelle Pharmacopée. Depuis que la „ Maatschappij ter bevordering der pharmacîe in Nederland" {l'Association pour le progrès de la pharmacie dans les Pays-Bas) a invité par circulaire les médecins à se conformer à cette règle, je l'ai toujours strictement observée dans mes consultations, et j'espère que vous non plus vous ne vous en écarterez jamais. Laissons nos voisins allemands continuer à manoeuvrer avec des zéros et des virgules sur leurs ordonnances; laissons aussi nos collègues français désigner les fractions de gramme par les termes de déci-, centi- et milligrammes; l'expérience acquise dans les Pays-Bas a démontré qu'en désignant toutes les quantités sur l'ordonnance par des grammes et des milligrammes, on prévient des erreurs grossières, graves, et que cette manière d'annoter aide beaucoup le pharmacien et le médecin à se rappeler les doses maximales. 0,1 (décigramme) s'écrira donc 100 milligrammes ; 0,01 (l centigramme) s'écrira 10 milligrammes (mgr.), etc.
Eu Angleterre, en Russie et dans l'Amérique du Nord, on se sert encore des anciens poids médicinaux; pour être complet, je doi
SYSTÈME MÉTRIQUE ET MEDICINAL. FORMULES. MODES d'eMPLOI. 205
ici tes fractions ainsi que les signes cabalistiques par lesquels on les représente:
Une livre ff ^ 12 onces.
tUne once 3 = 8 drachmes.
Un drachme ^ = 3 scrupules.
Un scrupule 3 = 20 grains.
Un grain = 1 gr.
Pour réduire les poids médicinaux en poids décimaux il suffit savoir qu'un grain vaut ± 65 milligrammes ; on déduit facilement de cette donnée toutes les autres valeurs.
Après avoir fait connaître au pharmacien par votre ordonnance quels médicaments il doit prendre dans son officine et quelle quantité il doit peser de chacun d'eux, il vous reste encore souvent à dire les manipulations qu'il doit faire subir aux substances que vous avez prescrites ; il faudra lui dire , par exemple , s'il doit en faire une décoction, une infusion ou des pilules. Fréquemment, même très fréquemment , il vous suffira d'ajouter qu'il doit mêler les diverses substances, ce que l'on indique simplement par une lettre m, (misée) placée en tète d'une nouvelle ligne, en dessous des médicaments prescrits. Quand le pharmacien doit en faire des pilules, des poudres ou un onguent, on mettra un f. (fac ou fiât, fiant) à la suite. Que les médicaments aient oui ou non subi des manipulations spéciales, le pharmacien doit dans tous les cas délivrer les médicaments, après s'être conformé à la prescription. C'est ce qu'on indique par un d (da = donnez). En outre, le pharmacien doit indiquer sur la bouteille, la boîte de pilules, les poudres, etc., la manière dont le malade doit s'en servir; c'est ce dont vous le priez en mettant un s (signa = inscrivez), à la suite de duquel vous écrivez, le mode d'emploi: usage externe, usage interne ; autant de cuillerées ou autant de pilules toutes les heures ou toutes les deux heures. Cette dernière partie de l'ordonnance sera écrite en hollandais afin que le malade puisse lire lui-même la manière dont il doit prendre les médicaments.
Quaud le médicament est prescrit sous une forme liquide, le mode d'emploi est indiqué par le nombre de cuillerées ou de gouttes qui doivent être prises à un moment déterminé. Cette indication constitue, jusqu'à un certain point, une inconséquence; car nous prescrivons les médicaments en poids , et nous les faisons prendre par volume. Quand le poids spéciSque du liquide médicamenteux est égal ou à peu près égal à celui de l'eau pure, l'inconséquence n'existe pas, et on peut considérer une cuillerée à soupe comme équivalente à 15 grammes, une cuillerée à dessert à 8 grammes, et une uillerée à café à 4 grammes. Mais si le liquide a un poids spécifique "iflërent de celui de l'eau, les volumes indiqués équivalent à des