‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 7 sur 130 · I INFLUENCE DE LA VOLONTE, DE I · texte numérisé non relu

I INFLUENCE DE LA VOLONTE, DE I

t ET DE L'IMAG, MESMÉRI.SME. lÔ

guérir même des lésions données? Pour fournir une réponse à cette question, il nous faut donner un court aperçu historique de la question.

On u, enregistré, depuis les premiers âges de l'humanité, des oeedotes de guériaons extraordinaires, qui provoquent souvent scepticisme incrédule; toutes ne doivent pas cependant 6tre Jigées parmi les fables et les histoires mythologiques: il y en a lont l'invraisemblance ne peut pas du tout se démontrer. Ces ;uénsona exeeptiounellea furent à cette époque attribuées à t'influence puissante et secrète de personnages illustres , entourés déjà d'une certaine auréole de prestige. Leur puissance curatrice en ar. rivait souvent au point, que non seulement ils opéraient par euxmêmes le miracle de la guérison , mais que même ils cédaient au lieu où ils avaient vécu , travaillé et souHërt , la vertu magique de guérir les générations subséquentes par l'intermédiaire de l'un l'autre objet provenant d'eux. Encore dans ces derniers temps i a vu l'attention portée et reportée sur les guérisona fréquent-es térém par , l'Eau de Lourdes" dans le domaine des paralysies et ! souffrances physiques. Personne d'ailleurs n'ignore que chaque , tant en Europe qu'en Asie, toute une borde de pèlerins, lanni lesquels de nombreux malades en quôte d'une guérison , parti*"'' pour La Mecque ou Jérusalem, où, d'après la tradition, opère L-eocoro la puissance du prophète ou du Messie ? Il faut n'avoir plus lucune confiance dans des d'observations impartiales nombreuses , (our mettre en doute le fait que plusieurs malades trouvent la guérisou i ces endroits. Mais autre choso est la question de savoir si cette ~ guérison est véritablement si miraculeuse. Nous pouvons hardiment donner à cette question une réponse négative. Elle est en effet du ressort des faits communs, nous dirions presque journaliers, qui lêmontrent ^ad oeulos", l'influence de /'»M«ji/ia(ton, de l'espérance inr l'état physique des organes.

1 C'est convaincu de cette influence et de son pouvoir curateur,

pie bien des médecins de tous les temps et de tous les lieux ont

»té à diverses reprises d'ériger en méthode l'emploi de cet agent

toral. Mais l'histoire nous apprend que ceux qui réussirent furent

1 général si malins ou plutôt si égoïstes qu'ils tinrent bien caché

noeu gordien de leur procédé , tout en mettant dans cliaque

I cas le public au courant du fait qu'ils se trouvaient en possession

de forces naturelles inconnues et mystérieuses. Nous excéderions

le phui de ces leçous, si nous vous exposions plus que des

frAgments de cette histoire. A la fin du siècle passé, Mesmer,

allemand-autrichien {il naquit en Souabe et fit ses études

' Vienne), qui avait découvert ,le magnétisme animal", fit son

Lrîlion A. Paris; il y opéra guérison sur guérisou dans les

16 II. THERAPEUTIQUE PSYCHIQUBÎ.

séances, où les courtisans de Louis XVI et de Marie- Antoinette se donnaient „ rendez- vous*'. Ces séances et le prestige de ces cures firent tant d'impression que l'Académie des Sciences et la Société royale de Médecine furent invitées à instituer un examen de la valeur de cette nouvelle „ force naturelle". C'est ainsi qu' Antoine Mesmer avait intitulé le nouvel agent qu'il employait à la guérison des maladies. H plaçait ses patients en cercle autour d'une table où était déposé un aimant ou un bocal rempli de l'un ou l'autre liquide étincelant et magnétisé; les malades formaient la chaîne et avaient constamment les yeux fixés sur le baquet. Entre-temps Mesmer les entretenait de l'influence miraculeuse, exercée par l'aimant. Cela suffisait à provoquer de ci un syncope, pour faire tomber de là certains individus dans un sommeil profond ou dans des crises hystéro-épileptiques. Ceux qui présentaient une pareille complication étaient aussitôt transportés hors de la salle, pour céder bientôt leur place à de nouveaux malades. On opéra ainsi quantité de guérisons. Dans son rapport à l'Académie des Sciences le célèbre Bailly conclut à la non-existence du magnétisme animal; dans les applications du mesmérisme^ dit-il, il n'y a que duperie et illusion. La médecine officielle et tout le monde officiel mirent aussitôt Mesmer dans l'impossibilité de prolonger son séjour à Paris. Il n'en fut pas moins vrai que la vertu curative du soi-disant magnétisme animal trouva plus d'un adepte. Puysegur se contenta de magnétiser un arbre, de sorte que les malades pour se guérir n'avaient rien d'autre à faire que de se mettre en contact avec l'arbre magnétisé et de s'y frotter.

Pendant et après la révolution, le discrédit du mesmérisme alla en s'accentuant ; la tendance se manifesta de plus en plus de mettre sur le compte de la fraude et du compérage ce qu'un grand nombre avait pris pour la vérité.

Au milieu de ce siècle (1844 — 1853), on commença pour la première fois à distinguer dans le mesmérisme et le magnétisme animal le vrai du faux; la thérapeutique psychique fut appliquée avec une honnêteté parfaite et à bon escient par un homme , dont les écrits et les expériences passèrent longtemps inaperçus , mais qui aujourd'hui encore peuvent être regardés comme classiques et font autorité. James Braid (1795 — 18G1), médecin à Manchester, étudia, entre autres, la série de phénomènes qui, d'après le professeur Reichenbach, sont déterminés chez l'homme par un nouvel agent naturel ayant de la parenté avec le magnétisme et auquel il donna le nom de „od". Reichenbach prétendait qu'en présence d'individus sensibles l'aimant répandait des rayons de lumière dana l'obscurité et que de cette façon pouvaient se créer à ganisme humain des courants magnétiques d'oidi

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put facilemeut se convaincre que plusieurs individus, sans avoir vu même un aioiaitt, ou sans avoir touché un objet quelconque, éprouvaient tout il fait la môme série de sensations que celles attribuées par Reichenbach à l'influence de r„od", à coudition d'agir sur leur imagination et de leur apprendre d'avance la nature des sensations qu'ils allaient éprouver. H mit donc entièrement r„od" problématique sur le compte de l'influence de l'imagination sur le corps. Il décrivit les résultats de son examen chez l'homme dans un fascicule intitulé: „The power of theiuindovor the body" {La puissance de l'âme sur le corps) et portant le beau moto: „Truth is, what it becomes us ail to strive for" {C'est à la vérité qu'il nous faut aspirer tous). Il organisa plusieurs fois ses expériences de telle façon qu'en faisant fixer par l'individu l'attention sur certains états corporels et en exigeant une concentration d'idée ou une attention soutenue, il provoqua le sommeil: Ce „nervous sleep" {sommeil nerveux) et les idées suggérées au patient durant ce sommeil, lui servaient dans un but thérapeutique, pourlaguérison des maladies, auxquelles „the fl«sh" la chair était sujette. Luimême nomma ce mode de traiter traitement hifpnotitjue (hypnotic tlierapeutics). Il signala avec une clarté parfaite comment par divers procédés de „suggestioii" — c'est Braid de nouveau qui a employé le premier ce mot — par te langage parlé, par des impressions psychiques déterminées, etc. . . , on peut faire entrer profondément dans l'esprit certaines idées qui n'existent pas spontanément chez l'individu en traitement. Ces conceptions développent ensuite leur influence excitante ou calmante, servent comme irritants ou sédatifs, dans le traitement de certaines déviations fonctionnelles.

Presqu'en même temps que les premières communications de Braid (1846), une commission méilicale, instituée par le gouverneur du Bengale, vérifia la justesse des affirmations faites, parle Dr. EiSDALE concernant la possibilité de perpétrer de grandes opérations chirurgicales d'une manière tout à fait indolore, en mettant le patient dans le sommeil magnétique ou hypnotique. La commission confirma la justesse des assortions d'EiSDALE et recommanda kavec insistance de faire de nouvelles recherches. I En Europe, durant les 10 premières années, Braid et Eishalk 1^ trouvèrent que peu d'adeptes; eu Amérique, Grimks et d'autres publièrent des observations analogues, copiées en partie sur celles de leurs prédécesseurs, en partie originales. Us y ajoutèrent au surplus quelque „hocus pocus", en mettant dans la main des individus , chez lesquels ils voulaient fiiire pénétrer certaines conceptiona , un élément (galvanique) sec , cuivre et zinc. En leur demandant • d'une façon ininterrompue, ils les mirent dans le nôrent à leurs procédés le nom d'électi-ohiohigk.

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