‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 90 sur 130 · APPLIC, THER. DE L ACIDE BORIQUE; BORAX · texte numérisé non relu

APPLIC, THER. DE L ACIDE BORIQUE; BORAX

"laisse cristallieer la solution et obtient ainsi un ael à réaction neutre, auquel il donne le nom de combinaiaon borico-boracique (tétraborate de sodium, Merck), et qu'il emploie en solution à 16'/». contre !ea otorrhées purulentes chroniques. La conception naïve qui, au point de vue de l'action thérapeutique, fait mettre sur le même pied la solution d'un sel à réaction neutre et celle d'un acide, ne manque pas d'originalité. Je ne m'explique pas clairement pourquoi cet auteur, si son but est d'employer l'acide borique en solution plus concentrée , ne se sert pas de glycérine comme dissolvant, ou n'a pas recourg au boroglycéride , dont l'emploi est fréquent en Angleterre et en France, Le boroglycéride C, H, BO, , obtenu en chauffant l'acide borique avec la glycérine, et les composés de calcium, de magnésium et de sodium, qui en dérivent , sont des agents antiseptiques qui méritent de la confiance , mais dont je ne peux guère vous donner que le nom. Avant d'en finir avec l'acide borique, je vous dirai encore que tout récemment on a fortement recommandé son emploi à l'intérieur dans la fièvre typhoïde (Tohtchiksky) ; enfin que Flotow, dans la constipation opiniâtre , applique sur la muqueuse rectale 3 grammes d'acide borique pulvérisé , — exemple que je ne vous recommande ^ae d'imiter.

Hk Le BiBORATE DE BODiUH , coniiu par les médecins et par le vul- Hgiure sous le nom de borax, est employé déjà depuis des temps Irêa reculés. Bien longtemps avant qu'on eût songé à l'acide borique, on employait le borax avec succès contre les aphthes, et on s'en servait pour détruire l'oïdium albicans chez l'enfant et chez l'adulte. Actuellement encore ce médicament est très estimé par les garde-couches pour combattre le muguet chez les nourrisons, Il agit principalement, dans l'espèce, en rendant le terrain impropre au développement de l'oïdium albicans. Comme tous les hyphomycètes , l'oïdium albicans se développe avec le plus de facilité dans les liquides acides. Aussi longtemps que la muqueuse buccale est tenue bien propre et que sa réaction est alcaline, on n'a pas à craindre que l'oïdium albicans vienne l'envahir. Dans les cas où ce microorganisme s'y est déjà établi et développé , l'emploi du borate do soude rend la réaction de la cavité buccale alcaline, et dès lora le terrain est devenu impropre au développement ultérieur du champignon. Si l'explication que nous venons de donner de l'action du borax est conforme à la réalité, tout autre sel à réaction alcaline , tel que le bicarbonate de soude, produire le même effet; bien plus, pourvu qu'on prenne de nettoyer souvent la cavité buccale dans tous ses sillons ea replis avec de l'eau pure, on pourra se passer de tout idicBment pour combattre le muguet. L'expérience acquise au

XIK. ANTISEPTIQUES INORGANIQUES.

lit du malade démontre clairement qu'il en est bien ainsi. Un muguet abondant dans la bouche du malade est une accuaatitin énergique contre les personnea chargées de lui donner leurs soins.

Le borax po9sèdo-t-il , indépendamment de sa réaction alcaline, d'autres propriétés qui en font un antiseptique utile pour combattre certains microbes? Notez qu'il faut une concentration de 7°/, pour empêcher la putréfaction du bouillon (Miquel), que les cultures des bacilles de la tuberculose continuent à se développer malgré l'addition de borax , et vous répondrez négativement à k question que nous venons de poser. Il semble dès lors que l'action thérapeutique antimicrobienne du borax soit simplement due au sel comme tel, A l'encontre de cette manière de voir, on peut invoquer l'action microbicide du borax en solution de 1 : 250 (0,4*'/,| sur les bacilles du charbon; on peut objecter en outre que le sel de cuisine n'empêche la putréfaction du bouillon qu'en solution beaucoup plus concentrée. Toutefois le borax doit être compté au nombre des médicaments antiseptiques faibles, dont l'action est due en très grande partie aux modifications du terrain de culture qu'il détermine.

Le borax passe très facilement de la muqueuse buccale et a fortiori de In muqueuse stomacale dans le sang. A doses modérées, l'absorption de ce sel ne provoque pas ou fort peu de symptômes toxiques. A dose forte, surtout quand il s'agit d'une solution concentrée, l'introduction du borax dans l'estomac détermine des effets toxiques, caractériséspar des nausées, des vomissements, etc. j dus â l'irritation locale violente qui en résulte. Même en l'absence d'expériences instituées en vue d'établir l'action du borax à doses considérables , introduites directement dans le sang , on peut soutenir a priori, que celles-ci provoqueraient les mêmes symptômes d'empoisonnement que les solutions salines concentrées , symptômes que nous exposerons ultérieurement. En tout cas, le tableau de l'intoxication aiguë est tout autre que celui déterminé par l'acide borique, ce qui d'ailleurs ne doit nullement nous étonner. Quant à l'intoxication chronique, nous ne la connaissons que depuis peu, grâce aux observations de Lemoime et de féré. Selon ces deux auteurs, les symptômes du borisme seraient constitués par une gingivite, donnant lieu à un liséré noir, rappelant celui de l'intoxication chronique saturnine, par des troubles de la digestion, une sécheresse douloureuse de la peau et des muqueuses, et une absence de graisse dans la sécrétion dermique.

Les sels de l'acide borique quittent le sang avec la plus grande facihté, et cela sans avoir subi de modifications. L'élimination peut se faire par toutes les voies , même par la peau avec la sueur, ce qui explique peut-être l'apparition d'exanthèmes dma

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