‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 91 sur 130 · APPLICATIONS THERAPEUTIQUES DU BORAX · texte numérisé non relu

APPLICATIONS THERAPEUTIQUES DU BORAX

I cas d'empoiaonnement par l'acide borique. L'élimination se fait surtout par les reioa et s'accompagne d'une augmentation de la sécrétion urinaire-, telle qu'elle s'observe chaque fois que la teneur du 3ang en sel ae trouve augmentée (Johnson).

Le borax s'emploie dims un but thérapeutique, comme médicament externe, contre le muguet. Dans ce but on le prescrit sous forme d'un Ulus , solution à 1 sur 10 ou 25 dans l'eau ou la glycérine. On en badigeonne la muqueuse buccale , après avoir enlevé autant que possible le muguet au moyen d'un essuiemains ou d'un petit morceau de linge. Pour confectionner ce Uniment, les ganle-couchea aiment à employer un mélange de borax et de sirop de violette , et les anciens médecins prenaient du miel roaat ; mais on peut fort bien se passer de l'un et de l'autre , car quoique l'addition d'une petite quantité de sucre augmente la solubilité du borax , les sirops rendent la préparation visqueuse et moins appropriée. L't^age exteitie du borax en solution a rendu et rend encore service en plus d'une circonstance. Nos confrères français et anglais l'emploient fréquemment pour les lavages de la bouche en cas d'angine ou de stotnutite, en collyre dans la rotijonctivile catarrhale, en injection vaginale dans la leucorrhée, en injection vésicale dans la cystite purulente, en lotion dans rherpes tonifurans, \e pityriasis versicolor et d'autres affections cutanées, en injection dans Votile purulente. Dans tous ces cas, l'emploi d'une solution saline , à réaction alcaline , ne peut certainement pas être qualifié d'irrationnel. L'usage du borax eu inhalation dans les , affections des muqueuses bronchique» est également justifié.

Pour les raisons indiquées plus haut, le borax se prescrit à l'intérieur non seulement dans les cas rares de muguet de l'oesophage et de l'estomac (Aufrecht), mais surtout comme diurétique. A cause de son extrême diffusibilité, il convient parfaitement pour augmenter la diurèse, et plus tard vous ferez la connaissance d'un sel double, le tartrale horico-potmsique , qui est encore en honneur chez nous comme diurétique. Certains médecins lui attribuent la propriété de dissoudre l'acide urique, et le considèrent comme un spécifique contre les calculs rénaux.

En second lieu , on a recommandé autrefois à diverses reprises l'emploi interne du borax dans r aménorrhée , pour favoriser la menstruation, mais aussi pour solliciter les contractions de l'utérus gravide. Toutefois l'action du borax sur l'utérus, qui a valu autrefois à ce médicament une certaine célébrité comme abortif, est niée par un grand nombre d'auteurs plus récents, et manque de toute confirmation expérimentale.

Alors que le borax est devenu entièrement superflu comme médicament tetnjiérant (rafraîchissant) dans les affections fébriles,

282 XIX. ANTISEPTIQUBS INORGANIQUES.

trouvé de nos jours une nouvelle indication à l'emploi du borax dans répilepsie (Fulsom, Gowers); mais, à mon avis, les obeervations de FÉRÉ ont démontré nettement que Teinploi du borax ne saurait remplacer celui du bromure de potassium. Dans ces divers cas on le prescrit de préférence sous forme de mixture renfermant 4 — 8 grammes de borax pour 200 à 300 grammes d'eau; il est plus rare qu'on l'administre sous forme de poudre.

L'expérience ne permet point encore déjuger de la valeur du diloroborate et du chloroborite de soude (Bûllbr, Laab, Ebert) , du iorosalicylate de soude (Bbrneqau) et du boroformiate d'aluminium (Martensen), auxquels on a attribué des propriétés antiseptiques plus ou moins énergiques.

Je veux maintenant appeler un instant votre attention sur deux éléments , très voisins par leurs propriétés chimiques , et qui , en se combinant entre eux et avec d'autres éléments , donnent naissance à des antiseptiques énergiques, s'il faut en croire certains auteurs français et américains. Je veux parler du silicium et du fluor,

III. Le silicate de soude fut signalé, en 1872, comme antiseptique par Rabuteau, qui constata que ce sel peut empêcher le développement des vibrions et des bactéries; mais l'expérience lui démontra que , pris à l'intérieur ou injecté dans les veines , ce remède constitue un violent poison. A la dose d'un gramme par kilogr. d'animal, il détermine la mort des animaux soumis à l'expérience. A l'autopsie on constate la dégénérescence graisseuse du foie et une altération profonde des globules rouges. Les recherches de Rabuteau engagèrent quelques-uns de ses confrères français à se servir d'une solution de silicate de sodium à 1 : 200 pour laver la vessie en cas de cystite purulente et d'une solution à 1 — 3 : 100 dans la gonorrhée^ la balanitey Vinflammation de la prostate et enfin dans Vozène, cette inflammation septique de la muqueuse nasale que vous connaissez. Les résultats qu'ils obtinrent et qu'ils publièrent furent très satisfaisants; malgré cela, le médicament ne réussit pas à s'introduire dans la pratique, et dans ces dernières années il n'a eu ni panégyristes , ni détracteurs. Aussi je ne crois pas me tromper en vous disant que ce remède est mis au rancart sans tambour ni trompette.

IV. Le fluor et ses composés sont encore en ce moment t\ l'apogée de leur renommée , bien que celle-ci ne soit pas bien grande. Quand, après la découverte du bacille de la tuberculose, Miquel eut démontré que l'acide fluorhydrique rendait entièrement stériles les cultures de ces microorganismes et tuait même leurs spores; quand on apprit que, d'une manière générale, cet acide s'oppose

SILICIUM, FLVO-

Page 1