‹ Lecons de pharmacotherapie v. 3, 1905Chapitre 92 sur 130 · SILICIUM KT DE FLUOR · texte numérisé non relu

SILICIUM KT DE FLUOR

tous les processus de fermentation (Gottbrecht) , Berqeron, Chkvy, RAraoNDi, etc. recommandèrent chaudement les vapeurs fortement caustiques de I'acidb fluobhydrique dans le traitement de la triberculose pulmonaire. Les malades sont placés dans de petites chambres où arrive de l'air saturé d'acide fluorhydrique. D'après Raimondi (18S9), cette méthode thérapeutique donnerait de bons résultats. A ceux qui lui objectent que rien n'est plus difficile, surtout dans la tuberculose pulmonaire, que de se prononcer sur la valeur curative d'un médicament, parce qu'un grand nombre de phtisiques, sous l'influence des remèdes les plus divers et même en l'absence de tout remède, présentent parfois une amélioration réelle et même une guérison momentanée , du moment que la force de résistance dont ils sont doués augmente au point de résister victorieusement à l'invasion des bacilles; à ceux qui lui font remarquer que des animaux rendus tuberculeux succombent malgré l'administration d'acide fluorhydrique , tout aussi vite que les animaux témoins, Raimondi répond que s«(/es« méthode d'admiuister l'acide fluorhydrique procure la guérison.

A côté de l'acide fluorhytlrîque , dont l'action est excitante et caustique, on a préconisé dans ces derniers temps le fluorure de sotlhan (Blaizot), le flitorure de calciurH , et le fluorure d'argent (LAZZA>fO) comme antiseptiques généraux et plus particulièrement comme antituberculeux. Déjà à faible dose, le fluorure de sodium entrave le développement d'une culture de bacilles tuberculeux, et tue tous les éléments cellulaires, sans déterminer des altérations visibles à l'oeil nu. Toute mie série d'expériences, instituées par Tappeiner, de Munich, ont démontré que le fluorure de sodium constitue un poison violent pour les animaux à sang froid et à sang chaud. Il tue successivement le système nerveux central, les terminaisons motrices des nerfs moteurs , les muscles ; détermine la somnolence et la faiblesse ; paralyse le centre vaso-moteur , provoque des convulsions d'une intensité très différente d'après l'espèce animale et qui ne peuvent en aucun cas être considérées comme des convulsions d'asphyxie. Il produit eu outre, chez les animaux supérieurs, le vomissement à la suite d'une excitation du centre du vomissement, l'accélération et l'arrêt de la respiration, une augmentation des sécrétions salivaîre et lacrymale. Chez tous les animaux ayant succombé â, l'intoxication par le fluorure de sodium, la rigidité cadavérique apparaît plus rapidement qu'à l'état normal. Dès lors il est évident que les combinaisons du fluor, que nous venons de mentionner, ne peuvent tuer les bacilles tuberculeux dans le corps du phtisique sans mettre la vie de ce dernier en danger. Il n'est toutefois pas impossible qu'en solution ^1: 1000 ou 1500 il puisse constituer un bon liquide de pansement.

Pris à rintérieur , les fluorures ne se sont pas montrés si toxiques qu'en application externe (Brandl), probablement parce qu'ils ne sont que difficilement résorbés. Mais jusqu'ici il nous manque des recherches précises , prouvant à l'évidence l'innocuité de Taddition de petites quantités de fluorures à nos aliments et boissons, addition qu'on préconisa dans ces derniers temps , comme protectif des conserves alimentaires (Martinotti, Neumann-Wender).

On a rangé également dans le groupe des médicaments antiseptiques les combinaisons du fluor et du silicium entre eux et celles du fluor avec d'autres groupements atomiques , en leur attribuant soit des propriétés antiseptiques plus énergiques, soit une action toxique moins prononcée. Je citerai en premier lieu le silico'fiuorure de sodium , préconisé surtout à cause de son innocuité par Thomson , pour les pansements antiseptiques, en solution à 1 pour 800 ou 1000 d'eau. Mais , comme les recherches de Tappedîer permettaient déjà de le supposer et comme Bokenham l'a démontré, ce corps n'est rien moins qu'indifférent; en outre, il ne paraît pas doué de vertus antiseptiques aussi marquées qu'on l'avait cru, au moins vis-à-vis des bacilles du rouget. Signalons en second Ueu le fluorure de bore, qu'ALVARO Alberto a administré sous forme de vapeurs à des animaux tuberculeux et à des phtisiques. D'après lui, ce médicament présenterait „la grande qualité" de ne point être toxique aux doses médicamenteuses. Citons encore le fluorure de méthylène f gaz qui aurait l'avantage de joindre à une innocuité absolue des propriétés bactéricides très marquées (Charrie)!

C'est uniquement pour être complet, Messieurs, que je vous cite toutes ces nouveautés et j'ajouterai: „ considérez-les , mais pas8e^ vous en". Et en effet jusqu'ici tous ces médicaments n'ont droit qu'à une simple mention. Ceux qui leur attribuent des vertus thérapeutiques, auxquelles on puisse se fier dans la pratique, mettent dans la balance, de bonne foi ou par amour pour la réclame, leur nom d'observateur non prévenu et impartial.

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