J. Lacheiier, Cours inédit
PSYCHOLOGIE. — CHAPITRE XLVI
C’est à l’artiste de s’en rendre maître et de composer, lui qui en a le loisir, et qui est libre de tout autre soin, ce qu’on pourrait appeler le poème de la beauté.
Effets de Faet : >1. 11 détache Famé de Fîntérét. —
L’art désintéresse l’âme et la détache des préoccupations égoïstes.
« Le beau, a dit Kant, nous prépare à aimer quelque chose, même sans intérêt; il nous permet de passer, sans un saut trop brusque, de l’attrait des sens à un intérêt moral habituel, en nous apprenant à trouver dans les objets mêmes des sens une satisfaction libre et indépendante de tout attrait sensible. >
Aimer le beau, c’est aimer l’inutile: un esprit mercenaire ne saurait aimer le beau.
B. Il Fagpandit et Félève. — VdiTi agrandit et élève l’âme humaine, en lui faisant partager toutes les idées et tous les sentiments qu’il exprime.
« 11 nous fait sympathiser avec la vie humaine tout entière, généralise nos sentiments et nos passions, nous met dans l’état d’une personne sœur de toutes les autres à qui rien d’humain n’est étranger. » (Renouvier, ibid., 269.)
« Plus nos devoirs ordinaires sont prosaïques, plus il est bon de soutenir le ton de nos âmes par la fréquentation de cette région supérieure de pensées et de sentiments, et de les fortifier par une sympathie idéale avec les grands caractères de l’histoire et de la fiction, n (Stuart Mill, l’Instruction moderne. Revue lût., 1867, p. 575.)
Admirer, c’est imiter : « L’âme, a dit Plotin, ne perçoit le beau qu’en devenant belle. »