Voy. Golsenet, la Vie inconsciente de V Esprit
2. Le rôle des petites perceptions se trouvera suffisamment indiqué dans les pages qui suivent, car les effets que l’on attribue aux perceptions inconscientes doivent s’attribuer soit à des causes organiques, soit aux petites perceptions.
CONSCIENCE ET INCONSCIENCE
l’entendent Hamilton, MM. Murphy, Taine, Lotze, Wundt et bien d’autres. — Schopenhauer admettait comme principe du monde une Volonté inconsciente. A cette Volonté inconsciente, M. de Hartmann ^ associe, pour l’éclairer apparemment, une Idée qui n’est pas moins inconsciente. « C’est cette Volonté inconsciente et cette Idée inconsciente, dit-il (p. 4), réunies en un seul principe, que je désigne par le nom de l’Inconscient. » Pour tous ces philosophes, il s’agit de faits de même nature que ceux qui sont donnés en nous à titre de faits de conscience, et qu’ils supposent pouvoir exister, soit en nous, soit hors de nous, indépendamment de toute espèce de conscience. — C’est cette théorie qu’il importe d’examiner.
En sa faveur, on fait valoir des arguments à priori ou rationnels, et à posteriori, c’est-à-dire fondés sur l’observation. Nous croyons que ces arguments ou ne prouvent rien, — ou prouvent le contraire de ce qu’on veut prouver^. Voyons d’abord les arguments à priori.
Arg^nmeiits à priori : I. Toute partie d’une cause produit une partie de l’effet de cette cause. — Le plus ordinairement employé peut se formuler ainsi : Si une cause produit un certain phénomène psychologique ^ tout fragment de cette même cause doit produire un fragment de ce même effet. J’entends le bruit de la mer, disait Leibniz, et je ne remarque point le bruit de chaque vagu« ; pourtant il faut bien que le bruit de chacune soit entendu, puisque c’est l’ensemble de tous ces bruits qui forme le bruit de la mer (éd. Erd., p. 197, col. 1).
Soit, dit M. Taine, une roue à deux mille dents qui fait une révolution en une seconde, chaque dent donnant au passage un choc sur une latte. Si on lui ôte toutes ses dents, sauf deux contiguës, les deux chocs qui n’occuperont que 1/1000® de seconde, forment un son déterminé et appréciable. Si on enlève encore une dent, le son produit ne tombe plus sous la conscience ; pourtant ce son doit exister, car la sensation consciente produite par les deux chocs doit se composer des sensations élémentaires produites par chacun d’eux {De Vînt., H® éd., t. I, p. 208). — De même, une sensation optique