NOTIONS SOMMAIRES. — LE SOMMEIL, LE SOMNAMBULISME
l’hallucination, la folie
Division du sujet; ajournement du problème métaphysique. — La question des rapports du physique et du moral donne lieu à deux problèmes différents : 1° déterminer la nature des rapports du physique et du moral ; 2® en chercher l’explication. Le premier de ces problèmes relève à la fois de la phijsiologie et de la psychologie , le second relève de la métaphysique. Nous ajournons par conséquent le second de ces problèmes. — Le premier lui-même mériterait de longs développements ; nous devons nous contenter ici d*un simple aperçu.
Problème psychophysique : deux lois. — Les rapports du physique et du moral se résument en deux lois : 1® loi de conditionnement des phénomènes psychologiques par les phénomènes physiologiques, ou, en d’autres termes, des faits de conscience par les faits de mouvement; 2® loi de conditionnement des phénomènes physiologiques ou des faits de mouvement par les phénomènes psychologiques ou les faits de conscience. — En deux mots : action du physique sur le moral, réaction du moral sur le physique.
1. Conditionnement du moral par le physique. — A. L’action du physique sur le moral se manifeste d’abord d’une manière universelle par ce fait sans exception, du moins dans les limites de l’expérience humaine, que toute conscience est liée à un organisme. Nous ne sommes pas esprits purs, et nous ne connaissons pas d’esprits purs.
B. Elle se manifeste d’une manière plus spéciale en ce que les formes et modes généraux de l’organisme déterminent les formes
et modes généraux de la conscience. Notons ici : a) l’influence de l’espèce : homme, bête, diverses espèces animajes; b) l’influence des sexes ; c) l’influence des âges ; d) l’influence des tempéraments; e) l’influence des climats; f) l’influence de l’hérédité ^
C. Elle se manifeste enfin d’une manière toute particulière en ce que les variations accidentelles de l’organisme déterminent des variations correspondantes dans les consciences. Notons ici : a) l’influence de la santé ou de la maladie; b) l’influence de l’alimentation; c) l’influence des modifications particulières que le corps subit à chaque instant du milieu environnant (impressions, d’où résultent les sensations, la mémoire, etc.).
En résumé, la conscience réfléchit, exprime, traduit en représentations ce qui se passe dans le corps sous forme de mouvement. Et comme le corps à son tour recueille, par les organes des sens, les impressions externes, on peut dire, avec Leibniz, que la conscience est un miroir du corps, et par le corps un miroir de l’univers.