J. Lachelier, Cours inédit, RABIER. — Psjch
psychologie. — CHAPITRE IX.
sensations, savoir, à des sensations du tact passif périphérique ; et celles-ci elles-mêmes nous les distinguons, n’étant pas non plus capables de les définir, en nommant la cause qui les produit. Par exemple, en parlant d’une douleur interne, nous dirons qu’elle est aiguë, brûlante, c’est-à-dire analogue à celle que produit une aiguille qui pique la peau, ou le contact d’un corps chaud. Ainsi les sensations internes se définissent par assimilation aux sensations du tact passif, et celles-ci elles-mêmes ne se définissent que par leur cause.
II. Apparition de Félément représientatif. — Passons au deuxième degré: les sensations du goût et de l’odorat sont aussi éminemment affectives Ici encore dominent les peines et les plaisirs; surtout les plaisirs, car ces sensations ne sont presque jamais vraiment douloureuses, mais simplement désagréables ; il n’est guère permis de dire qu’on en souffre; tandis que ces sensations nous procurent des plaisirs que certains hommes jugent plus exquis que tous les autres. — Mais pourtant, dans ces sensations, l’élément représentatif ou intuitif est déjà plus distinct que tout à l’heure. Indépendamment de leur caractère agréable ou désagréable, les odeurs ont en elles un quid proprium qui les distingue les unes des autres. Il y a en elles matière à une application de l’intelligence, à une comparaison, à un discernement réfléchi. C’est pourquoi on a pu essayer d’en faire des classifications. C’est pourquoi aussi le goût et l’odorat sont admis à jouer un certain rôle, rôle bien modeste il est vrai, dans les sciences. On les prend comme réactifs, pour reconnaître la nature de certains corps. Remarquons pourtant qu’ici encore il est impossible de désigner directement les sensations. Les saveurs ou odeurs n’ont pas de nom par elles-mêmes; on ne les fait connaître qu’en indiquant la cause qui les produit (saveur sucrée, odeur de rose).