De l’enchaînement des idées fondamentales, t. I, p
PSYCHOLOGIE. — CHAPITRE XV
bre de fois pendant que s’accomplit le phénomène dont la durée a été prise comme étalon du temps. Par exemple, si deux, ou mieux encore dix montres marchent toujours d’accord, si la petite aiguille de la pendule fait régulièrement une fois le tour du cadran pendant que la grande aiguille le fait douze fois, cela prouve l’uniformité de ces mouvements^; car si, par exemple, le mouvement de deux ou de dix montres variait, comment ces variations supposées indépendantes pourraient-elles coïncider de telle sorte que les deux montres se trouvassent toujours d’accord ?
Conclusion. — Concluons : En prenant comme symbole du temps des mouvements uniformes, on ordonne son passé, et tout ensemble on le mesure. Otez ce secours à l’esprit, et notre passé à chacun devient un pêle-mêle confus, un véritable chaos, où nous ne savons plus nous reconnaître. Ainsi doit être le passé dans l’imagination des animaux, des enfants, et même des peuples enfants. — On voit par là qu’en traitant de la distribution exacte de nos états de conscience dans le passé, nous sommes sortis du cercle des opérations élémentaires de l’esprit humain. Il y a là, à vrai dire, une opération savante, rationnelle ; mais nous avons cru devoir néanmoins en parler ici, pour ne pas couper en deux cette question de la reconnaissance et de la localisation précise des états remémorés.
1. De même encore, si Ton peut toujours faire un même nombre de pas, lire un même nombre de pages pendant qu’un sablier se vide.