I. Il ne pas de rapports des clioses. — S’agi
rait-il de rapports objectifs, existant entre les choses qui sont les objets de nos pensées ?
« Les relations des choses entre elles, écrit Reid, influent sur les suites de nos pensées. » — « Les relations qui existent entre les choses, dit Dugald-Stewart, ne sont pas le seul fondement de l’Association des idées. »
S’il fallait prendre ces expressions à la lettre, les rapports objectifs des choses seraient donc, au moins dans certains cas, la raison des associations d’idées. — La moindre réflexion suffit pour écarter cette manière de voir. En effet, les rapports objectifs des choses peuvent bien rendre raison de la suite de nos pensées, s’il s’agit d’états primaires de conscience, de sensations. Par exemple, c’est parce que le marteau de la pendule frappe successivement un certain nombre de coups sur le timbre que j’entends une suite de sons. Mais il s’agit ici d’états réviviscents : notre conscience est ici, par hypothèse, soustraite à l’influence de la réalité externe; donc, quels que soient les rapports qui existent ou aient pu exister entre les choses, ces rapports ne sont actuellement pour rien dans la succession de nos pensées.
De là vient que les rapports les plus nombreux et les plus étroits peuvent exister entre deux choses, sans que cependant l’idée de l’une soit apte à susciter l’idée de l’autre. Entre un grand homme et son cuisinier, il existe des rapports de tout genre, rapports de temps, rapports de lieu, etc.; pourtant, quand je pense à Alexandre,
PSYCHOLOGIE. — CHAPITRE XVI
je ne pense point à son cuisinier. Les rapports entre Alexandre et son cuisinier ne m’étant pas connus, sont pour moi comme s’ils n’étaient pas; par conséquent, ils ne sauraient provoquer l’association. Écartons donc les rapports entre les objets; ils ne peuvent avoir sur l’association qu’une influence indirecte et lointaine^.
§ III