ne s’ag;U pas de rapports connus. Cercle
Tîcieiix dans cette théorie. — Est-ce donc dans la pensée
elle-mêTne que nous allons trouver la raison de l’Association des idées? Les relations dont on a parlé n’exercent aucune action immédiate en tant que relations objectives; s’agit-il donc de relations perçues, de rapports conçus par l’intelligence ? Voilà ce qu’admettent presque tous les auteurs, Aristote en particulier dans la phrase qu’on a citée. — Celte théorie n’est pas plus satisfaisante que la précédente. Elle l’est moins encore, s’il est possible; car elle renferme un cercle vicieux manifeste. Voici par exemple un des auteurs qui ont émis sur l’habitude, la mémoire, l’association des idées, le plus grand nombre de vues Justes et ingénieuses, de Cardaillac, qui dit^ :
« Les rapports intellectuels sont tout pour Fintelligence ; elle les perçoit, les apprécie et s’en enrichit, elle ^trouve le moyen de passer d’une idée à l’autre, de les réveiller l’une par l’autre, et c’est là ce qui constitue ses habitudes. » — Or le même auteur, à quelques pages de distance, écrit 2 : « Un rapport ne peut lier deux idées qu’autant qu’il est perçu, ou, du moins senti ; et il ne saurait être perçu ni senti qu’autant que les deux termes sont présents simultanément. »
Le cercle vicieux est évident : d’une part on nous dit que c’est l’idée d’un certain rapport qui opère l’association des idées; — d’autre part on nous dit que l’idée d’un rapport présuppose les idées des deux termes qu’il relie, c’est-à-dire présuppose la suggestion déjà opérée, l’association déjà réalisée. Il faut choisir : l’idée d’un rapport ne peut être à la fois cause et effet de l’association. Or il est certain qu’elle est un effet ou du moins une suite possible
1. A savoir, en permettant la simultanéité de perception, qui est, comme on verra, l’unique raison de l’association des idées.