II. Elle en difiPèee par son rapport à Fintelligence
— Le désir et la volition diffèrent par leurs rapports avec l’intelligence, ce qui comprend encore plusieurs différences.
A. Elle est réflécliie. — Le désir, dit M. Cousin, est un élan aveugle; la volonté est réfléchie. C’est pourquoi l’homme seul a la volonté, étant seul capable de réflexion. Pour parler comme Bossuet, le désir est une opération sensitive ; la volition une opération intellectuelle, c’est-à-dire qui a une raison à nous connue, et dont nous pouvons rendre compte. Quand on veut, on peut en effet toujours dire pourquoi on veut.
B. Elle est accompag^née du sentimeut de la pei*« sonnalité. — De cette différence en résulte une autre sur laquelle insiste Maine de Biran. Un violent désir nous met hors de nous ; dans l’emportement de la passion, on ne se connaît plus. — Au contraire, le plus haut degré de conscience, le sentiment le plus net de la personnalité coïncide avec le plus haut degré de l’énergie du vouloir. Nul ne se connaît mieux, nul ne se possède mieux que celui qui prend une résolution difficile et énergique.