QUATORZIÈME LEÇON
De la méthode dans rexpérience et dans la foi.
De la méthode à suivre dans les différentes connaissan ces expérimen ta les .
Pour faire un jugement appuyé sur l'ox[)éricnco.
qui soit certain et vrai, il y a plusieurs choses à observer :
.1 " Il faut bien distinguer la faculté purement cognoscitive de la faculté expérimentale. Ainsi, par exemple, le fou qui ne peut faire une telle distinction, affirme qu'il a dans le corps ou devant les yeux ce qui n'a d'existence que dans son imagination.
2° Il faut aussi considérer quels sont les objets de chaque faculté expérimentale. Les affections spirituelles sont l'objet à^la faculté intellective qui les connaît en tant que présentes {conscience directe), et réfléchit sur elles {conscience réflexe) en jugeant avec certitude de leur existence. La faculté sensitive interne a pour objet les affections sensibles qui la modifient, en la changeant sensiblement, ce qui n'arrive pas pour une affection continuée ou très-légère) cette faculté n'a pas pour objet le lieu, la cause ou la nature de l'affection. Par exemple, elle a pour objet la douleur qui se fait sentir dans notre corps; mais que cette douleur soit spécialement dans le doigt, qu^elle ait été causée par un fer aigu, ou qu'elle soit une inflammation, tout ceci est en dehors de son objet. Pour faire de tels jugements le raisonnement est souvent nécessaire. Ainsi, dans les sens externes, il faut discerner l'objet propre à chaque sens, Vobjet commun à plusieurs sens ou à tous les sens, l'objet qui l'est seulement par accident {per accidens, disaient les anciens). Par exemple : la couleur est l'objet propre de la vue, le son celui de Toute, etc. La distance, la grandeur sont un objet commun à plusieurs sens. La substance, la cause, en général, et mille et mille autres choses, qui se rattachent à l'objet propre ou commun, sont des objets yer accidens. Quand une faculté quelconque e3t dans son état normal ou naturel et qu'elle s'applique à son objet propre de la manière voulue, elle ne peut se tromper : autrement l'erreur retomberait sur Tauteur de la nature, car lorsque ces facultés sont bien disposées et convenablement appliquées à leurs objets projpres, il n'y a aucune cause d'erreur, et, par conséquent, il n'y a pas erreur. Donc^ tout jugement, fondé sur la relation d'une faculté, gui- n'agit, aue-*4ans les limites de son